Réveil barbare dans un monde absurde

Réveil barbare dans un monde absurde
Source : LesInfos.ma
15/03/2019 18:30

Chers lecteurs,

J’espère que vous vous portez bien et que votre semaine s’est bien passée. Pour ma part, je vais… Je ne sais pas, disons, après réflexion, que ça se passera de commentaires. Je lis comme à l’accoutumée les médias nationaux et internationaux avec beaucoup d’intérêt, passant de la béatitude à la sidération, tantôt souriant tantôt secouant la tête tout en me posant moult questions existentielles. Que le bon Dieu nous vienne en aide, ce monde part littéralement en cacahuètes (restons polis). Vous voilà prévenus.

                Lundi, pendant que Lahcen Daoudi - ministre des Affaires générales et de la gouvernance (visiblement toujours attaché à ses fonctions) – expliquait qu’un accord allait « très probablement » être conclu avec les distributeurs pour un retour au plafonnement des prix des carburants à la pompe (sautez au plafond), Abdelaziz Bouteflika annonçait renoncer à briguer un cinquième mandat tout en annulant l'élection présidentielle. Une nouvelle en apparence réjouissante pour nos voisins qui ont très vite explosé de joie avant de réaliser que tout ceci n’était qu’une vaste fumisterie du président algérien et de son clan, qui s’accrochent tels des morpions au pouvoir, afin de conserver la mainmise sur la fameuse « transition » tant réclamée par le peuple (les fourbes!). En fait Abdelaziz Bouteflika - après avoir négocié son fauteuil (pas le roulant mais le présidentiel) en refusant de briguer un sixième mandat s’il est réélu (Quelle générosité ! Quel sens du sacrifice !), et niant ensuite avoir brigué ce même cinquième mandat (« Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi », a-t-il menti dans son dernier communiqué) - abuse aujourd’hui d’un tour de passe-passe pour simplement rester au pouvoir. Il n’y aura donc pas de cinquième mandat, mais le quatrième sera prolongé (et c’est totalement illégal, entendons-nous). Point. Sacré Bouteflika ! Mais bon, chacun se cramponne comme il peut. Lah yester.

                Mardi, à quelques jours de la visite de notre invité pontife, le Comité des chrétiens marocains a adressé une missive au Pape François pour lui expliquer la situation pour le moins inquiétante que vivent les chrétiens du plus beau pays du monde (répression, emprisonnement, accusations farfelues… bref, pas la peine de vous faire un topo). Des doléances qui n’ont pas trop plu à quelques uns de nos compatriotes qui ont vite dénoncé sur les réseaux sociaux le trop-plein de confiance et de victimisation de ces « apostats ». Bon, personnellement et pour commencer, je suis pour que chaque être humain jouisse du droit de prier (ou pas) vers la direction qui lui sied. Maintenant, concernant ce délire qui consiste à traiter d’apostat tout Marocain qui fait consciencieusement le choix d’une religion autre que la majoritaire, j’aimerais poser une question à ces individus un tantinet intrusifs : Partant du principe que les Marocains naissent musulmans et ce, sans qu’on leur demande leur avis au préalable, comment peut-on alors qualifier d’apostat un humain qui finit par choisir, une fois adulte, une religion autre que celle qui lui a été imposée par l’État ? Je me le demande. Et puis si chacun s’occupait de son tapis de prière au lieu de loucher sur celui du voisin ? Hein ? Et si ce pays respectait sa propre Constitution, pour changer ? « La paix, l’amour et la tolérance », ne serait-ce pas cela aussi au final, ou est-ce valable uniquement pour les étrangers et nullement pour les nôtres ? Bref, un peu de réflexion et de cohérence ne feraient pas de mal à ces frustrés du dimanche à la foi ô combien fragile ! Que le Tout puissant les aiguille dans leurs tortueux chemins. Amen.

                Mercredi, alors que le mur d’une usine à Casablanca s’effondrait sur des ouvriers fauchant la vie de deux d’entre eux (ce sont les risques du métier dans ce pays où bien des constructions sont délabrées, dans l’indifférence générale), que Facebook et Instagram s’effondraient à leur tour laissant nos chers « influenceurs » sans domicile virtuel pendant plusieurs heures (et c’était tellement reposant !), nous apprenions que le Maroc s’était hissé à la 24e place des plus grands importateurs d’armes dans le monde (applaudissements !). Plus encore, le Maroc a même grignoté six place dans le classement ! C’est sympa quand on sait qu’on est 110e en matière d’éducation et environ 109e niveau santé, nous voilà donc avec une belle consolation puisque nous goûtons au plaisir des classements parmi les têtes de peloton, aujourd’hui. L’hamdoullah ! Voilà notre honneur sauf !

                Jeudi, pendant que nos groupes parlementaires se crêpaient les moustaches sur la question de l’enseignement des matières scientifiques en langue française, bloquant au passage le projet de loi-cadre relatif au système de l’éducation (ils sont fatigants, vraiment), que le Brexit faisait tourner Theresa May en bourrique, du côté de nos « amis » saoudiens, l’affaire Khashoggi faisait encore des dégâts. Cette fois-ci, le Royaume wahhabite a tout simplement formulé son refus devant l’ONU d’autoriser une enquête internationale indépendante sur le meurtre du journaliste saoudien. En effet, les Saoudiens affirment que leur système judiciaire « est tout à fait capable de traduire les coupables en justice ». Avez-vous ri à cet instant précis ? Tant mieux, c’est certainement l’effet qu’ils recherchaient en tenant des propos aussi comiques. Next et bien évidemment sans commentaire.

                Aujourd’hui, nous nous sommes réveillés profondément choqués par la nouvelle de l’attentat terroriste (appelé sobrement « fusillade » par quelques médias de l’Hexagone) perpétré en Nouvelle-Zélande et qui a coûté la vie à 49 musulmans (un chiffre qui pourrait augmenter dans les heures à venir). Bien entendu, le terroriste a filmé son acte « héroïque » façon jeu vidéo et l’a diffusé en direct sur les réseaux sociaux. Honnêtement, moi qui suis un moulin à paroles (au grand désarroi de mon entourage) ne trouve pas exactement les mots pour exprimer le fin fond de ma pensée. Nous vivons dans un monde où les humains se haïssent entre eux. Ils haïssent l’autre, ils haïssent la différence, ils haïssent tout ce qui ne leur ressemble pas, donc que font-ils ? Ils tuent. Ils tuent des inconnus, des hommes, des femmes, des enfants, avec un plaisir incommensurable, tout en pensant sincèrement rendre service à leur « race ». C’est à peine croyable et pourtant c’est véridique. La barbarie est devenue une composante indissociable de la réalité humaine et le monde, par conséquent, comme je vous l’ai dit au tout début, part littéralement en cacahuètes (je tiens toujours à la politesse). Vivement la fin !
Allez, je vous laisse et vous donne rendez-vous la semaine prochaine !




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