L'Iran tacle les États-Unis et dénonce les « railleries génocidaires » de Trump

L'Iran tacle les États-Unis et dénonce les « railleries génocidaires » de Trump
Source : Lesinfos.ma
21/05/2019 11:00

Les menaces de Donald Trump ne sont pas restées lettres mortes en Iran, où le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif s'est empressé de rétorquer, via l'outil de prédilection du président américain, Twitter.  

« Les Iraniens sont restés debout pendant des millénaires alors que leurs agresseurs (sont) tous partis. Le #TerrorismeEconomique et les railleries génocidaires ne mettront pas "fin à l'Iran" » ! Le ton est immédiatement donné par le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif, stoïque face aux menaces américaines. A l'ère de la diplomatie twitter sanctifiée par l'actuel président des États-Unis, les  hashtags et les petites phrases cinglantes fusent et donnent l'illusion de rééquilibrer des rapports de force biaisés. L'hôte de la Maison Blanche « espère réussir là où Alexandre (le Grand), Gengis (Khan) et les autres agresseurs ont échoué », ajoute ainsi le ministre iranien en référence à deux conquérants étrangers ayant dominé la Perse, l'ancien nom de l'Iran, à une période donnée de son histoire plurimillénaire. Il rétorque également « #NeJamaisMenacerUnIranien. Essayez le respect - ça marche », non sans ironie et en guise de leçon diplomatique adressée à Donald Trump, qui s'était fendu lundi d'un non équivoque : « Si l'Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l'Iran. Plus jamais de menaces à l'encontre des États-Unis ».

Selon l'AFP, le président américain a pourtant semblé tempérer la réalité de la menace iranienne: « Nous n'avons aucune indication que quelque chose s'est passé ou va se passer », a déclaré M. Trump à des journalistes à la Maison Blanche, tout en renouvelant ses menaces en cas d'attaque.

 

Encourager les crimes de guerre

 

Mais la tension est à nouveau montée de plusieurs crans, après le après le renforcement début mai de la présence militaire américaine au Moyen-Orient pour faire face à de présumées « menaces » iraniennes.

Tout en accusant certains alliés régionaux des États-Unis – l'Arabie Saoudite en premier chef – de pousser le président américain à adopter une ligne dure contre son pays, M. Zarif et Téhéran ne cessent de répéter qu'une guerre contre les États-Unis n'est absolument pas souhaitée. Toutefois, ils prédisent une « défaite à l'Amérique si celle-ci décide de céder à l'"illusion" de vouloir l'attaquer » et ce, malgré le renforcement de la présence militaire américaine dans la région.

Pour le ministre iranien des Affaires étrangères, certains responsables américains « foulent aux pieds la diplomatie » et « encouragent les crimes de guerre avec des ventes d'armes massives à des despotes ».

Les Américains « ne cherchent pas le conflit, ils ne veulent pas la guerre avec l'Iran, mais si des intérêts américains sont attaqués, ils riposteront et c'est une chose à laquelle les Iraniens doivent réfléchir très, très attentivement », affirme pour sa part le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, en faisant porter la responsabilité de la situation actuelle aux « activités déstabilisatrices » de l'Iran. Il suggère par ailleurs aux Iraniens de ne pas « sous-estimez pas la résolution de la partie américaine ».

 

Enrichissement d'uranium multiplié par quatre

 

Pour rappel, les relations entre la République islamique d'Iran et les États-Unis se sont nettement détériorées depuis que M. Trump a décidé, en mai 2018, de dénoncer unilatéralement l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015. Par cet accord, censé apaiser les craintes de la communauté internationale relatives à une éventuelle fabrication par l'Iran de la bombe atomique, Téhéran a accepté de brider drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales.

Mais, ce lundi 20 mai le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, a annoncé, une semaine après la décision de Téhéran de suspendre certains de ses engagements pris dans le cadre de l’accord sur le nucléaire de 2015, que l'Iran va désormais multiplier par quatre son taux d’enrichissement de l’uranium. Relayé par Le Courrier International, il a déclaré « que la décision d’augmenter les stocks avait été prise après l’ultimatum lancé par l’Iran (aux Européens) le 8 mai, en réponse à l’inaction de l’Europe face à la réimposition par les États-Unis de sanctions contre l’Iran », écrit le Tehran Times. « La République islamique a attendu assez longtemps et la mesure qu’elle prend est fondée sur ses droits », a-t-il ajouté.


 

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