Brexit : Les députés votent pour obliger le gouvernement à publier des documents confidentiels

Brexit : Les députés votent pour obliger le gouvernement à publier des documents confidentiels
Source : Lesinfos.ma
10/09/2019 11:00

Boris Johnson a enregistré une nouvelle défaite lundi soir à un moment où la crise politique s'est encore aggravée avec l'annonce surprise de la démission prochaine du président de la Chambre des Communes, John Bercow. 

C’est une nouvelle défaite pour le Premier ministre britannique et pour le Brexit sans accord. En effet, les députés britanniques ont voté ce lundi 9 septembre pour obliger le gouvernement de Boris Johnson à publier des documents confidentiels sur l'impact d'un Brexit sans accord, que l’Exécutif est soupçonné d’avoir minimisé. La motion a été adoptée par 311 voix, contre 302. Elle demande également au gouvernement de divulguer les échanges entre responsables sur leur plan controversé de suspendre le Parlement pendant cinq semaines à partir de mardi.


L’Irlande, grande problématique du Brexit


Boris Johnson a assuré lundi encore vouloir un accord, mais Bruxelles et Londres ne parviennent pas à s'entendre sur la manière de maintenir ouverte la frontière en Irlande après le Brexit. En effet, les discussions sur une sortie négociée du Royaume-Uni du bloc européen butent actuellement sur le mécanisme dit de « filet de sécurité » prévu dans l'accord conclu entre Londres et l'Union Européenne (UE). Cette disposition controversée est une sorte de police d'assurance pour l'UE. Elle vise à éviter qu'émerge à nouveau après le Brexit une frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande au sud, au risque sinon de réveiller le conflit sur l'île. Et elle aurait pour conséquence de maintenir l'ensemble du Royaume-Uni dans l'Union douanière avec les pays de l'UE jusqu'à ce que les deux partenaires trouvent une solution pour définir leur future relation post-Brexit, et ce dans un délai de deux ans environ.
« Un terrain d'entente a été trouvé dans certains domaines mais des divergences significatives demeurent », souligne un communiqué commun publié à l'issue d'une rencontre de Boris Johnson avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar à Dublin. Selon Leo Varadkar, Londres n'a encore soumis aucune proposition alternative « réaliste » au « filet de sécurité » en Irlande, dont Boris Johnson souhaite délester l'accord de retrait négocié par sa prédécesseure Theresa May. 

 

Démission du président de la Chambre des Communes

 

Personnalité incontournable de la scène parlementaire, John Bercow, considéré comme plutôt favorable au camp anti-Brexit, a déclaré qu'il abandonnerait ses fonctions au plus tard le 31 octobre, la date prévue du divorce avec l'UE. Il a également précisé qu'il ne se représenterait pas si les députés britanniques votaient lundi soir en faveur d'élections législatives anticipées. Et si, comme il est hautement probable, ils s'y opposent, le président de la chambre basse démissionnera de toute façon le 31 octobre. « Si la chambre vote ce soir pour des élections générales anticipées, mon mandat de président et de membre du parlement se terminera avec la fin de ce Parlement », a-t-il expliqué devant les députés. « Si la chambre ne vote pas ainsi (en faveur d'élections), j'en ai conclu que le plan d'action le moins perturbant et le plus démocratique serait que je démissionne à l'issue de la séance le jeudi 31 octobre », a ajouté John Bercow, visiblement ému. Accusé ces derniers mois par les partisans d'un Brexit dur d'avoir outrepassé les règlements parlementaires à leur détriment, il a salué le sens de « l'intérêt national » des membres de la Chambre. La suspension du Parlement pour cinq semaines, dénoncée par John Bercow comme un « scandale constitutionnel », a suscité une vague d'indignation au Royaume-Uni, Boris Johnson étant soupçonné d'avoir manœuvré pour précipiter le Royaume-Uni vers un divorce sans accord avec l'Union Européenne.

Pour rappel, Boris Johnson s'oppose farouchement à tout nouvel ajournement du Brexit, initialement prévu pour le 29 mars et déjà reporté deux fois, si aucun compromis n'est trouvé. Il a réitéré lundi sa détermination à sortir à tout prix du club européen le 31 octobre, sous peine d'infliger un « dommage permanent » à la confiance des Britanniques envers la démocratie, après le référendum de 2016 qui a tranché à 52 % pour le Brexit. Tout nouveau délai devra encore être approuvé à l'unanimité des 27 autres États membres de l'Union Européenne.

 

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