Tweets racistes et xénophobes : Trump sème la dissension jusque dans son camp !

Tweets racistes et xénophobes : Trump sème la dissension jusque dans son camp !
Source : Lesinfos.ma
16/07/2019 11:00

Propos xénophobes, racistes, inacceptables, écœurants... Avec ces nouvelles violentes attaques contre quatre élues démocrates issues de minorités, Donald Trump a-t-il signé ses tweets de trop ?  

Le président américain a rarement autant fait consensus. Suite à la publication de tweets ouvertement xénophobes adressés à quatre élues démocrates issues de la diversité, Donald Trump a suscité une indignation générale dans l'opposition autant que dans le camp de ses alliés républicains. Galvanisé par l'approche de la présidentielle de novembre 2020, le locataire de la Maison Blanche semble souffler sur les braises des tensions raciales, afin de satisfaire sa base électorale majoritairement blanche. Un « jeu » auquel il s'est livré avec brio (naturel ?) déconcertant lorsqu'il a intimé ce week-end aux quatre élues démocrates - Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan) - de « retourner » dans leur pays d'origine les accusant de « haïr » l'Amérique. « Si vous n'êtes pas heureuses ici, vous pouvez partir! », a-t-il lancé depuis les jardins de la Maison Blanche. Il ajoute manifestement sans la moindre gêne que ces élues démocrates devaient  retourner dans « ces endroits totalement défaillants et infestés par la criminalité dont elles viennent ». Trois d'entre elles sont nées aux États-Unis.

 

« Destructeurs et dégradants »

 

Non content d'avoir tenu de tels propos à leur égard, le président suscitant un véritable tollé à Washington, persiste et signe ce lundi. Lorsqu'un journaliste l'interroge : « Est-ce que cela vous dérange que nombre de gens trouvent vos tweets racistes? » ; le président américain répond sans ambages : « Cela ne me dérange pas car beaucoup de gens sont d'accord avec moi ». Pourtant, dans les rangs politiques, ils sont très nombreux à condamner vivement ces sorties estimées inacceptables. Rompant avec le silence initial des élus républicains, la sénatrice du Maine Susan Collins a appelé le président milliardaire à revenir sur ses propos. « Le tweet du président dans lequel il disait que des élues du Congrès devraient retourner "d'où elles viennent" était totalement déplacé et devrait être retiré », a-t-elle déclaré.

Peu après, le sénateur noir républicain de Caroline du Sud Tim Scott lui a emboîté le pas, dénonçant des propos à « connotation raciste (...) inacceptables ». L'élu de l'Ohio Mike Turner a lui appelé le président à « s'excuser » pour ces tweets « racistes ». Mitt Romney, ancien candidat du « Grand Old Party » à la Maison Blanche, a qualifié les propos du président de « destructeurs et dégradants ».

Dans le camp démocrate, les messages présidentiels ont suscité une avalanche de réactions outrées. Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a dénoncé des commentaires « xénophobes » et appelé les élus à soutenir une motion devant la Chambre les condamnant explicitement.

Le député démocrate Al Green, du Texas, a de son côté déclaré qu'il proposerait un vote en vue d'une procédure de destitution « pour bigoterie en politique (...) nuisible à notre société ».

 

Calcul politique froid et cynique

 

Selon David Axelrod, ancien proche conseiller de Barack Obama, le président américain poursuit une stratégie politique élaborée en ciblant sciemment quatre jeunes élues du Congrès qui se situent sur l'aile gauche du parti et dont les désaccords avec Nancy Pelosi alimentent régulièrement la chronique à Washington. « Avec cette sortie délibérément raciste, Donald Trump cherche à rendre les personnes ciblées plus visibles, à pousser les démocrates à les défendre et à en faire des emblèmes du parti tout entier », assure-t-il. « C'est un calcul froid et cynique ». Quelques heures plus tard, Donald Trump validait point par point cette analyse en expliquant dans un tweet que les démocrates avaient essayé de prendre leurs distances avec les quatre élues, mais étaient « désormais contraints de les défendre ». « Cela signifie qu'ils soutiennent le socialisme, la haine d'Israël et des États-Unis! », a-t-il conclu.

Pour Joe Biden, vice-président de Barack Obama pendant huit ans et candidat à l'investiture démocrate pour 2020, aucun président dans l'histoire américaine « n'a été aussi ouvertement raciste que cet homme ». « Rentrez dans votre pays ? C'est écœurant ».

Lors d'une conférence de presse commune, les quatre femmes visées ont vivement répliqué. « On ne nous fera pas taire », a affirmé l'élue noire Ayanna Pressley, tout en appelant les Américains à « ne pas mordre à l'hameçon » et se laisser prendre par cette surenchère visant d'abord selon elle à détourner l'attention des problèmes touchant la population.

La condamnation a également franchi l'Atlantique, incarnée notamment par la réaction de la Première ministre britannique, Theresa May, - que Donald Trump n'a d'ailleurs pas ménagé dans le dossier du Brexit. La femme politique a jugé « totalement inacceptables » les propos du président de la première puissance mondiale. Réelle conviction personnelle ou jeu politique dénué d'éthique ? Trump bouscule plus que jamais les codes du politiquement correct au sommet de l’État et pourrait créer la surprise à la prochaine présidentielle. 

 

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