Algérie : Deux inconnus se portent candidats à une présidentielle sous haute tension

Algérie : Deux inconnus se portent candidats à une présidentielle sous haute tension
Source : Lesinfos.ma
27/05/2019 11:00

Il s'agit de deux candidatures qui seraient tombées après le délai fixé par le Conseil Constitutionnel et qui pourraient de ce fait être considérées comme irrecevables.

Alors que dimanche matin la radio nationale algérienne affirmait qu’« aucune candidature » n’avait été déposée auprès du Conseil Constitutionnel, ce dernier a fait état plus tard dans la journée du dépôt de deux dossiers de candidature à l’élection présidentielle prévue le 4 juillet et dont la tenue reste encore incertaine compte tenu de la gronde populaire qui rejette le scrutin. « Nous avons enregistré le dépôt de deux dossiers, le 25 mai 2019, auprès de notre secrétariat général, de la part d’Abdelhakim Hamadi et Hamid Touahri », a déclaré l’instance dans un communiqué transmis à l’AFP. Les deux candidats en question sont inconnus au bataillon.


Dix jours pour décider de la recevabilité des candidatures


Contrairement à ce qu’affirme le Conseil Constitutionnel dans son communiqué, certains médias dont la BBC, affirment que les deux candidatures auraient été reçues après l'expiration du délai fixé samedi 25 mai à minuit, ce qui jette un sérieux doute sur leur recevabilité. Les membres du Conseil Constitutionnel annoncent toutefois dans leur communiqué qu’ils vont « statuer sur la validité des deux dossiers », dans 10 jours, délai établi par la loi électorale.
Plusieurs journaux algériens indiquent par ailleurs qu'Abdelhakim Hamadi avait déjà déposé un dossier de candidature pour l’élection initialement prévue le 18 avril, mais qui avait été reportée face à la pression de la rue.
Selon l’agence officielle APS, 77 dossiers de candidatures au total avaient été retirés auprès du ministère de l’Intérieur dans l’optique du scrutin du 4 juillet. Mais la collecte des 60.000 signatures exigées de chacun des candidats pour leur parrainage a été rendue difficile par le refus des manifestants opposés à la tenue cette élection mais aussi par le refus de plus de 400 maires d’encadrer le scrutin. Par ailleurs, deux des partis qui avaient annoncé leur intention de concourir se sont retirés de la course.
Aucune personnalité d’envergure n’a fait publiquement acte de candidature et aucun grand parti au pouvoir ni de l’opposition n’a désigné de candidat.


La rue rejette le scrutin


Le pouvoir actuel et son président par intérim Abdelkader Bensalah, désigné le 9 avril, ont dit vouloir s’en tenir aux délais constitutionnels : l’élection d’un nouveau chef de l’Etat dans les 90 jours suivant le début de l’intérim. Mais le scrutin est catégoriquement rejeté par le mouvement de contestation populaire, qui réclame le départ de l'ensemble du « système » qui a dirigé le pays pendant 20 ans avec Abdelaziz Bouteflika.
D’ailleurs, vendredi dernier, les Algériens continuaient leurs contestations en très grand nombre dans le centre de la capitale. Selon RFI, plusieurs personnes, notamment des militants, ont été interpellées, et les médias ont été « fouillés » et « contrôlés » à plusieurs reprises dans la matinée.
Le chef de l’état-major, Ahmed Gaïd Salah, a quant à lui fait une série d’annonces. D’abord, il a dénoncé ce fameux slogan repris par les manifestants qui demandent « Qu’ils s’en aillent tous », sous-entendu que tous les dirigeants quittent leur poste. Pour le chef de l’armée, c’est une revendication « irresponsable et dangereuse ». Mais il a également déclaré dans un autre message qu’il accompagnerait les manifestations pacifiques. Des tentatives de réconciliation qui sont restées vaines puisque les Algériens réclament le départ de tous, y compris les généraux et d’Ahmed Gaïd Salah lui-même.
Pour rappel, l'Algérie est secouée depuis le 22 février par des manifestations massives déclenchées par la volonté du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat. Ce dernier a démissionné le 2 avril sous la pression de la rue et de l'armée, mais son départ n’a pas calmé la colère des Algériens qui sont visiblement déterminés à écrire un nouveau chapitre de leur histoire.



 




 

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