Formule 1 : à quoi ressemblait le premier Grand Prix de l'histoire ?

Formule 1 : à quoi ressemblait le premier Grand Prix de l'histoire ?
Source : Lepoint.fr
13/04/2019 10:01

Alors que la 1 000e manche de la F1 a lieu ce dimanche matin en Chine, retour sur l'organisation du premier Grand Prix, disputé a Silverstone en 1950.

La Formule 1 aime les symboles, les clins d'œil de l'histoire et la fièvre des batailles d'antan. Ce week-end, la discipline retrace sa longue aventure à l'occasion du 1 000e Grand Prix de l'histoire, alors qu'elle s'est exilée aux antipodes, en Chine, où une manche se déroule sans discontinuer depuis 2004. À sa naissance, il y a 69 ans, la Formule 1 était loin d'être aussi cosmopolite. Le 13 mai 1950, date du premier Grand Prix de l'histoire, la discipline avait déjà des allures de discipline-reine du sport automobile, un titre qu'elle n'aura jamais perdu au fil des années.

Ce jour-là, à Silverstone, plus de 200 000 spectateurs s'étaient donné rendez-vous autour des pistes de l'ancien aérodrome pour assister à ce « Grand Prix de l'Europe ». L'événement était aussi populaire que mondain puisque le roi George VI, la reine Elizabeth et la princesse Margaret étaient aussi présents dans les travées. Silverstone, ce petit village coincé dans les plaines verdoyantes de l'Oxfordshire, était le symbole du renouveau mécanique. Là où des centaines d'avions britanniques étaient conçus pour lutter contre l'Allemagne nazie, c'étaient des bolides, désormais, qui sortaient des garages et enchaînaient les tours.

La petite ville anglaise était l'un des moteurs européens de la course automobile d'après-guerre. Enfin, les fans de sport auto pouvaient renouer avec leur passion. Dès la fin de la guerre, des dizaines de courses sont organisées partout en Europe. En septembre 1945, la toute première course a ainsi lieu dans le bois de Boulogne, et déclenche les passions. Les mesures de sécurité sont quasi inexistantes à l'époque, les véhicules déboulent à une poignée de mètres des trottoirs bondés de spectateurs, mais l'essentiel est ailleurs. Le sport auto, comme le sport tout court, démontre que la vie reprend enfin, que l'on peut se préoccuper d'aspects bien plus légers que durant les années qui ont précédé.

La F1, une catégorie avant d'être un championnat

Ces courses offrent un joyeux désordre où se mêlent tous types de véhicules, des GT aux voitures à roues ouvertes. Des garages dédiés à la compétition s'ouvrent partout en Europe, on s'approprie des Lamborghini ou des Ferrari avant de se défier sur l'asphalte. Progressivement, un besoin de clarté se manifeste chez les acteurs du sport automobile. Il faut identifier davantage les courses, les unir, organiser des championnats. C'est la CSI, la toute-puissante commission sportive de la FIA, qui est à la manœuvre.

Sa première mesure ? Identifier et classifier les véhicules. La Formule n° 1, la Formule n° 2 et la Formule n° 3 sont ainsi nées. Ces catégories permettent de regrouper les bolides : ceux dotés de moteurs de motos de moins de 500 cm3 d'un côté (les F3), ceux plafonnés à 2 000 cm3 (les F2) d'un autre. Enfin, pour la catégorie-reine, ce sera des moteurs atmosphériques de 4,5 litres et une position de pilotage centrale. La Formule 1, avant même de devenir un championnat, est donc une catégorie de voitures. Et c'est une aubaine pour la meilleure marque de l'après-guerre, Alfa Romeo. La firme italienne développe en effet ce type de véhicules depuis 1938 et remporte déjà de nombreuses courses.

Ferrari, l'absence remarquée

Après la classification de véhicules, place à l'organisation du championnat. Le premier, celui de 1950, réunit plusieurs courses déjà mythiques : Monaco, Indianapolis (États-Unis), Spa (Belgique) et Monza (Italie). Il y aura six dates, dont la première, Silverstone, renommée « GP d'Europe » pour donner une dimension plus internationale à cette entrée en matière. Rapidement, Alfa Romeo, avec ses trois pilotes stars – les « trois F » (Juan Manuel Fangio, Giuseppe Farina, Luigi Fagioli) –, annonce qu'elle sera de la partie, en compagnie de nombreuses structures britanniques de moindre importance (concourant à bord d'ERA ou d'Alta, les voitures de l'époque) et les Talbot-Lago venues de France.

Un seul constructeur de renom manque à l'appel : Ferrari. Enzo Ferrari a en effet estimé que les primes de départ n'étaient pas assez élevées et il a décidé de faire concourir ses voitures le même week-end lors d'une autre course à Mons, en Belgique. Qu'importe pour les fans présents à Silverstone, car le Grand Prix est un succès. Alfa Romeo domine largement les qualifications avec plus de deux secondes d'avance sur ses poursuivants. À l'époque déjà, l'écart a valeur de gouffre...

 

 

 

 

 




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