Étudiants en médecine : Les examens sont officiellement boycottés

Étudiants en médecine : Les examens sont officiellement boycottés
Source : Lesinfos.ma
10/06/2019 15:00

La Commission nationale des étudiants en médecine a assuré ce lundi 10 juin que le boycott des examens annoncé a été particulièrement suivi à l'échelle nationale et respecté à 100%.

C'est un succès pour la Commission nationale des étudiants en médecine, qui ne lâche rien ! Prévues ce lundi 10 juin, les sessions d'examens ont été largement boycottées par les étudiants marocains dont la colère gronde toujours. Selon cette commission contactée par nos confrères de Médias24, des étudiants étrangers se sont également montrés solidaires de ce mouvement de boycott national au sein des facultés marocaines. Aboutissement de longs mois de grève, ce boycott rappelle les revendications des étudiants concernant notamment les réformes du concours de résidanat et l'addition de la sixième année de médecine dentaire.  

Selon cette même source, une réunion informelle s'est par ailleurs tenue ce dimanche 9 juin entre les ministères de tutelle et la commission nationale des étudiants en médecine, afin de tenter d'infléchir le mouvement et d'encourager la reprise des examens. Un échec manifeste.

Outre les étudiants, les parents ont également manifesté leur solidarité en organisant des sit-in devant de certaines facultés du royaume. Dans un communiqué, relayé par la Commission nationale des étudiants en médecine, les associations de parents ont par ailleurs souligné qu'ils appuyaient les revendications étudiantes « et appellent le gouvernement à trouver un accord avec les étudiants avant de reprogrammer les examens dans des conditions et des délais adaptés » précisent nos confrères.

 

Les compromis des ministères de tutelle

 

Le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de la Santé ont pourtant assuré, dimanche, s’être engagés à mettre en œuvre 14 points ayant fait l’objet d’accord avec les représentants des étudiants des facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire.

Dans un communiqué conjoint, les deux ministères, « animés par le souci de faire prévaloir l’intérêt des étudiants », affirment que parmi ces engagements figure l’instauration d’un examen national de qualification dont l’organisation ne diffère pas des examens cliniques actuels.

Cet examen est tenu tout au long de 3 sessions de la septième année de formation pour le diplôme de docteur en médecine, de la sixième pour le diplôme de docteur en pharmacie et à la fin des stages hospitaliers pour la sixième année du diplôme de docteur en médecine dentaire, précise le communiqué, ajoutant qu’il n’aura ainsi aucune répercussion sur les concours d’internat et de résidanat pour les étudiants de médecine dentaire.

L’offre porte également sur l’augmentation graduelle des postes destinés au concours de médecins internes, sachant qu’ils concernent les étudiants des facultés publiques de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire, suivant le cadre légale en vigueur, fait-on remarquer, ajoutant qu’il s’agit également de la suppression de la mention des diplômes de docteur en médecine, en pharmacie et en médecine dentaire, en plus de l’accès des étudiants de ces facultés au régime d’assurance maladie obligatoire de base.

 

Augmentation du nombre de postes

 

Concernant les étudiant de médecine, les deux ministères se sont engagés à modifier la circulaire n° 48 du 12 octobre 2017 relative aux stages des étudiants de médecine chargés des missions de médecin interne (7e année), en impliquant les étudiants et ce, avant septembre prochain.

Ces engagements portent également sur l’annonce du quota d’affectation dans les centres hospitaliers au maximum dans la deuxième semaine de septembre, directement après réception des listes en provenance des facultés de médecine et de pharmacie durant la première semaine du mois de septembre de chaque année, avec création de commission régionales comprenant les représentants de la direction régionale de la Santé, le CHU, les facultés de médecine et de pharmacie et les étudiants, qui seront chargées d’homologuer les centres hospitaliers aptes à accueillir les étudiants de la septième année, tout en prenant en considération leur capacité d’accueil, afin d’éviter la surcharge et d’assurer les meilleures conditions aux stages.

Concernant les étudiants de pharmacie, les deux départements se sont engagés à augmenter le nombre des postes d’emploi destinés aux titulaires du diplôme de docteur en pharmacie, à assurer l’accès des étudiants des cinquième et sixième années d’indemnités de missions, à l’instar de leurs collègues des sixième et septième années de médecine, en plus de l’activation des stages hospitaliers pour les cinquième et sixième années du diplôme de docteur en pharmacie, note le communiqué.

Avec les étudiants de médecine dentaire, il a été convenu d’augmenter le nombre de postes destinés aux titulaires de diplôme de docteur en médecine dentaire, d’allouer un budget spécial de la part des facultés pour dispenser les étudiants des charges d’acquisition de matériels destinés aux travaux pratiques et au stage hospitalier, outre l’octroi de prime de mission aux étudiants de la sixième année.

 

Des solutions aux points conflictuels

 

Concernant les deux points restants, les deux départements assurent que pour le concours de résidents, ils ont présenté des propositions portant sur l’augmentation des postes affectés et la révision, en coordination avec le ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, du décret n° 2.91.527 relatif à l’organisation du concours de médecins, pharmaciens et médecins dentistes résidents, de manière à garantir les droits et les acquis des étudiants des facultés de formation médicale généraliste à accéder à des formations spécialisées.

Les deux ministères ont proposé la création d’une commission composée des différents intervenants, dont les représentants des enseignants-chercheurs et des étudiants, qui se chargera d’étudier la modification du décret n° 2.91.527, y compris la possibilité de fixer les quotas et supprimer la partie relative au coefficient des épreuves de titre (moyenne des 5 ans d’études et de l’examen clinique de 7e année).

Concernant le deuxième point relatif à l’activation de la sixième année de médecine dentaire récemment ajoutée au cursus, les propositions concernent la mise en place d’un partenariat avec l’ordre national des médecins dentaires et la préparation des conditions de mise en œuvre des dispositions du cahier de normes pédagogiques du diplôme de docteur en médecine dentaire, dont la mise en place d’une plateforme de stages hospitaliers pour la sixième année et la présentation d’un contenu complet des stages au titre de cette année.

Les solutions proposées par les ministères renvoient selon les deux départements concernés à la bonne foi dont ils ont fait preuve pour mettre un terme à ce conflit larvé. Et d'ajouter sans ambages, qu'en apportant ces clarifications, le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de la Santé affirment que « toutes les voies du dialogue avec les représentants des étudiants ont été épuisés »... Avec le maintien du boycott, le rapport de force s'orientera-t-il vers une guerre d'usure ?

 

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