Royaume-Uni : La « menace » Boris Johnson, le clône de Donald Trump

Royaume-Uni : La « menace » Boris Johnson, le clône de Donald Trump
Source : Lesinfos.ma
13/06/2019 11:00

C’est ce jeudi que les députés conservateurs britanniques commenceront à voter pour départager les candidats au poste de chef du Parti. Boris Johnson reste pour le moment le grand favori des bookmakers et le grand « bouffon » des médias internationaux.

Les députés conservateurs britanniques commencent ce jeudi l'écrémage des candidats (huit hommes et deux femmes, NDLR) à la succession de la Première ministre Theresa May. Une course de plusieurs semaines dominée par la question du Brexit et que l'imprévisible eurosceptique Boris Johnson a entamée en pole position. En effet, favori des bookmakers, ce dernier joue la carte du sauveur du Brexit après l'échec de Theresa May à mettre en oeuvre la sortie de l'UE. « BoJo » a assuré, que s'il devenait Premier ministre, le Royaume-Uni quitterait l'UE le 31 octobre, accord renégocié ou pas. Mercredi, lors du lancement de sa campagne, il a toutefois assoupli sa position en faisant du « no deal » une solution « de dernier recours ». « Je ne pense pas que ça se terminera comme ça », a ajouté l'ancien maire de Londres. « Mais il est responsable de préparer avec détermination ce scénario », qui inquiète tout particulièrement les milieux économiques.

Boris Johnson a aussi prévenu qu'il refuserait que le Royaume-Uni paie la facture du Brexit, estimée entre 40 et 45 milliards par l'actuel gouvernement, jusqu'à ce que l'UE accepte de meilleures conditions de retrait. Une menace qui a fait grincer des dents côté européen, Bruxelles rappelant d'ailleurs mercredi que Londres devra honorer ses engagements financiers dans le cas d'un « no deal », une des « conditions préalables » à l'ouverture de négociations sur un futur traité commercial. « Face aux menaces, le président de la Commission européenne s’est montré très clair », rapporte le quotidien belge Le Soir. « Ce n’est pas un traité entre Theresa May et Jean-Claude Juncker, c’est un traité entre le Royaume-Uni et l’UE, il doit être respecté par le prochain Premier ministre britannique, quel qu’il soit ». Toujours selon le quotidien belge, l’Union a martelé que « l’accord ne sera pas renégocié ».
 

Boris Johnson, un clône de Donald Trump


Pour le quotidien Le Monde, si c’est « BoJo » qui prend possession du 10, Downing Street, « sa démagogie » allant jusqu’à menacer de ne pas acquitter les quelque 40 milliards d’euros que le Royaume-Uni s’est engagé à verser aux Vingt-Sept pourrait avoir de sérieuses conséquences. Le Royaume-Uni alors « ne se contenterait plus de cultiver son malaise européen, voire d’entraver le développement de l’UE. Il deviendrait une principauté hostile fondée sur la déréglementation sociale, fiscale et environnementale ».
Pour Le Parisien, l’élection de Boris Johnson serait une catastrophe pour son pays comme pour l’Europe. « Boris doit cesser d’être vu seulement comme un bouffon […]. Le Royaume-Uni ne pourrait passer aucun deal commercial avec Bruxelles », insiste le quotidien.
Outre-Manche, le groupe parlementaire des Tories va donc maintenant désigner deux candidats que les membres du parti seront appelés à départager. Dans cette perspective, beaucoup de commentateurs « tremblent à l’idée » de voir Johnson élu. Ainsi, pour la correspondante à Londres du quotidien allemand Handelsblatt, « il faut espérer qu’il soit écarté de la course […] et qu’un autre successeur à May sache mener avec l’UE des négociations sur le Brexit sur une base réaliste. Mais vu l’ambiance qui règne actuellement sur l’île, il est malheureusement peu probable que ce soit le cas ».
En choisissant Boris Johnson, les Tories éliront donc « leur propre Donald Trump comme chef du gouvernement », analyse Douma, un quotidien bulgare. « Il est connu pour ses sorties irréfléchies, son égocentrisme et sa passion du pouvoir. A l’instar de Trump, si son comportement est régulièrement objet de risée, il fait aussi de nombreux adeptes ». D’ailleurs, ce n’est pas par hasard si Donald Trump, juste après son arrivée à Londres, avait salué le travail de nul autre que Johnson, tout en le recommandant aux Britanniques au poste de Premier ministre. Bien que ces déclarations aient suscité une grande vague d’indignation, Johnson a de fortes chances d’être désigné.

Pour information, le processus d’élection aura lieu en deux temps : les 313 députés conservateurs s'exprimeront d'abord sur les candidats lors d'une série de votes à bulletin secret jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que deux, avant que les 160.000 membres du parti ne départagent les finalistes, d'ici la fin juillet. Le premier tour du vote des députés Tory aura lieu donc ce jeudi, les candidats obtenant moins de 17 voix seront éliminés.
 

 




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