Hausse des violences sexuelle et économique à l'égard des femmes au Maroc (HCP)

Hausse des violences sexuelle et économique à l'égard des femmes au Maroc (HCP)
Source : medias24.com
10/12/2019 10:47

Entre 2009 et 2019, la violence à l'égard des femmes affiche une tendance à la baisse, selon le HCP. Une baisse des violences psychologique et physique est observée, contre une hausse des violences sexuelle et économique.

Entre 2009 et 2019, la violence à l'égard des femmes affiche une tendance à la baisse, à en croire les dernières statistiques du HCP. Une baisse des violences psychologique et physique est observée, contre une hausse des violences sexuelle et économique. Les détails.

Après la clôture de sa deuxième enquête nationale sur la prévalence de la violence à l’encontre des femmes en 2019, réalisée entre février et juillet, le Haut-commissariat au plan (HCP) vient de dévoiler les premiers résultats de deux thèmes: les grandes tendances de la violence à l’encontre des femmes et les perceptions de la société à son égard.

Les premiers résultats de l’enquête 2019 montrent que parmi 13,4 millions de femmes âgées de 15 à 74 ans, plus de 7,6 millions ont subi au moins un acte de violence, tous contextes et toutes formes confondus durant les douze mois précédant l'enquête. Elles représentent 57% de la population féminine. La prévalence de la violence est de 58% en milieu urbain (5,1 millions de femmes) et de 55% en milieu rural (2,5 millions de femmes rurales).

Baisse générale entre 2009 et 2019

En dépit de son caractère structurel, la violence a entamé globalement une tendance à la baisse entre 2009 et 2019, relève le HCP. La part des femmes ayant subi au moins un acte de violence a régressé de 6 points de pourcentage, passant de 63% à 57% si l’on considère uniquement la population cible de 2009 des femmes âgées de 18 à 64 ans. Cette baisse est de 10 points en milieu urbain et de près d’un point en milieu rural.

Les prévalences des violences psychologique et physique ont respectivement baissé de près de 9 points, passant de 58% à 49%, et de 2 points, passant de 15% à 13%. En revanche, celles des violences économique et sexuelle ont augmenté respectivement de près de 7 points, passant de 8% à 15%, et de 5 points, passant de 9% à 14%.

Les mêmes tendances sont relevées dans les deux milieux de résidence, hormis la violence physique qui a connu une hausse de 4 points en milieu rural, passant de 9% en 2009 à 13% en 2019.

Baisse en milieu urbain, hausse en milieu rural

Par espace de vie, le contexte domestique, englobant le contexte conjugal et familiale ( y compris la belle famille), demeure le plus marqué par la violence, avec une prévalence de 52% (6,1 millions de femmes) enregistrant une augmentation de 1 point par rapport à 2009.

Les autres cadres de vie ont connu une baisse de la violence en particulier dans l’espace public où la prévalence est passée de 33% à 13%, suivi par le lieu d’enseignement avec une baisse de 5 points, passant de 24% à 19%.

L’évolution de la violence différenciée par milieu de résidence révèle des tendances inversées, traduites par une baisse en milieu urbain et une hausse en milieu rural dans tous les espaces de vie, à l’exception du lieu public marqué par une baisse dans les deux milieux.

La violence conjugale concerne les moins instruites, les plus jeunes et les plus touchées par le chômage

En 2019, avec un taux de prévalence de 46% dans l’espace conjugal (5,3 millions de femmes), les femmes, âgées de 15 à 74 ans, victimes de violence perpétrée par un mari ou un ex-mari, un fiancé ou un partenaire intime, sont principalement des femmes mariées avec une prévalence de 52%, de jeunes femmes de 15 à 24 ans (59%), des femmes ayant un niveau d’enseignement moyen (54%) et des femmes en situation de chômage (56%).

Par ailleurs, par référence au profil du partenaire, la prévalence est particulièrement élevée parmi les femmes dont le partenaire a vécu dans un environnement marqué par la violence conjugale, avec un taux de 73%,  les partenaires jeunes âgés de 15 à 34 ans, avec un taux de 61%, et ceux ayant un niveau scolaire secondaire collégial, avec un taux de 57%.  

Dans sept cas sur dix (69%), les actes de violence dans le contexte conjugal sont dus à une violence psychologique, 12% des cas à une violence économique, 11% à une violence physique et près de 8% à une violence sexuelle.

 La violence psychologique et la discrimination économique dominent dans l’espace professionnel

Dans le milieu professionnel, 15% des femmes actives sont victimes de la violence dans  toutes ses formes. Cette proportion s’accentue parmi les femmes divorcées (22%), salariées (21%), citadines (18%) et les jeunes âgées de 15 à 34 ans (19%).

Ces actes sont commis par des responsables hiérarchiques dans 41% des cas et par des collègues dans 29% des cas. La majorité de ces actes de violence (83%) sont dus soit à des comportements psychologiquement violents (49%) soit à la discrimination économique (34%).

Dans les établissements d’enseignement et de formation, 22% d’élèves et d’étudiantes ont déclaré avoir subi un acte de violence. Les auteurs de ces violences sont dans 46% des cas de violence des camarades des victimes, 28% des professeurs et 21% des personnes étrangères à l’établissement.

Les actes de violence commis sont dans 52% des cas d’ordre psychologique, 37% des cas du harcèlement sexuel et 11% des cas physique...

 

Recherche
Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

Météo Plus

En bref Voir plus

Les articles les plus lus

Buzz

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale