Des bactéries qui se prennent pour des cellules souches

Des bactéries qui se prennent pour des cellules souches
Source : Sciencesetavenir.fr
22/08/2019 13:06

Des chercheurs ont réussi - par erreur - à donner la capacité de différenciation, caractéristique des cellules souches, à des bactéries. Une prouesse utile pour créer des biomatériaux intelligents.

La différentiation cellulaire, propre aux cellules souches et indispensable pour le développement des organismes multicellulaires, était inexistante chez les organismes unicellulaires… jusqu'à maintenant. Des chercheurs de l'Université Rice, aux Etats-Unis, ont développé un système qui permet aux bactéries Escherichia coli de se différencier, comme des cellules souches. Cette étude a été publiée dans la revue Nature Chemical Biology en août 2019.

Des bactéries différenciées... par erreur

"Nous voulions donner la possibilité aux bactéries de faire des choses plus complexes, lance Sara Molinari, spécialiste en biologie synthétique à l'Université Rice, dans le Texas américain. Notre but est de créer des matériaux vivants avec la complexité qu'on voit dans les tissus, et cela nécessite plusieurs types cellulaires." Pour générer ces différents types cellulaires en partant d'une seule bactérie E. coli, les chercheurs ont introduit des plasmides supplémentaires (des structures qui contiennent de l'ADN chez les bactéries) qui devraient passer à seulement une des cellules-filles lors de la division cellulaire (processus par lequel la bactérie se divise en deux cellules-filles), créant une différence entre les deux cellules-filles. Cela, grâce à une protéine codée par ce plasmide, ParB, qui avec un bras s'accroche au plasmide et avec l'autre à une autre ParB. Ainsi, tous ces plasmides se retrouvent regroupés ensemble grâce aux interactions entre ces protéines. Du coup, lors de la division cellulaire, tous les plasmides passent ensemble, la main dans la main, dans une seule des cellules-filles.

"Cela a fonctionné par accident, c'est grâce à une erreur que j'avais faite, avoue la chercheuse. Sans cette erreur, ça n'aurait pas marché et on n'aurait pas compris pourquoi !" En intégrant la séquence de ParB dans le plasmide, la chercheuse a ajouté par erreur 17 acides aminés (les briques qui forment les protéines) à la séquence. Par chance, cet ajout accidentel améliorait la capacité des protéines ParB à se regrouper, regroupement qui ne se faisait plus en retirant ces acides aminés supplémentaires.... 

 

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