Le chien aboie et la politique passe

Le chien aboie et la politique passe
Source : LesInfos.ma
13/04/2019 10:15

Chers lecteurs,

J’espère que tout va pour le mieux et que le retour du soleil vous fait du bien. Pour ma part, je vais relativement bien. Cette semaine a été quelque peu chaotique comme moult de ses semblables, mais je commence à m’y faire. Je m’y fais tout en priant pour qu’un jour je me réveille dans un monde en paix et un Maroc meilleur. C’est naïf certes, mais je l’assume complètement. Merci.


            Lundi, alors que les détenus du Hirak – dont les (très, très) lourdes peines ont été confirmées en appel vendredi dernier – se cousaient les lèvres, une vidéo pour le moins ahurissante faisait le tour des réseaux sociaux. Dans cet enregistrement de quelques secondes nous voyions des journalistes littéralement se ruer sur Mustapha Ramid – ministre en charge des Droits de l’Homme à ses heures perdues – pour lui demander son avis sur la confirmation des sentences des acteurs du Hirak, alors que celui-ci prenait la poudre d’escampette prétextant avoir « un train à prendre ». Donc Mustapha Ramid, qui s’étalait récemment comme de la confiture (restons propres) dans les médias qui voulaient bien l’entendre quand il s’agissait de défendre un de ses amis PJDistes accusé de meurtre, a soudainement perdu l’usage de la parole et n’a plus rien à redire sur la décision de la justice qui est redevenue, comme par enchantement, indépendante. En fait, nous avons un ministre en charge des Droits de l’Homme pour lequel « l’Homme » n’est considéré comme tel que s’il appartient à son parti ou son cercle d’amis. Pourquoi pas. Bref, comme disait Christine de Suède : « L'hypocrisie et les bigots sont la ruine du monde », alors placez Ramid dans la catégorie qui vous sied, pour moi ce triste sire ne me représente ni moi, ni mes intérêts et j’ai vraiment hâte que lui et tous ses petits copains éteignent leurs lanternes mal éclairées à tout jamais. Amen.


            Mardi, pendant que le Parlement algérien nommait Abdelkader Bensalah (un pur produit du régime, pour changer) à la présidence par intérim, que Carlos Ghosn dénonçait dans une vidéo « le complot, la trahison et la conspiration » des hauts dirigeants de Nissan (le sentiment de déjà-vu m’impose de ne pas commenter ce point), que Benjamin Netanyahou et son adversaire Benny Gantz criaient tous les deux victoire aux législatives (c’est Bibi qui a fini par gagner, ce qui est assez hallucinant compte tenu de tous les scandales de corruption qu’il traîne derrière lui, mais bon, Israël est « la plus grande démocratie du monde », alors bon) ; l’Iran accusait les États-Unis d’être à la tête du terrorisme mondial. Mais ce n’était pas gratuit, sachez-le, puisque le président iranien réagissait à la décision de Washington de classer les Gardiens de la Révolution iraniens (l’armée idéologique de l’Iran) comme « organisation terroriste », ce qui a eu le don d’énerver Hassan Rohani qui a fini par accuser publiquement les Américains d’avoir cherché à utiliser l’État Islamique pour déstabiliser les États du Moyen-Orient (vous suivez ?). Le même jour, une agence de presse iranienne proche du pouvoir avait même titré « Quatre terroristes de l'armée de terre américaine tués en Afghanistan » (je vous avoue que j’ai explosé de rire)… Bref, que voulez-vous, encore l’histoire du Camembert qui dit au Roquefort qu’il pue quoi ! (Soupir !).


            Mercredi, alors que l’Algérie fixait la présidentielle au 4 juillet et que le général Ahmed Gaïd Salah s’engageait à ce que l’armée veille à la « transparence » du processus de transition (et il faut le croire sur parole !), que Donald Trump estimait que la victoire de Benjamin Netanyahou augmentait les chances de paix entre Israéliens et Palestiniens (ça fait 13 ans que Bibi est au pouvoir et personne n’a vu ni la paix ni sa couleur, mais si Trump le dit…) et que notre chef de la diplomatie jouait au facteur entre Mohammed VI et le roi Salmane histoire de réchauffer les relations entre les deux monarchies (comme dit dans d’autres chroniques, la sacralité de notre souverain m’oblige à ne pas commenter ses décisions), le monde découvrait le premier cliché d’un trou noir se trouvant à 50 millions d’années-lumière de notre planète (oui, les « années-lumière » mesurent la distance et non le temps, pourvu que certains l’impriment une bonne fois pour toutes). Une première dans l’histoire de l’astronomie qui a été bien entendu largement commentée sur les réseaux sociaux, mais la palme d’or revient incontestablement à quelques illuminés qui ont déclaré le plus sérieusement du monde, et je les cite : « Mais il fallait juste lire le Coran pour le savoir, ce n’était pas la peine d’aller chercher aussi loin ! ». Bah voyons ! Mais puisque tout est, semble-t-il, écrit dans le Coran, pourquoi les musulmans ne font-ils pas de telles découvertes avant les autres ? Si vous avez des réponses à mon interrogation, n’hésitez pas à me les envoyer, je vous en serai très reconnaissante, ça fait des années que je vois le même « argument » passer sans pouvoir y comprendre grand chose. Merci.


            Jeudi, Julian Assange se faisait arrêter à Londres dans l’ambassade de l’Équateur où il était réfugié depuis sept ans. En effet, l’actuel président équatorien Lenin Moreno – qui espère manifestement trouver grâce aux yeux de Donald Trump -, a tout simplement mis fin à l’asile politique du cybermilitant, accordé par son prédécesseur Rafael Correa, en ouvrant les portes de son ambassade à la police britannique. Dans la foulée, Julian Assange a été reconnu coupable par un tribunal londonien d’avoir violé les conditions de sa liberté provisoire et risque d’être extradé vers les États-Unis. Inutile de vous expliquer ce qu’il risque si les Américains le récupèrent ! En tout cas Donald Trump, qui disait « aimer Wikileaks » lors de sa campagne présidentielle a fait une jolie volte-face jeudi en déclarant que « Wikileaks, c'est pas mon truc » et en affirmant « ne rien connaître » à la plateforme de révélations. C’est drôle pour quelqu’un qui a cité « Wikileaks » 164 fois pendant le dernier mois de sa campagne et qui s’est servi de ses révélations pour mettre à terre Hillary Clinton. Enfin bref ! Que dire mis à part que plus rien ne m’étonne de la part du locataire loufoque de la Maison Blanche…

            Le même jour, nous apprenions que les avocats de Gad Elmaleh avaient réussi à obtenir de Facebook l’identité de « CopyComic », le Youtubeur à l’origine de la divulgation des plagiats de leur client. Bon, personnellement, je me fiche complètement de l’identité du gars, mais je me demande sérieusement si notre comique international comprend, ne serait-ce qu’un peu, le concept de l’effet Streisand ? Non mais parce qu’à trop tenter de faire retirer les vidéos, Gad Elmaleh ne fait qu’augmenter leur visibilité et leur diffusion en masse, tout en confirmant indirectement que l’internaute anonyme a bien eu raison de l’accuser de plagiat. Alors, si j’ai un conseil à lui donner c’est de se concentrer sur ses projets (en espérant qu’il ne « s’inspirera » de personne cette fois-ci) et de se faire oublier, ses problèmes d’ego commencent à sérieusement agacer tout le monde.


           Vendredi, les convocations au service militaire font beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes se disant « en poste, stables et en pleine construction de leur carrière » déclarent avoir été convoqués. Une bizarrerie supplémentaire du plus beau pays du monde qui n’a pourtant que l’embarras du choix parmi ses jeunes chômeurs qui devraient être pourtant prioritaires. Mais bon, une obligation est une obligation chers lecteurs, même quand celle-ci est brouillon. N’est-ce pas ?
Allez, je vous laisse et vous donne rendez-vous la semaine prochaine !

 

Par Majda El Krami
 


 

 




Recherche


Les articles les plus lus

Buzz

Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale