La Cathédrale brûle et la politique s’enflamme !

La Cathédrale brûle et la politique s’enflamme !
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20/04/2019 11:00

Chers lecteurs,

 J’espère que vous allez bien et que le climat on ne peut plus bipolaire de notre contrée ne vous plombe pas trop le moral. Pour ma part, je vais relativement bien. J’observe ce qui se passe dans ce bas monde avec un intérêt relatif et m’étonne toujours autant de la tournure que prennent certains événements. Il faut croire que l’actualité mondiale se plaît à nous embarquer dans des sensations aussi étourdissantes que celles provoquées par des montagnes russes mal vissées et ça, honnêtement, je ne le supporte plus. Vous voilà prévenus.

Lundi, pendant que les milliers d’enseignants contractuels grévistes annonçaient reprendre « provisoirement » leur travail, tout en menaçant de retourner à leurs manifestations dès la semaine prochaine si le ministère de tutelle ne leur octroie pas le statut de « fonctionnaires » tant convoité (quid des élèves ? Non mais, je demande juste comme ça !), que des photos de Lalla Salma fuitaient dans les médias après plus d’un an et demi d’absence non justifiée (l’aspect soudain de la chose me laisse pour le moins perplexe), le PJD débarquait « démocratiquement » Amina Maelainine de son Perchoir. Il faut croire que les clichés de la désormais ex vice-présidente de la Chambre des représentants, chevelure au vent devant le Moulin Rouge, ne sont définitivement pas passés auprès des islamistes. Pourtant, ces derniers me semblaient assez ouverts d’esprit, dans la mesure où un Yatim roucoulant dans les rues parisiennes avec sa maîtresse ne les dérangeait pas plus que ça, ils en étaient même arrivés à revendiquer les libertés personnelles et le respect de la vie privée ! Mais bon, peut-être qu’un brushing est plus grave que des relations adultérines au final, qui sait… En tout cas moi, ma lanterne n’est pas suffisamment éclairée pour me prononcer sur un sujet aussi sérieux pour nos amis PJDistes, alors passons.
Ce même lundi dans la soirée, nous assistions à un impressionnant incendie qui a littéralement dévoré la cathédrale Notre-Dame de Paris. Et alors que Donald Trump, le désormais « Oncle Sam le pompier », s’amusait à donner des directives (inefficaces, cela va de soi) sur Twitter aux pompiers de Paris, et que quelques commentaires « discourtois » évoquant la possibilité d’un karma violent fleurissaient sur la toile (je préfère ne pas dire « qui » a dit quoi, pour éviter tout conflit inintéressant), les milliardaires de l’Hexagone sortaient leurs chéquiers et alignaient les zéros. Un comportement « scandaleux » pour nos amis Français qui ont recommencé à râler… pour changer. Que le bon Dieu les raisonne, ils deviennent vraiment gonflants.

Mardi, pendant que le Washington Post révélait que dans les papiers du « deal du siècle »,avec lequel Trump nous casse les bonbons depuis plusieurs mois et qui est censé carrément résoudre le conflit israélo-palestinien, ne figurait même pas l’éventualité de la création d’un Etat palestinien indépendant (ce qui n’est pas étonnant, somme toute), et que la Cour d’appel de Rabat confirmait la dissolution de l’association « Racines » (voyez-vous chers lecteurs, cette sentence est censée vous donner un exemple tout ce qu’il y a de plus concret : Vous pourrez œuvrer pour le bien commun pendant des années, il vous suffira d’héberger une émission qui n’est pas du goût des hautes sphères de l’Etat pour vous faire virer à gros coups de pompes dans le derrière, sans ménagement ni même un « merci »), du côté de Mustapha Ramid, l’heure était aux confessions. Ainsi, dans un entretien télévisé, le ministre d’Etat en charge des Droits de l’Homme -plus langue de bois que jamais -nous a expliqué avoir de la « compassion » pour les détenus du Hirak (sortez les mouchoirs), « Mais ! », (car il y a toujours un « mais ») qu’il n’a pas bien suivi le dossier pour dire si les sentences infligées aux acteurs du Hirak sont « justes ou injustes ». Il y a eu 85 audiences, des milliers d’articles dans les médias nationaux et internationaux, il s’agit ici de l’un des dossiers les plus chauds de l’histoire récente du Maroc et Ramid, pour ne pas se mouiller, préfère prétexter ne pas trop connaître l’affaire et espérer une grâce royale comme cela avait été le cas pour d’autres détenus politiques par le passé qui n’ont pas purgé l’intégralité de leurs peines. Bref, pendant que l’espoir fait vivre ce triste sire, le désespoir me tue à petit feu !

Mercredi, alors que le Saoudien Turki Al Sheikh, connu pour ses sorties médiatiques hasardeuses et particulièrement hostiles à notre royaume enchanté, postait une photo de lui accompagné de Mohammed VI pour annoncer que la prochaine édition de la Coupe arabe des clubs portera le nom de notre monarque (comme dit précédemment, je ne commente jamais les décisions et autres selfies de notre roi compte tenu de sa sacralité) ;qu’Erdogan, mauvais perdant après avoir vu Istanbul lui passer sous le nez aux élections municipales, dénonçait des « irrégularités massives commises de manière organisée » (une phrase qui ne veut pas dire grand chose, je vous l’accorde), qu’on nous informait que nous reculerons d’une heure le 5 mai prochain (jeûner, oui, mais faut pas pousser non plus, n’est-ce pas ?), la CNOPS annonçait instaurer une nouvelle procédure de prise en charge de l’accouchement par césarienne. En effet, à partir du 1er mai,  la Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance exigera un compte rendu précisant l’indication médicale lors du dépôt du dossier de facturation suite à une demande de prise en charge d’une césarienne programmée ou liée à une situation d’urgence (dans le cas où la césarienne n’est pas justifiée, la patiente sera remboursée sur la base d’un accouchement par voie basse). Une excellente nouvelle puisqu’au Maroc, les accouchements par césarienne (qui sont des interventions chirurgicales particulièrement lourdes, il faut le rappeler) sont devenus systématiques dans le secteur privé où certains médecins peu scrupuleux, histoire de gérer leurs plannings et toucher (beaucoup) plus d’argent, l’imposent à leurs patientes sans aucune raison médicale valable. Si la CNOPS pouvait aussi dire à ces mêmes médecins de cesser de racketter leurs patientes en exigeant le payement d’une (grosse) partie de la facture au noir… Ça serait vraiment sympa ! Merci.

Jeudi, pendant que les enseignants-cadres annonçaient finalement prolonger leurs grèves jusqu’au 25 avril (et faut-il encore commenter tout ceci ?), et qu’Ibrahim El Joumani, un élu du PAM, mettait un coup de boule au président de la Chambre des Conseillers pour l’avoir écarté du poste de vice-président de la Chambre des représentants (ça ressemble à une blague, mais ça n’en est pas une et Benchamach s’est retrouvé à l’hôpital), l'archevêque de Paris remerciait Mohammed VI pour sa contribution financière dédiée à la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Une participation qui n’a pas plu à tout le monde puisque sur les réseaux sociaux, plusieurs Marocains n’étaient pas très contents que le monarque « donne » de l’argent aux Français alors que ceux-ci ont déjà collecté plus d’un milliard d’euros pour rebâtir la cathédrale (et eux aussi, ils ne sont pas contents pour des raisons assez similaires d’ailleurs). Et il est vrai qu’il est beaucoup de choses dans notre pays qui auraient sacrément besoin d’un coup de pouce de ce genre même si cela ne nous dispense pas d’être vraiment tristes pour ce monument qui est parmi les plus emblématiques de la Ville Lumière. Disons juste que nous hiérarchisons les choses selon nos besoins dont je vous épargnerai la liste par manque de temps (et de patience).

Et vendredi, la lettre de démission de 305 médecins dans des hôpitaux du nord du pays a fait couler beaucoup d’encre. Dans leur missive adressée au ministère de la Santé, les médecins justifient leur décision par la « situation catastrophique du secteur hospitalier » qui ne répond ni « aux attentes des citoyens, ni à leur droit aux soins » (points sur lesquels je suis entièrement d’accord et sans objection aucune). Une « capitulation » en réalité symbolique, puisque les démissionnaires honorent encore leurs engagements même s’ils jugent leurs conditions de travail « dégradées par le manque de moyens humains », pour mettre la lumière (comme d’autres avant eux l’année dernière) sur l’un des secteurs les plus importants et les plus délabrés du plus beau pays du monde. Nous verrons quelles suites donnera le ministère de tutelle à ce mouvement, mais parions que rien ne changera, comme d’habitude !
Bref, tout ceci m’a donné un mal de crâne pas possible, je vous laisse donc et vous donne rendez-vous la semaine prochaine ! Salut !

Majda EL KRAMI

 

 

 

 

 

 

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