Fantômes, palmiers et "afternoon tea" : dans les pas de la reine Victoria sur l’île de Wight

Fantômes, palmiers et
Source : Madame Figaro.fr
19/05/2019 10:00

Meghan et le bébé royal ? Oui, mais il y a aussi le bicentenaire de la reine Victoria ! 

L’île de Wight, où elle avait établi sa maison familiale, prépare une série de célébrations. Un prétexte pour découvrir, dans la Manche, cette Angleterre en miniature et pleine de charme.

«On adore la reine Victoria car elle était "vraie" et avait un caractère bien trempé, s’enthousiasme Natalie Cutting qui tient la brocante Antiek dans une grange. Victoria était proche du peuple de par son côté middle class et Albert était pauvre. Ils étaient très amoureux et le montraient. Cela les rendait accessibles. Et puis Victoria aimait les hommes… Moi, je la trouve plus drôle que ses descendants !» Le sujet la passionne et elle n’est pas la seule à Wight. Car c’est sur cette île de 380 km2, en forme de diamant et au sud des côtes anglaises, que la reine Victoria (24 mai 1819 – 22 janvier 1901) achète en 1845 les terres sur lesquelles elle fait construire son palais royal, Osborne House, pour échapper aux mondanités de Londres. Cette joyeuse maison de famille allait accueillir ses neuf enfants.

 

L’île a gardé un délicieux goût de villégiature comme une carte postale technicolor des années 1950 et 1960. Dans les pubs, on entend le refrain «somewhen» qui donne le rythme insulaire où le stress n’a pas droit de cité. «Somewhen», autrement dit «dans un certain temps» sans le préciser. Rien ne sert de se presser. L’île de Wight, c’est aussi cette Angleterre en miniature qui concentre de nombreux paysages du continent dont des falaises qui donnent le vertige – The Needles, l’Étretat local. C’est, enfin, de beaux chemins de randonnées, des maisons en toit de chaume et, bien sûr, quelques excentricités. Les palmiers y poussent (presque) comme en Méditerranée à la faveur du microclimat !

Osborne House, d’ailleurs, a un petit air italien. Dessiné en grande partie par le prince consort, le palais royal reste à taille humaine. C’est sans doute ce qui frappe le plus en le visitant. Les murs semblent encore gorgés de l’amour du couple souverain. Au fil des pièces, on rentre dans leur intimité jusqu’au salon de la reine où son bureau est collé à celui de son mari. Que de décisions politiques furent prises ici ! Le prince était l’un de ses meilleurs conseillers. Dans chaque pièce de la demeure, un guide ajoute quelques informations, parfois amusantes. L’un d’eux avance : «Victoria avait un sacré tempérament. On rapporte qu’elle se disputa un jour avec Albert au point de ne plus lui parler. Ils s’envoyaient des mots. Au troisième jour, elle aurait frappé à sa porte en disant : "Ouvrez, c’est moi, Victoria". Silence. Elle aurait frappé à nouveau en disant : "Ouvrez, c’est moi, la reine d’Angleterre". Il lui aurait répondu : "Si vous êtes la reine, alors comportez-vous comme elle !"».

Des anecdotes, il y en a plein la maison, d’autant que le journal de la reine est en ligne depuis quelques années. Victoria a livré son dernier soupir ici, dans sa chambre. Son fantôme est-il encore là ? «Non, avance une guide qui travaille ici depuis près de vingt ans, mais il m’arrive d’entendre des enfants ou des pas à l’étage alors que je sais les pièces vides. Parfois, quelqu’un frappe à la porte et, quand on ouvre, il n’y a personne.» Les mondes des vivants et des disparus semblent pourtant bien cohabiter.

De toutes les pièces, la salle de réception Durbar est sans doute la plus grandiose. Victoria, qui devint Impératrice des Indes, ne put jamais se rendre sur ce continent. Elle le fit donc venir à elle. La salle Durbar est un rêve indien, la couleur en moins. Imaginée par Lockwood Kipling (le père de l’auteur du Livre de la jungle), elle évoque l’architecture moghole au travers ses murs et plafonds couverts de dentelle de carton pierre – un type de papier mâché. On y tourna une scène du film le Confident Royal de Stephen Frears mettant en scène l’amitié singulière entre la reine et l’un des deux serviteurs indiens dépêchés à ses côtés. Abdul Karim allait devenir son munshi(professeur) au grand dam de son entourage. Cela bien après le décès du prince Albert en 1861 dont la reine ne s’est jamais remise. «Elle se consolait en mangeant, dit l’une des guides d’Osborne House. Alors qu’elle était dans sa soixantaine, elle mesurait 1m50 de haut et faisait 1m51 de taille.» Mais quelle grande dame ! Elle dirigea près de soixante-quatre ans l’empire britannique – Elizabeth II est en place depuis soixante-sept ans.

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