Affaire Hajar Raïssouni : Un rapport médical contredit la version de la journaliste

Affaire Hajar Raïssouni : Un rapport médical contredit la version de la journaliste
Source : Lesinfos.ma
04/09/2019 10:00

Un rapport médical publié par le journal « Barlamane », prouverait que la journaliste – qui bénéficie d’un énorme élan de solidarité depuis mardi - a bel et bien interrompu une grossesse en cours. Un nouvel élément qui pourrait coûter cher à Hajar Raïssouni et à l'équipe médicale qui aurait procédé à l’intervention.

C’est une affaire qui fait couler beaucoup d’encre et qui agite les réseaux sociaux depuis plusieurs heures. Hajar Raïssouni, journaliste du quotidien arabophone « Akhbar Al Yaoum » dont Taoufik Bouachrine fût le directeur, a été arrêtée samedi dernier par des éléments de la police civile, soupçonnée d’avoir avorté clandestinement dans une clinique privée à Rabat et d’entretenir « des relations hors liens du mariage » avec son fiancé, un professeur universitaire d’origine soudanaise. Des accusations que la concernée a catégoriquement réfutées face au procureur du Roi ce lundi, devant lequel elle a comparu en situation de détention préventive.
« Je suis une femme mariée et nous avons récité la Fatiha au domicile de ma famille. Nous nous préparions à acter notre union et nous avons aussi déposé notre dossier auprès de l’ambassade soudanaise, puisqu’il s’agit d’un mariage mixte. Je n’ai subi aucun avortement », a-t-elle affirmé lors de son audience.
Appelé à la barre, le gynécologue obstétricien – qui est actuellement en détention avec sa secrétaire et son assistant pour les chefs d’accusation de « débauche, avortement et participation à l’avortement » - a rejeté à son tour les accusations, expliquant que la journaliste s’était présentée à son cabinet en souffrant de graves saignements. « J’ai dû effectuer une intervention chirurgicale urgente pour arrêter l’hémorragie », a-t-il déclaré à son tour au Parquet.
Selon le quotidien en ligne Yabiladi, les interpellés resteront emprisonnés jusqu’à la seconde audience, qui aura lieu le 9 septembre prochain. Le site d’information assure par ailleurs que « le dossier ne contient aucune preuve matérielle concrète de l’accusation d’avortement ». Toutefois, à en croire les dernières informations publiées dans la soirée du mardi par le journal « Barlamane », un rapport médical émis par l’hôpital Ibn Sina dément la version de la journaliste « et de son clan » et prouve d’une part qu’elle était bel et bien enceinte, et d’autre part qu’un acte d’avortement a été effectivement accompli.



 

Que risquent Hajar Raïssouni et l'équipe médicale ?


Au regard d’une loi largement contestée tant par le corps médical que par une partie de la société civile, le Code pénal marocain prévoit jusqu’à 2 ans de prison pour une femme qui se fait avorter, de 1 à 5 ans pour quiconque pratique un avortement sur autrui, de 10 à 20 ans s’il y a décès de la patiente et jusqu’à 30 ans s’il y a récidive.
Adoptée il y a plus de deux ans par le conseil du gouvernement après l’intervention du Roi du Maroc, la loi légalisant l’avortement - pour les cas de viol, d'inceste ou de malformations et maladies incurables que le fœtus pourrait contracter - peine quant à elle à passer définitivement. Alors même que les instructions royales ont été données, les législateurs ne semblent pas pressés pour trancher dans le vif. Il est à rappeler qu’au Maroc, on enregistre entre 50.000 et 80.000 cas d’avortement annuellement. L’avortement non sécurisé est responsable d’environ 4,2% des cas de décès maternels et de 5,5 % de décès suite aux complications directes post-accouchement. Sans oublier les conséquences de ces grossesses notamment en termes d’abandon d’enfants, de suicides, de crimes d’honneur (…).
Entre temps les législateurs semblent détourner le regard malgré les appels du pied d’acteurs associatifs qui tirent la sonnette d’alarme à chacune de leurs sorties médiatiques pour rappeler la dangerosité de ce qui est, depuis plusieurs décennies, un fléau au Maroc.

 

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