Mobilisation en Algérie : Une grogne toujours vive qui fissure le pouvoir

Mobilisation en Algérie : Une grogne toujours vive qui fissure le pouvoir
Source : LesInfos.ma
22/03/2019 12:25

Un mois, jour pour jour, depuis le début de la contestation en Algérie, les citoyens ne lâchent rien, avec de nouvelles manifestations prévues ce vendredi, pour réclamer le départ définitif du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans. La mobilisation des Algériens délite et fissure peu à peu l'imperturbable camp de Bouteflika.

Ils ne lâchent rien, ne baissent pas les bras et continuent à donner de la voix dans les rues algériennes. En réponse à de très nombreux appels à la mobilisation sur les réseaux sociaux, les Algériens poursuivent leur mouvement contestataire, en réclamant fermement le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans. Selon l'AFP, les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué « des millions » d'Algériens dans les rues. 

Ces manifestations, qualifiées à de nombreux reprises d'historiques dans ce pays voisin, et sans précédent depuis l'élection de Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques. Les slogans scandés n'en restent pas moins cinglants. « Partez tous! » « Nous sommes unis, ils sont finis » « Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika », indique une affichette sur les réseaux sociaux, qui invite également « les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence ».

Dans un énième élan d'apaisement, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée. En effet, le président de 82 ans, aux apparitions publiques rarissimes  depuis son AVC en 2013, a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril. Le président refuse de céder le pouvoir et le « prolongement » du mandat a continué d'être largement rejeté.

Si aucune sortie de crise ne semble se profiler, les mobilisations répétées ont néanmoins portées leurs fruits. « Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination. Le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter. Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l’État, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue », assure l'AFP. Ainsi, au sein même du Front de libération nationale (FLN), la propre formation du président Bouteflika, le patron du parti assure qu'ils « soutiennent le mouvement » de contestation et prône parallèlement le « dialogue » proposé par le chef de l’État. Seddik Chihab, porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND) et principal allié du parti gouvernemental, s'est montré beaucoup plus tranché, en affirmant sans ambages que « le parti s'était « trompé » en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat ». Plus grave, il a accusé des « forces non constitutionnelles » de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide « réellement » à la présidence. « Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika », commente l'AFP.

Pour les protestataires, ces signes de plus en plus visibles de fissures du système politique et de l'ébranlement du gouvernement au pouvoir depuis 20 ans, encouragent plus que jamais à poursuivre le mouvement !




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