Algérie : Abdelaziz Bouteflika joue les prolongations, l’armée change de ton

Algérie : Abdelaziz Bouteflika joue les prolongations, l’armée change de ton
Source : LesInfos.ma
19/03/2019 11:45

Dans un message envoyé pour l’anniversaire des accords d’Evian de 1962, le chef d’État algérien, dont le mandat se termine le 28 avril, souhaite rester à son poste « le temps d’une transition ». 

Malgré la colère et les manifestations contre son maintien au pouvoir, le président algérien Abdelaziz Bouteflika prolongera bien son quatrième mandat au-delà de son terme constitutionnel, le 28 avril. Il compte rester à son poste jusqu'à un nouveau scrutin organisé à l'issue d'un processus de révision constitutionnelle. C'est ce qu'il a confirmé ce lundi dans un message publié par les médias d’État. « Que l'Algérie vive, dans un avenir proche, une transition harmonieuse et assiste à la remise de ses rênes à une nouvelle génération (...) tel est l'objectif suprême que je me suis engagé à concrétiser avant la fin de mon mandat présidentiel, à vos côtés et à votre service », déclare le chef de l’État.
 
Dans ce message, adressé à l'occasion de la fête de la Victoire sur le colonisateur français, Abdelaziz Bouteflika assure que la « Conférence nationale » chargée de changer le « régime de gouvernance de l'Algérie et de renouveler ses systèmes politique, économique et social se tiendra dans un très proche avenir ».
 
La révision constitutionnelle « préludera à un nouveau processus électoral qui verra l'élection d'un nouveau président », rappelle le dirigeant algérien, confirmant qu'il entend rester au pouvoir bien après le 28 avril. Une annonce qui n’a pas été du goût de tout le monde. « La coordination nationale pour le changement » en Algérie, organisation réunissant des dirigeants politiques, des membres de l'opposition et des militants, a appelé ce mardi 19 mars, le président algérien à quitter ses fonctions à la fin de son mandat le 28 avril, comme le rapporte l’agence Reuters.
Dans un communiqué, « la coordination nationale » demande également au gouvernement de démissionner pour répondre aux grandes manifestations qui se déroulent dans le pays depuis plus de trois semaines. Ce groupe politique propose également la tenue d'élections à la fin d'une période de transition et appelle l'armée à jouer son rôle constitutionnel et à ne pas s'ingérer dans le « choix du peuple ».
 

L’armée change son fusil d’épaule

C’est ce lundi que le patron de l’armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah, s’est une nouvelle exprimé sur les manifestations contre le président algérien. Si le chef d’État-major avait assuré à plusieurs reprises que l’armée n’interviendrait plus dans la vie politique algérienne, il a une nouvelle fois réagi à la situation politique actuelle dans laquelle se trouve le pays. Et c’est via un communiqué qu’Ahmed Gaïd Salah a salué la « profonde conscience populaire tout en estimant que pour chaque problème existait une solution, voire plusieurs ».
 
« L’espoir de voir l’Algérie, toujours et à jamais, au-dessus de tous les défis, est un espoir permanent qui se renouvelle et qui s’enracine dans les esprits et les cœurs. Un espoir augurant d’un avenir meilleur et d’une capacité à relever les enjeux, tous les enjeux. Ces ambitions d’un avenir meilleur font la fierté de l’Armée nationale populaire, qui s’enorgueillit d’être l’un de ses artisans, en s’inspirant de cette force, appuyée par son lien étroit avec son grand peuple et par la sympathie de ce dernier envers ses Forces armées », a notamment déclaré le patron de l’armée.
 
Un changement de position qui expliquerait qu'Abdelaziz Bouteflika serait en train de perdre l’un de ses principaux, et très lourds, soutiens. En effet, le ton du général algérien est bien différent de celui qu’il avait adopté le 8 mars dernier, rappellent nos confrères de « RT France ». Alors que des centaines de milliers d’Algériens étaient descendus dans les rues pour exprimer leur refus de voir le chef d’État briguer un cinquième mandat, il avait mis en garde contre des « forces mal intentionnées jalouses de la stabilité et de la paix qui règnent en Algérie ». Mais le 10 mars, lors d’une visite dans une école préparatoire aux études d’ingénierie à Rouiba, Ahmed Gaïd Salah avait amorcé un changement de ton à l’égard des manifestants : « L’Algérie est chanceuse de son peuple et l’armée est chanceuse de son peuple. Le peuple a conscience des défis d’un monde sans pitié », s’était-il félicité tout en assurant que « les liens entre l’Armée et la population étaient forts et spontanés».
 
Pourtant, Ahmed Salah Gaïd a toujours affiché sa fidélité à Abdelaziz Bouteflika. Il avait d’ailleurs, à plusieurs reprises, dressé un bilan élogieux du président algérien en mettant notamment en avant les vertus de sa politique de « réconciliation nationale » gage, selon lui, de la stabilité du pays. 
Il faut croire que depuis les choses ont bien évolué… 




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