Crime d’Imlil : Les familles des victimes attaquent l’État marocain en justice

Crime d’Imlil : Les familles des victimes attaquent l’État marocain en justice
Source : Lesinfos.ma
17/05/2019 11:30

L’avocat de la partie civile compte invoquer « les engagements constitutionnels de l’État » et « les conventions internationales qui le montrent ».

C’est un nouveau rebondissement dans le procès du meurtre de Louisa Vesterager Jespersen et de Maren Ueland, les deux touristes scandinaves tuées dans la nuit du 16 au 17 décembre dernier à Imlil. Selon les informations de nos confrères du HuffPost Maroc, l’avocat des familles des victimes, Me Khalid El Fataoui, compte présenter au tribunal une nouvelle requête dans laquelle la partie civile engagera la responsabilité de l’État. L’avocat explique cette démarche par la volonté des familles des victimes à « faire reconnaître juridiquement la responsabilité de l’État en assignant à ce procès le chef du gouvernement en tant que représentant », le rôle et la responsabilité de l’État étant « d’assurer la protection de ses citoyens et des touristes qui se trouve sur son territoire », estime l’avocat.
« Nous évoquerons pour cela les engagements constitutionnels de l’État ainsi que les conventions internationales qui le montrent », affirme-t-il, tout en soulignant la conviction de la partie civile que sa demande d’être indemnisée par les actuels accusés ne risque pas d’aboutir. « Les familles des victimes ont subi de graves préjudices suite à ce drame. Les accusés n’ont pas la possibilité de les indemniser et c’est aussi pour cela qu’elles estiment nécessaire de poursuivre l’État », explique-t-il.
Si pour le moment le montant de l’indemnité n’a toujours pas été communiqué par les familles des victimes, qui ont toutefois déjà une idée sur le chiffre, Me Khalid El Fataoui parle d’ores et déjà « d’une première dans les annales de la justice marocaine ».


Nouveau report du procès


C’est suite à la requête de la partie civile demandant à ce que la « responsabilité morale » de l’État soit engagée que l’audience de ce jeudi 16 mai a été ajournée et renvoyée au 30 mai.
Les quatre principaux suspects ont « spontanément admis leur crime pendant l'enquête, et aujourd'hui ils regrettent ce qu'ils ont fait », selon leur avocate Me Hafida Mekessaoui qui s’est confiée à l’AFP. Me Khalid El Fataoui a indiqué pour sa part vouloir demander la peine de mort pour les assassins « même si les pays d'origine des victimes y sont par principe opposés ». 
Les trois principaux suspects dans cette affaire, natifs de la région de Marrakech, se nomment Abdessamad Ejjoud, Younes Ouaziyad et Rachid Afatti. Le premier, chef présumé du groupe, était au premier rang des accusés jeudi, aux côtés de ses deux compagnons, le visage impassible. Surnommé « Abou Moussab », il avait déjà fait de la prison pour avoir tenté de rejoindre l'organisation de l’État Islamique (EI) en Syrie.
Un quatrième Marocain, Abderrahim Khayali s'était rendu avec les trois autres dans la montagne mais était retourné à Marrakech pour y trouver une cachette, peu avant le moment du double crime, selon l'acte d'accusation consulté par l'AFP. La diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant la décapitation d'une des victimes, filmée par un des hommes, avait suscité l'effroi dans le royaume.
Dans cette séquence, un des suspects parlait de « revanche » pour « les frères en Syrie », où l'organisation de l'EI, sous le coup de plusieurs offensives, avait perdu la majorité des territoires dont il s'était emparé. Une autre vidéo publiée dans la foulée montrait les quatre suspects principaux prêtant allégeance à cette même nébuleuse terroriste. Issus de milieux modestes, avec un niveau d'instruction « très bas » selon les enquêteurs, ils vivaient de petits boulots dans des quartiers déshérités de Marrakech, destination touristique phare du royaume.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




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