Yémen : « Pas de preuves » que les armes françaises tuent des civils

Yémen : « Pas de preuves » que les armes françaises tuent des civils
Source : Lesinfo.ma
18/04/2019 10:30

La ministre française des Armées, Florence Parly, a déclaré jeudi ne pas avoir « d'éléments de preuve » montrant que des armes de fabrication française, utilisées par l'Arabie Saoudite auraient fait des victimes civiles dans la guerre au Yémen.  

« À ma connaissance, ces armes ne sont pas utilisées de façon offensive dans cette guerre au Yémen et on ne peut donc pas de façon mécanique, en tout cas moi je n’ai pas d’éléments de preuve permettant de dire cela, que des armes françaises sont à l’origine de victimes civiles au Yémen », a déclaré la ministre française des Armées, Florence Parly, jeudi, au micro de Radio classique. Elle explique ainsi ne pas disposer personnellement « d’éléments de preuve » montrant que des armes de fabrication française utilisées par l’Arabie Saoudite auraient fait des victimes civiles dans la guerre au Yémen. « Tous nos efforts et tous les efforts de la communauté internationale sont orientés pour essayer d’arrêter ce conflit et de lui trouver une solution politique », a ajouté la ministre, dénonçant « une guerre sale ».
Ce dossier complexe a été ouvert ce lundi quand le nouveau site d’information français Disclose, en partenariat avec Mediapart, Konbini, Radio France, Arte et The Intercept, a publié des documents classés secret-défense, prouvant l’utilisation d’armes françaises vendues à l’Arabie Saoudite dans le conflit au Yémen, notamment dans des zones où des dizaines de civils ont été tués. Selon Disclose, ces documents intitulés « Yémen - situation sécuritaire », et transmis à Emmanuel Macron, à la ministre des Armées, Florence Parly, au Premier ministre, Édouard Philippe et à celui des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, détaillent l'arsenal français utilisé par l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis contre les rebelles Houthis au Yémen.
L’un des journalistes auteurs de l’enquête, Benoît Collombat, précise : « Chars Leclerc, obus flèche, Mirage 2000-9, radar Cobra, blindés Aravis, hélicoptères Cougar et Dauphin, frégates de classe Makkah, corvette lance-missiles de classe Baynunah ou canons Caesar : dans cette note, le renseignement militaire français établit une liste détaillée de l’armement, fourni aux Saoudiens et aux Émiriens, qui serait impliqué dans le conflit ».

Une situation connue
On trouve également, dans le document « confidentiel », des cartes qui indiquent que des populations civiles se trouvent dans plusieurs zones ciblées délibérément par des bombardements de la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite. Plusieurs centaines de milliers de civils sont ainsi directement sous la menace des canons Caesar de fabrication française qui « appuient les troupes loyalistes, épaulées par les forces armées saoudiennes, dans leur progression en territoire yéménite ». Autrement dit, les canons français servent à préparer le terrain et à ouvrir la voie aux véhicules blindés, loin de la seule « utilisation défensive » évoquée par la même Florence Parly en juillet 2018 devant la Commission de la Défense nationale et des forces armées.
« Le fait que la France vende des armes à l’Arabie Saoudite n’est pas nouveau », explique à France 24 Pieter Wezeman, chercheur à Sipri, l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. « Mais ces documents viennent toutefois confirmer, de manière très détaillée, ce que l’on savait déjà. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que les services de renseignement français aient eu pour mission d’enquêter sur ce qui se passe au Yémen. Cela montre que les cercles gouvernementaux sont suffisamment inquiets pour vouloir en savoir davantage. Il s’agit certainement là d’une prise de conscience ».
Dans une réponse communiquée lundi, le cabinet du Premier ministre a affirmé de son côté que « les armes françaises dont disposent les membres de la coalition sont placées pour l'essentiel en position défensive (...) mais pas sur la ligne de front ». Et la même source de poursuivre, « nous n'avons pas connaissance de victimes civiles résultant de leur utilisation sur le théâtre yéménite ».

 

 

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