Municipales à Istanbul : Erdogan essuie son pire revers électoral en 17 ans !

Municipales à Istanbul : Erdogan essuie son pire revers électoral en 17 ans !
Source : Lesinfos.ma
24/06/2019 11:00

Ekrem Imamoglu, candidat de l’opposition, a réédité dimanche sa victoire aux municipales d'Istanbul après l'annulation du premier scrutin, infligeant à Recep Tayyip Erdogan son pire revers électoral en 17 ans et s’élevant au rang de sérieux candidat pour la présidentielle de 2023.  

C’est une sacrée gifle qu’a reçue le président turc dimanche soir ! Trois mois après l’invalidation des élections municipales pourtant gagnées à Istanbul par Ekrem Imamoglu (parti social-démocrate CHP), ce dernier a finalement réédité sa victoire avec plus de 800.000 voix d’avance sur son rival Binali Yildirim. Ainsi, selon les résultats partiels publiés par l’agence étatique turque Anadolu après dépouillement de plus de 99% des bulletins, Ekrem Imamoglu a obtenu 54% des voix contre 45% pour l’ancien Premier ministre Binali Yildirim issu du parti islamo-conservateur AKP.
S’exprimant dans la soirée, Ekrem Imamoglu a estimé que sa victoire marquait « un nouveau début pour la Turquie » et a invité Recep Tayyip Erdogan « à travailler en harmonie » pour « servir Istanbul ». Le chef de l’État a pour sa part félicité Ekrem Imamoglu, signalant qu’il acceptait le résultat.


L’AKP, en perte de vitesse


Bien plus qu’une simple élection municipale, le vote à Istanbul incarne avant tout la jauge de popularité du président turc et de son parti dans un contexte économique très complexe.
« Qui remporte Istanbul remporte la Turquie », a d’ailleurs coutume de dire Recep Tayyip Erdogan, marquant l’importance de cette ville de plus de 16 millions d’habitants, capitale économique du pays, dont il avait été élu maire en 1994 et que son camp contrôlait depuis lors.
En mars, l’AKP avait également perdu la capitale Ankara après 25 ans d’hégémonie des islamo-conservateurs, pénalisé par la situation économique difficile, avec une inflation à 20%, un effondrement de la Livre turque et un chômage élevé. Le chef de l’État, qui avait jeté toutes ses forces dans la bataille en mars, s’est montré cette fois plus en retrait, ne descendant dans l’arène que dans les derniers jours et minimisant l’importance du nouveau vote qu’il a qualifié de « symbolique ».
La défaite de dimanche est d’autant plus cinglante que l’AKP avait battu le rappel des électeurs conservateurs, mais aussi des Kurdes pour tenter de l’emporter. Ces derniers, considérés comme les « faiseurs de roi », ont fait l’objet d’une féroce bataille. L’AKP a adouci sa rhétorique sur la question kurde ces dernières semaines et Binali Yildirim est allé jusqu’à évoquer le « Kurdistan », un mot pourtant tabou dans son camp. En vain !


Erdogan est-il tombé sur son plus grand rival ?

 

La claque infligée à Erdogan et au régime, traduit la lassitude des Turcs après une série ininterrompue d’élections, d’interventions militaires en Turquie et en Syrie, et d’attentats meurtriers. Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002, l’opposition a su s’unifier, obtenant notamment le soutien du parti pro-kurde HDP (gauche).
Ekrem Imamoglu est parvenu à ringardiser la rhétorique de polarisation qui faisait le succès de l’AKP et a prôné une normalisation de la vie politique. Son slogan «Her Sey Güzel Olacak» («Tout ira bien») est devenu le cri de ralliement d’une opposition laminée qui, jusque-là, semblait avoir perdu espoir. Bien que l’assemblée municipale et la majorité des arrondissements soient contrôlées par l’AKP, le nouveau maire d’Istanbul se retrouve en position de force. « Si nous observons qu’il y a de l’obstruction politique, nous partagerons cela avec nos citoyens », a-t-il annoncé après sa victoire. Erdogan n’a face à lui que de dangereuses options. Laisser Imamoglu gouverner en paix pourrait faire de lui un sérieux rival pour la présidentielle de 2023. Lui mettre des bâtons dans les roues reviendrait à le victimiser davantage et rehausser son statut de nouveau héros de l’opposition, analyse un spécialiste dans les colonnes de Libération.
Pour rappel, l’élection de mars avait été invalidée après des recours du parti islamo-conservateur du président arguant des « irrégularités massives ». L’opposition avait alors dénoncé un « putsch contre les urnes », présentant le nouveau scrutin comme une « bataille pour la démocratie ».



 




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