Acte de XVIII des Gilets Jaunes : Les casseurs ont envahi Paris

Acte de XVIII des Gilets Jaunes : Les casseurs ont envahi Paris
Source : Parismatch.com
23/03/2019 07:00

Pour l’Acte XVIII de la colère, sur les Champs-Elysées à nouveau saccagés, la police a été agressée. Et débordée.

Comme à son habitude, il n’a rien dit à personne. Vendredi 15 mars, Rémi* a quitté sa ville de province, sa femme et ses lycéens. Il a dîné chez des amis parisiens. A table, ils ont parlé des gilets jaunes. Lui n’a pas ouvert la bouche. Rémi avait rendez-vous samedi avec ses « connaissances » dans le secteur des Champs-Elysées. Assez tôt pour éviter les contrôles.

Il s’est assis au soleil et a pris un bouquin, son K-Way noir à portée de main : « J’essaie de rester discret, explique-t-il. Une fois, j’ai croisé un de mes élèves dans une manif. Je lui ai demandé de ne rien dire… Ça fait longtemps que je milite, mais je souhaite rester à l’écart. Je ne veux pas que ma vie professionnelle et familiale en souffre. »

Samedi, finalement, Rémi s’est « bien amusé ». Ce qu’il a préféré ? La cave du Fouquet’s. Pour lui, ce n’est pas du vol mais une avance sur impôt révolutionnaire, « une autoréduction » selon le lexique black bloc. « J’ai vu des gens incontrôlables, raconte-t-il. Moi, je cherche de l’adrénaline. Je ne cible que les banques, les assurances ou les flics… »

Rémi est un « coucou », comme on dit dans le jargon. Opportuniste, apparaissant et disparaissant où l’on ne l’attend jamais, le coucou abuse ses congénères, pond dans leur nid, leur fait couver ses propres œufs et nourrir sa progéniture. Si le mouvement des gilets jaunes était un arbre, les black blocs, ultras, anars et autres zadistes verts ou fascistes errants, qui se retrouvent depuis plus de trois mois chaque samedi sur les Champs-Elysées pour le coup de poing, en seraient les coucous. Visage systématiquement masqué, arborant des vêtements d’un noir absolu, des gilets jaunes ou des sweat-shirts à capuche floqués d’une tête de mort riant avec le diable, clin d’œil à un vieux chant SS, ces agitateurs ont en commun le goût de l’affrontement et un sentiment inégalé d’impunité.

 

C’est le grand bazar de la rébellion, la convergence des radicaux d’ultragauche, des phalangistes organisés et des hystériques phosphorescents qui ont pris goût à la casse du Paris bourgeois. Nos photographes ont vu à l’œuvre ces camelots du désordre qui se déversent sur le trottoir, cassent, s’engouffrent dans les boutiques de luxe et les parfumeries, dévalisant, incendiant et distribuant leur butin une fois ressortis. Pas identifiés, pas pris. Selon Laurent-Franck Liénard, avocat pénaliste : « Ces individus ont un sentiment d’impunité totale. Même identifiés, même condamnés, ils ne le seront pas suffisamment pour empêcher de prochains passages à l’acte. Les peines maximales prévues par le Code pénal, dans le cas de violences volontaires avec arme contre des personnes dépositaires de l’autorité publique, sont rarement appliquées. Et à moins de deux ans ferme, elles sont toujours aménagées. »..




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