Gommer les mauvais souvenirs grâce à un anesthésique

Gommer les mauvais souvenirs grâce à un anesthésique
Source : Sciencesetavenir.fr
21/03/2019 13:05

Un anesthésique réduit la trace mnésique des mauvais souvenirs, en 24h, selon un essai mené sur cinquante volontaires par une équipe de l’Université de Madrid. 

Pourrait-on faire disparaître nos souvenirs douloureux à l'aide d'un anesthésique ? C'est la question que s'est posée l'équipe de Bryan Strange et Ana Galarza Vallejo de l'Université de Madrid (Espagne), associée à d'autres scientifiques de l'Université de New York et de Radboud (Pays-Bas). Après avoir testé leur méthode sur cinquante volontaires ils concluent que, oui, une seule dose de Propofol (un anesthésique) donnée juste après avoir réactivé un mauvais souvenir permettait d'en diminuer la trace mnésique. Leurs résultats sont publiés dans la revue  Science Advances

Pour rappel, le cerveau forme un souvenir en activant différents réseaux neuronaux au moment de l'événement. Plus l'événement est marquant plus son souvenir va s'installer dans la mémoire à long terme, en se reconsolidant, à chaque réactivation. Certains souvenirs semblent ensuite si intensément encodés dans notre mémoire –on se souvient par exemple tous de ce qu'on faisait le 11 septembre 2001 et le 13 novembre 2015– qu'ils semblent impossibles à oublier. "La mémoire d'expériences traumatiques peut contribuer aux troubles tels que les phobies ou le syndrome de stress post-traumatique", expliquent ainsi les auteurs de la publication. De ce fait, "un traitement efficace de ces troubles devrait être de réduire sélectivement ces souvenirs pathologiques intrusifs"

 

Réduire sélectivement les mauvais souvenirs

Peut-on vraiment amoindrir volontairement des souvenirs bien installés? Il semblerait que oui. En 2000, des recherches sur l’animal ont démontré que des souvenirs anciens pouvaient être modifiés. Et ce, car durant la phase de "reconsolidation" du souvenir (réactivation) il redevient temporairement labile. Des expériences visant à réduire les souvenirs non désirés en perturbant cette phase de reconsolidation ont été tentées. Elles ont utilisé des manipulations comportementales mais aussi des médicaments. Parmi eux, l’utilisation du béta-bloquant, le propranolol a montré son efficacité pour réduire la charge émotionnelle du souvenir traumatique, et sera même bientôt utilisé en clinique en France. 

Mais "Si le propranolol bloque la récupération de la mémoire émotionnelle, il est peu probable que cela affecte la reconsolidation", estime  Bryan Strange, directeur du laboratoire de Neuroscience clinique, co-auteur de l'étude espagnole. Son équipe a cherché, elle, dans une autre direction. "Après avoir observé que la reconsolidation des souvenirs émotionnels pouvait être réduite par Electroconvulsivothérapie (ECT) (anciennement connue sous le nom de traitements par électrochocs, ndlr), nous voulions savoir si le composant anesthésique général de l'ECT était (au moins en partie) responsable de l’effet sur la reconsolidation." Et le composant en question c'est le propofol...




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