Facebook : Le co-fondateur du réseau social appelle à son démantèlement

Facebook : Le co-fondateur du réseau social appelle à son démantèlement
Source : Lesinfos.ma
10/05/2019 10:00

« Mark Zuckerberg a créé un monstre qui élimine l'esprit d'entreprise et restreint le choix des consommateurs », accuse Chris Hughes.

Par ailleurs, Facebook risque de se voir infliger une amende record avoisinant les 3 milliards de dollars.

 

L'un des co-fondateurs de Facebook, Chris Hughes, a appelé mercredi à scinder le groupe en trois et a mis en cause son actuel PDG Mark Zuckerberg, accusé selon lui d'avoir sacrifié la protection de la vie privée au profit du « clic ». « Il est temps de démanteler Facebook en séparant le réseau social, son activité originelle, des applications Instagram et WhatsApp », écrit, dans une longue tribune publiée dans le New York Times jeudi, Chris Hughes, le co-fondateur du réseau social, qu'il a quitté depuis.


« Mark Zuckerberg a créé un Leviathan qui élimine l'esprit d'entreprise et restreint le choix des consommateurs », affirme Chris Hughes, désormais membre de l'Economic Security Project qui milite pour l'instauration d'un revenu minimum d'existence aux Etats-Unis, et du Roosevelt Institute.


Le réseau social américain, qui a acquis les applications Instagram (spécialisée dans le partage de photos, NDLR), et WhatsApp (messagerie instantanée, NDLR) ces dernières années, attire 2,7 milliards d'utilisateurs mensuels sur l'ensemble de son réseau. Le groupe a dégagé un bénéfice de 2,43 milliards de dollars au premier trimestre.


Mais il est empêtré dans une série de scandales sur l'utilisation indue de données privées de ses utilisateurs, qui pourraient lui valoir une très lourde amende de la part de l'agence fédérale de régulation du commerce, la FTC. Facebook a d'ores et déjà annoncé s'attendre à un redressement de trois milliards de dollars, voire davantage.


Concrètement, Chris Hughes propose qu'Instagram et WhatsApp soient « dans un délai court » séparées de Facebook. Ces applications pourraient potentiellement être chacune cotée en Bourse, ajoute-t-il. « Même après un démantèlement, Facebook serait toujours extrêmement profitable, avec des milliards à investir dans les nouvelles technologies », ajoute-t-il, précisant que « l'environnement plus concurrentiel ne ferait qu'encourager les investissements » dans le secteur.


Il ajoute que ce démantèlement ne coûterait rien aux autorités américaines et qu'il permettrait d'offrir « des standards plus élevés de protection de la vie privée » grâce à la concurrence.


L'homme s'en prend par ailleurs sans ambages à Mark Zuckerberg dans son texte. « C'est un être humain. Mais c'est son humanité même qui rend son pouvoir, hors de contrôle, si problématique », écrit-il.


Selon lui, le grand patron de Facebook pourrait décider à lui seul de configurer les algorithmes du réseau social pour modifier ce que les abonnés voient sur leur fil d'actualité ou les paramètres de protection de la vie privée. « Je suis en colère que sa priorité accordée à la croissance l'ait amené à négliger la sécurité et la civilité pour la course aux clics », regrette-t-il, affirmant par ailleurs que « le gouvernement doit tenir Mark pour responsable » de cette situation.

 

Vers une amende historique pour le géant américain

 

Les régulateurs américains réfléchissent à infliger à Facebook une amende record qui pourrait être de l’ordre de 3 milliards de dollars, voire plus, ce qui en ferait la plus lourde peine de son histoire aux USA et ainsi dépasser celle infligée à Google, en 2012 s'élevant à 22,5 millions de dollars. Ainsi, la Federal Trade Commission (FTC), la Commission fédérale du commerce, envisagerait une sanction exemplaire après avoir constaté le non-respect de ses engagements en matière de protection des données personnelles de ses utilisateurs.


Le « Washington Post » indiquait en mars dernier que le réseau social avait violé un accord contraignant juridiquement, relatif à un décret d'autorisation de 2011 visant à protéger la confidentialité des données personnelles. Celui-ci imposait à Facebook de ne pas induire en erreur ni tromper ses abonnés sur l'utilisation de leurs informations et obligeait le réseau social à mettre en place des contrôles externes sur la manière dont il utilise les données.


Cette discussion entre les commissaires de la FTC fait suite au scandale Cambridge Analytica, cette société de conseil politique qui avait accédé aux informations personnelles de 87 millions d'abonnés Facebook, à leur insu.


Depuis cette affaire, d'autres scandales ont éclaté. Facebook a reçu une amende de 562.000 euros au Royaume-Uni en octobre 2018 pour avoir violé la loi sur la protection des données, sa plus lourde condamnation à ce jour. En Italie, le réseau social s'est vu infliger une amende de 10 millions d’euros en décembre 2018 pour avoir utilisé les données de ses utilisateurs à des fins commerciales.


Une série de scandales sur les violations des données privées des utilisateurs qui pourraient coûter extrêmement cher au géant américain.

 




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