Cyclone Idai : Sentiment d'assister « aux conséquences d'une guerre à grande échelle »

Cyclone Idai : Sentiment d'assister « aux conséquences d'une guerre à grande échelle »
Source : LesInfos.ma
19/03/2019 13:25

Le terrible cyclone qui a balayé en fin de semaine dernière le Mozambique et le Zimbabwe, a fait au moins 182 morts dans les deux pays. Un bilan qui pourrait dépasser le millier de morts, prévient le président Filipe Nuysi. La catastrophe naturelle a pratiquement anéanti toutes les infrastructures du pays.

« C'est un véritable désastre humanitaire », déplore le président mozambicain. « Pour le moment, nous avons officiellement 84 morts (au Mozambique, ndlr). Mais quand on a survolé la zone tôt ce matin (...) pour comprendre ce qui se passe, tout laisse à penser que le bilan pourrait dépasser les 1.000 morts », a déclaré le chef d'Etat Filipe Nyusi dans une intervention télévisée lundi à Maputo. Et d'ajouter, « plus de 100.000 personnes ont besoin d'aide alimentaire. Les eaux des rivières Pungue et Buzi ont débordé et fait disparaître des villages entiers, isolant des communautés. Il y a des corps qui flottent ».

Les premiers constats après le passage du cyclone meurtrier sont ceux de pays dévastés, où l'ensemble des infrastructures ont été anéanties. Visions d'horreur dans ces pays d'Afrique australe. Les pluies torrentielles et les vents violents qui ont accompagnés le cyclone meurtrier se sont abattus sur plusieurs pays d'Afrique australe, touchant « plus de 1,5 million de personnes » détaille le New York Times et détruisant « les zones les plus touchées, inondant de vastes étendues de terres, détruisant routes et barrages et privant les victimes de toute aide », souligne la même source. Au Zimbabwe, où le cyclone a poursuivi sa course, le ministre de la Défense par intérim, Perrance Shiri a déclaré avoir « l'impression d'avoir affaire aux conséquences d'une guerre à grande échelle ». Et pour cause, le pays n'a jamais connu de « destructions d'infrastructures d'une telle ampleur », a estimé lundi le ministre des Transports Joel Biggie Matiza, relayé par l'AFP.

Le pire désastre naturel

Des centaines de rescapés ont trouvé refuge dans des arbres, sur les toits de bâtiments en dur, en attendant les secours, tandis que les rues sont jonchées d'arbres déracinés, d'éclats de verre, de tôles emportées par les vents violents. Des témoins cités par l'AFP racontent l'horreur de personnes blessées voire décapitées par ces tôles volantes. Au Mozambique, l'étendue des dégâts à Beira, la deuxième ville du pays avec un demi-million d'habitants, est « énorme et terrifiante », a prévenu la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). « 90% de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits », a indiqué la FICR dans un communiqué. « Les moyens de communication ont été totalement coupés et les routes sont détruites », compliquant grandement les secours, a précisé Jamie LeSueur, de la FICR, depuis Beira.

Dans cette région, 873 maisons ont été emportées, 24 hôpitaux détruits et 267 classes partiellement ou complètement englouties, selon un bilan provisoire de l'Institut mozambicain de gestion des désastres.

Le président mozambicain a appelé à la plus grande prudence en s'adressant particulièrement à ses concitoyens habitant « près de rivières ». Ils doivent impérativement « quitter la zone pour sauver leur vie, surtout si on doit lâcher de l’eau des barrages » pour éviter qu'ils ne cèdent. Plusieurs ont déjà « lâché ou atteint leur niveau maximum », a d'ailleurs prévenu Emma Beaty de l'organisation non-gouvernementale Oxfam. Dimanche soir, le ministre de l'Environnement Celso Correia avait estimé que le cyclone Idai pourrait avoir provoqué le « pire désastre naturel » de l'histoire du Mozambique, fréquemment frappé par de violentes intempéries. Selon les mêmes sources, les zones les plus sévèrement touchées restaient lundi encore inaccessibles, annonçant ainsi d'importants défis pour les secours et des heures sombres pour les rescapés.




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