Ramadan : l'enquête pour viols contient-elle toujours assez de preuves à son encontre ?

Ramadan : l'enquête pour viols contient-elle toujours assez de preuves à son encontre ?
Source : nouvelobs.com
14/03/2019 09:01

Les juges se prononcent ce jeudi sur sa demande de levée de ses mises en examen pour viols.

Après un an de rebondissements, l'enquête pour viols contre Tariq Ramadan contient-elle toujours assez de preuves à son encontre ? La cour d'appel de Paris se prononce jeudi sur la demande de l'intellectuel musulman de voir levées ses deux mises en examen sans attendre la fin des investigations.

Une décision favorable serait un retournement de situation exceptionnel pour le célèbre islamologue suisse, mis en examen depuis le 2 février 2018 pour deux viols, dont un sur personne vulnérable : le 9 octobre 2009 à Lyon sur une femme surnommée Christelle dans les médias et, au printemps 2012 à Paris, sur une ancienne salafiste devenue militante laïque, Henda Ayari.

Jusqu'à une volte-face retentissante en octobre, après neuf mois de détention provisoire, Tariq Ramadan, 56 ans, avait persisté à nier tout rapport sexuel avec ces deux plaignantes.

Contraint par l'enquête à changer de version, il plaide désormais des relations de domination "consenties".

Il réclame un non-lieu

Les mis en examen sont toutefois peu nombreux à utiliser cette forme de recours, rarement couronnée de succès tant que les investigations se poursuivent. Tariq Ramadan avait demandé dès l'été dernier aux juges d'instruction de le placer sous le statut intermédiaire de témoin assisté, première étape vers le non-lieu qu'il réclame.

Recours "prématuré", lui avaient répondu les trois magistrats. A l'époque, l'intellectuel niait encore tout rapport physique avec les plaignantes. Il avait seulement fini par admettre des relations extra-conjugales avec d'anciennes maîtresses et une troisième plaignante, pour laquelle il n'est pas mis en examen.

Mi-janvier, la chambre de l'instruction a donc examiné à huis clos l'appel formé par Tariq Ramadan contre cette décision.

Mais entre-temps, la donne a changé. Tariq Ramadan a reconnu en octobre une relation sexuelle avec chacune des deux plaignantes. "Même dans les moments de fougue et de domination, un non c'était un non", s'était-il toutefois défendu en présentant sa nouvelle version.

La position de l'islamologue était devenue intenable depuis la révélation en septembre de centaines de SMS sans ambiguïté exhumés d'un vieux téléphone de Christelle.

Les magistrats qui doivent se prononcer jeudi sont ceux qui avaient, à la surprise générale, remis en liberté Tariq Ramadan mi-novembre, après cette volte-face.

Pour l'avocat de Christelle, Me Eric Morain, cette requête devant la cour d'appel est "destinée plus à rassurer les derniers soutiens de Tariq Ramadan qu'à convaincre les juges" qui poursuivent l'enquête...




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