Poutine en Russie: retour sur 20 ans d'un pouvoir de plus en plus musclé

Poutine en Russie: retour sur 20 ans d'un pouvoir de plus en plus musclé
Source : Lefigaro.fr
09/08/2019 10:00

RÉCIT - Il y a vingt ans, Vladimir Poutine était nommé premier ministre par Boris Eltsine, dont il prit rapidement la place à la tête de la Fédération de Russie. Depuis, sur fond de difficultés sociales et économiques, le dirigeant russe reste populaire dans son pays autant que controversé en Occident.

En politique, son modèle revendiqué est Pierre le Grand, resté tsar 42 ans. Vladimir Poutine, qui fête ce vendredi les 20 ans de son accession au pouvoir, est certes encore loin de ce record, mais ces deux décennies marque déjà une longévité que peu de dirigeants de la planète atteignent. Le 9 août 1999, l'ancien officier du KGB devenu directeur du FSB est nommé président du gouvernement (premier ministre, ndlr) russe par Boris Eltsine, auquel il succède comme président quelques mois plus tard. Un poste qu’à l’âge de 66 ans, il occupe encore.

«Il y a eu différents Poutine», explique au Figaro l'ancien ambassadeur de France à Moscou, Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l'IRIS. Si l'enfant de Saint-Pétersbourg a d'abord cherché à se rapprocher de l'Occident, cette première orientation a fait long feu. À l'occasion de cet anniversaire, nous revenons sur les grandes dates du poutinisme.

●  1999: chef de gouvernement et chef de guerre

Eltsine et Poutine en 1999.

C'est sa phrase la plus connue. «On ira buter les terroristes jusque dans les chiottes», lâchait le tout nouveau premier ministre en septembre 1999. Un mois plus tôt, Poutine lançait la Seconde guerre de Tchétchénie contre les séparatistes islamistes du Caucase. Condamné pour sa violence par les pays occidentaux, ce conflit permit à Vladimir Poutine de façonner son image d'homme fort dans un pays en crise depuis la chute de l'URSS.

Malade et affaibli politiquement, le président Boris Eltsine démissionne fin 1999, laissant la présidence par intérim à Vladimir Poutine. C'est l'aboutissement d'une ascension fulgurante pour celui qui fit ses armes politiques auprès du maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak, avant de rejoindre l'équipe d'Eltsine et de prendre la direction du FSB, l'ex-KGB.

● 2000-2004: Poutine I et la «verticale du pouvoir»

Le 26 mars 2000, Vladimir Poutine est élu dès le premier tour de l'élection. Celui qui apparaît légèrement terne dans son style promet de rétablir «la verticale du pouvoir». «Il faut se souvenir du contexte. C'était la loi de la jungle depuis une décennie. Il a signifié par là qu'il fallait reconstruire l'État», analyse Jean de Gliniasty. Poutine veut mettre au pas les oligarques, ces milliardaires qui ont fait fortune lors des privatisations sauvages des années 1990. Le cas le plus célèbre est celui de l'ancien dirigeant du groupe pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, condamné en 2008 puis gracié en 2013. Pour échapper à la prison ou à l'exil, les oligarques n'ont d'autre choix que d'adouber le président Poutine, dont le pouvoir est encore accru par le poids croissant des siloviki («hommes de force» en russe), cette nouvelle caste issue des renseignements et des ministères régaliens.

Parallèlement, le président russe réforme une économie à l'agonie depuis les années 1990. Il simplifie la fiscalité en adoptant un impôt sur le revenu à taux fixe (13%) et en diminuant la TVA et l'impôt sur les sociétés. L'effet de ces réformes est largement amplifié par la hausse du prix des hydrocarbures qui vont assurer à la Russie une très forte croissance jusqu'en 2008 (entre 5% et 10% par an), permettant au pays de réduire sa dette publique (autour de 15%), de financer son système social, notamment les aides familiales pour stimuler la natalité, et de constituer d'importantes réserves monétaires.

Au plan international, Vladimir Poutine se tourne vers l'Occident. «Après le 11 septembre, alors qu'il avait de bonnes relations avec le président Bush, il ouvre l'Asie centrale aux États-Unis, qui y établissent des bases militaires», analyse l’historien Igor Delanoë, directeur-adjoint de l'Observatoire franco-russe...

 

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