Le mercure monte et les esprits s'échauffent

Le mercure monte et les esprits s'échauffent
Source : Lesinfos.ma
22/06/2019 10:00

Chers lecteurs,

J’espère que vous vous portez bien et que le retour de l’été avec ses plages et ses barbecues vous met de bonne humeur. Pour ma part, je vais relativement bien. J’adore l’été mais je sais que nos plages publiques me seront logiquement fermées pour les raisons que vous savez (Soupir !). J’irai donc à coup sûr «offrir» mes économies à un pays étranger où personne ne viendra m’enquiquiner (restons polis) pour mon accoutrement. Oui, je paye le prix fort pour conserver mon semblant de dignité et je l’assume (moyennement). Merci.

Lundi, pendant qu’Abderazzak Hamdallah publiait sur les réseaux sociaux un cliché de lui portant le drapeau national (j’en ai la larme à l’œil) tout en annonçant dans une prose quelque peu victimaire que son rêve de représenter le Maroc en Coupe d’Afrique a été « reporté » (perso, j’espère que son court chapitre avec la sélection nationale est définitivement clos et classé) et que le sulfureux prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, s’indignait de tous ceux qui « exploitent » l’affaire Khashoggi « à des fins politiques » alors que, dit-il « La mort de Jamal Khashoggi est un crime très douloureux » (tu m’étonnes que le dépeçage de ce pauvre journaliste fut extrêmement douloureux), du côté du royaume chérifien, Mustapha Ramid se plaignait d’un média qui le « persécute » depuis quelques années. Pour faire bref, le journal en question a accusé le ministre PJDiste d’écumer les boîtes de nuit r’baties en « très bonne compagnie », ce qui n’a pas du tout - mais alors là, pas du tout ! - plu à l’intéressé qui s’en est défendu de manière pour le moins étonnante. « Je n’ai jamais de la vie, Dieu merci, mis les pieds dans une boîte de nuit ! », a-t-il juré sur les réseaux sociaux. Je comprends que la diffamation ne fasse pas plaisir à ce monsieur, mais « Dieu merci » ?! Était-il obligé d’insulter indirectement les clients de boîtes de nuits (qui participent eux aussi à renflouer les caisses de l’État grâce aux ventes d’alcool - a3oudou billah - qui rapporteront rien que pour l’année 2019 pas moins de 1,5 milliard de dirhams) pour laver son honneur un chouïa susceptible ? Je ne suis pas fan des discothèques (elles sont bruyantes, sombres et ça m’angoisse) mais je n’affectionne pas non plus les discours populistes de ce parti embourbé dans des scandales bien loin de l’islamiquement correct depuis qu’il est (malheureusement) au pouvoir. Alors bon Ramid, bois un coup (de la boisson qui te sied) mon frère et calme-toi, tu te ridiculises pour un journal dont la crédibilité frôle le zéro (et je suis généreuse). Next !
Mardi, alors que des messages attristés fleurissaient sur la toile pour rendre hommage au président égyptien déchu, Mohamed Morsi, décédé dans des circonstances occultes et que notre cher Abdelilah Benkirane le pleurait sur Al Jazeera (pour ne pas changer), que Michel Platini se faisait cuisiner par la police judiciaire quant à l’attribution douteuse de la Coupe du monde de football au Qatar en 2022 ; du côté de mère-patrie, le ministre des Habous et des Affaires islamiques faisait une déclaration assez « surprenante ». En effet, Ahmed Taoufik est venu nous expliquer que le Maroc a besoin de « la modique » somme de deux milliards de dirhams pour rouvrir quelque 1442 mosquées actuellement fermées pour cause d’insalubrité. Bon, il est vrai que l’argent est collecté auprès de bienfaiteurs et qu’ils ont le droit d’en faire ce qu’ils veulent, mais partant du principe qu’il est plus aisé de faire sa prière chez soi que de se faire, juste pour le plaisir de l’exemple, soigner, peut-être que l’usage de ces milliards serait beaucoup plus utile pour sauver quelques âmes nécessiteuses ? M’enfin bon, vous excuserez ma naïveté, il est vrai qu’un palais imaginaire au paradis vaut plus que quelques vies sauvées ici-bas ! Alors ouvrons et rouvrons des mosquées, dans quelques petites années nous finirons par en avoir une par tête de pipe, l’hamdoulillah !
Mercredi, tandis que Donald Trump lançait sa campagne pour 2020 (tout en restant fidèle à son « style » en pourrissant les démocrates, les médias, les immigrés et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec sa grandeur) et que la justice française validait définitivement le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel dans l’affaire des écoutes téléphoniques (il est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir, par le biais de son avocat, des informations secrètes auprès d’un magistrat dans une procédure concernant la saisie de ses agendas dans l'affaire Bettencourt), du côté de l’ONU une experte des droits de l’Homme réclamait des « sanctions ciblées » et « une enquête internationale » dans l’affaire Khashoggi. En effet, l’experte estime qu’il existe des « preuves suffisantes » pour ouvrir une enquête sur « la responsabilité du prince héritier saoudien », Mohammed Ben Salmane (les bras m’en tombent !). Elle appelle également à la poursuite des sanctions imposées par plusieurs pays, dont les États-Unis, contre 17 individus pour leur rôle dans ce meurtre, mais estime qu'elles ne sont pas suffisantes car elles ne prennent pas en compte la question de la responsabilité de « la chaîne de commandement ». Bon bref, ça chauffe en apparence pour l’homme fort de la couronne saoudienne, mais parions que tout ceci n’est qu’un petit sketch politiquement correct « histoire de » faire croire que les droits de l’Homme surplombent les têtes couronnées aux ego surdimensionnés. Soyons d’accord : il ne se passera rien. Jamal Khashoggi s’est « évaporé dans la nature » (ou dans le four du consul, au choix), ses fils touchent des dizaines de milliers de dollars mensuellement en contrepartie de leur silence, les États-Unis ne se risqueront certainement pas à mettre en péril les contrats de plusieurs milliards de dollars qui les lient à l’Arabie Saoudite pour ce « journaleux » et MBS ne sera jamais inquiété. Point.
Jeudi, pendant que les Gardiens de la Révolution iraniens déclaraient avoir abattu un « drone espion américain » qui avait violé leur espace aérien (ça chauffe sérieusement entre les États-Unis et l’ennemi juré de l’Arabie Saoudite) et que la CAF annonçait que la VAR ne sera finalement utilisée qu’à partir des quarts de finale de la CAN (un homme averti en vaut deux, on évitera ainsi un autre fiasco à la sauce Wydad-Attarajji), le clip officiel de la Coupe d’Afrique provoquait un (énorme) tollé au Maroc. En effet, dans cette vidéo qui est censée célébrer les pays du continent africain, l’Égypte a tout simplement amputé le Maroc de son Sahara en prenant soin de l’attribuer au Polisario. Inutile de vous dire que les médias ont pété un plomb ! « Non mais à quoi joue l’Égypte pardi ?! »  Les internautes ont vomi sur les Pharaons et certains parlaient même de l’éventualité d’un retrait des Lions de la compétition. Quelques heures plus tard, l’Égypte a fini par présenter des excuses très officielles au Maroc tout en jurant que « le comité d’organisation confirme son respect pour les frères marocains, le royaume du Maroc et sa souveraineté nationale ». Sacré Comité ! Il y a quelques semaines il s’excusait déjà d’avoir mis le drapeau de l’entité séparatiste sur le site officiel de la billetterie… enfin bref, s’ils pouvaient éviter leurs « maladresses », ça leur éviterait de passer leur temps à s’excuser. N’est-ce pas ? 

Et vendredi, nous apprenions de bon matin que les États-Unis étaient à deux doigts de mener une série d’attaques sur plusieurs cibles iraniennes pendant la nuit, avant que Donald Trump ne retrouve la raison in extrémis et ne s’en ravise. En effet, le locataire de la Maison Blanche a estimé que la réponse de Washington aux Iraniens, suite à la destruction du drone américain, aurait été tout simplement disproportionnée : « Lundi, ils ont abattu un drone sans pilote à bord qui volait au-dessus des eaux internationales. La nuit dernière, nous étions parés à user de représailles sur trois sites différents. J’ai alors demandé combien de personnes allaient mourir. « 150, monsieur », m’a répondu un général. Alors dix minutes avant la frappe, je l’ai empêchée, ce n’aurait pas été proportionné en réponse à la destruction d’un drone inoccupé ». Saluons donc ce moment de lucidité à peine croyable de Donald Trump, qui aura ainsi évité de « singer » son « grand ami » Kim Jong-Un et accessoirement une guerre avec l’Iran. En espérant que ça ne sera pas que « partie remise » !
Allez, je vous laisse et vous souhaite un excellent week-end en compagnie de nos Lions de l’Atlas, pourvu qu’ils nous fassent vibrer, nous en avons grandement besoin !

 

Par Majda El Krami




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