Syrie: la France n'envisage pas de rapatrier les enfants de djihadistes

Syrie: la France n'envisage pas de rapatrier les enfants de djihadistes
Source : Lefigaro.fr
14/03/2019 10:00

Pour le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez, lorsque les enfants sont détenus avec leur mère, la question du retour «ne se pose pas». Une affirmation qui hérisse les avocats des familles concernées.

Sur l'épineuse question des enfants de djihadistes français en Syrie, la France conserve sa position d'attente. Mercredi, le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez a fermé la porte à l'idée d'un retour organisé par l'État. Entendu par la commission des Affaires européennes de l'Assemblée, le secrétaire d'État a rappelé que l'avenir des enfants de djihadistes était indissociable de celui de leurs parents, avec qui ils sont détenus, «dans la majorité des cas […] en tout cas avec leur mère». Or la France a fait le choix de laisser les autorités locales (en l'occurrence les Forces démocratiques syriennes, FDS) décider du sort de leurs prisonniers. Conséquence: «Les FDS ont fait le choix que les enfants restent avec leur mère donc, pour l'instant, il n'y a pas de retour envisagé […] La question du retour ne se pose pas à l'heure actuelle.» On estime que les enfants représentent plus de la moitié des 150 Français détenus actuellement en Syrie.

Interrogé le même jour en marge de son déplacement au Kenya, Emmanuel Macron est resté sur la position qui est la sienne depuis un an et demi: une «approche au cas par cas», en «lien avec la Croix-Rouge internationale», sans en dire plus. Fin 2017, le chef de l'exécutif avait détaillé les différents scénarios possibles pour les enfants de djihadistes: «Il y en a qui peuvent revenir sans qu'ils soient rapatriés, il y en a qui peuvent être rapatriés, et il y en a qui seront jugés avec leurs familles, dans certaines circonstances, dans les pays où ils sont, en particulier l'Irak.»

Le problème des orphelins

Surgit tout de même une «vraie difficulté» au milieu des différents cas, selon l'aveu du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner: celui des orphelins. Impossible cette fois d'invoquer l'autorité parentale pour justifier leur non-rapatriement. «Nous sommes dans un pays, la Syrie, avec une certaine désorganisation, explique le ministre. Les enfants ne sont pas sous l'autorité du gouvernement français, des soldats français, et il ne m'appartient pas de dire: “Tel ou tel enfant est Français, je vais aller le chercher.” Ce n'est juste pas possible.»...




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