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Rachid N'diyae : "Le président Condé brigue le premier mandat de la quatrième république guinéenne"

Rachid N'diyae :
Source : Lesinfos.ma
16/10/2020 10:00

Troisième mandat, bilan, programme, tensions avec l'opposition ou encore relations avec les partenaires internationaux... A quelques jours de l'élection présidentielle du 18 octobre en Guineé, Rachid Ndiaye, ministre d’Etat, conseiller spécial du président Alpha Condé répond à nos questions à bâtons rompus. Entretien exclusif. 

Lesinfos.ma :  Quel bilan faites-vous des deux premiers mandats du président Alpha Condé ?

Rachid N'diyae : Depuis la conversion de la Guinée à l’expérience démocratique en 2010, il faut reconnaitre au président Alpha Condé, le mérite d’avoir maintenu la Guinée dans cette voie. Le pays revenait alors de loin : Vingt six années de régime de parti unique sous le président Ahmed Sékou Touré de 1958 à 1984. 24 années de régime du général président Lansana Conté et deux années de transition militaire entre 2008 et 2010, entre le capitaine Moussa Dadis Camara et le général Sékouba Konaté.

Depuis dix ans, la Guinée vit sous le pluralisme politique, avec des partis politiques, associations, mouvements de la société civile, chacun jouant son rôle, comme la justice. L’assemblée nationale joue son rôle de contre pouvoir, les médias ont trouvé leur place dans le jeu démocratique, la liberté de presse et d’opnion permet aux radios et télévisions privées d’exercer leur mission avec une liberté de ton sans équivalent dans la région ? Aucun homme politique n’est privé de ses droits civiques, ne connait la prison ou contraint à l’exil pour ses idées. Les élections ont lieu depuis 2010 dans un cadre d’ouverture totale.

 

Quid du volet économique ?

Sur le plan économique, à l’actif du président, on peut mettre le rétablissement des grands équilibres macro économiques qui a permis de renouer avec le FMI et la Banque mondiale avec l’accès en septembre 2012 à l’Initiative Pats pauvres très endettés (PPTE). En 2010 les indicateurs étaient au rouge, la Banque centrale ne disposait même pas de trois mois de réserve de change pour couvrir les importations. A l’époque, le pays enregistrait plus de 21% de taux d’inflation, 14% de déficit budgétaire, un taux de croissance économique autour de 3%.

Aujourd’hui, même en temps de ralentissement de l’activité économique du au Coronavirus, la Guinée connait un taux de croissance économique de 6%, une inflation de moins de 10%, le déficit budgétaire ramené à 2% du PIB. Un soutien au monde agricole et aux collectivités locales qui bénéficient de 15% des recettes minières, soit 700 milliards de francs guinéens. Lorsque 70 millions de dollars sont mobilisés pour l’inclusion économique et sociale et des fonds importants réunis pour l’autonomisation des jeunes et femmes. Le gouvernement a conclu un accord cadre pour les infrastructures routières et voieries de 20 milliards de dollars, etc… En 2010, la capacité énergétique du pays était de 100 mgw, celle-ci a été multiplié par trois par la construction du barrage de Kaleta ( 240 mgw) Souapiti (450 mgw) et le lancement d’Amaria ‘300 mgw).

 

Qu'est ce qui le pousse à briguer un troisième mandat malgré les contestations de l'opposition ?

Le président Alpha Condé brigue le premier mandat de la quatrième république guinéenne, parce que, en une décennie, il dispose d’un bilan qui est reconnu comme positif par la majorité des Guinéens qui ont décidé de lui confier une nouvelle mission. Il ne s’agit pas d’une ambition strictement personnelle, mais celle d’une équipe réunie autour d’un nombre important de partis politiques, d’associations, d’organisations de la société et de simples citoyens. Il est candidat à un scrutin qui se déroule dans un contexte d’inclusivité totale qui offre à chaque acteur politique guinéen, la liberté de faire son offre politique, dans une élection dont la transparence est assurée par une Commission électorale nationale indépendante souveraine dont les membres appartiennent sur une base paritaire à la majorité politique et à l’opposition, avec un président issu de la société civile.

L’autre raison est que le président Alpha Condé défend également un programme politique, économique et social qui a été décliné jusque dans les langues nationales. L’opposition conteste dites vous, elle est dans son rôle, mais cette contestation ne peut se faire que dans les urnes, pas en dehors des lois ou dans les rues. Le principal leader de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, a contesté la nouvelle constitution adoptée par référendum, les dernières élections législatives, avant de prendre part à ce scrutin du 18 octobre qui est basée sur la même nouvelle constitution, en validant de manière rétroactive, la nouvelle loi fondamentale et la candidature du président Alpha Condé. Tout en ajoutant plus tard qu’il ne reconnaitrait pas les résultats qui lui seraient défavorables ! Il y a trop d’incohérences…

 

Quelles sont les principaux axes de son programme pour ce nouveau mandat ?

En résumé, le programme de la campagne de prospérité partagée repose sur l’amélioration de la vie quotidienne des Guinéens, c'est-à-dire la redistribution des fruits des performances économiques . Réduire la disparité entre les villes et les campagnes en consacrant par exemple, 15% des recettes minières du pays au financement des collectivités locales, soit 700 milliards de francs guinéens. 70 millions de dollars seront consacré à l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale. Figure également dans les priorités, le renforcement de la fourniture d’eau et d’électricité aux citoyens, la réhabilitation des infrastructures et voieries, préparer l’accès du pays à la technologie pour les générations futures. Ainsi que l’autonomisation des jeunes et des femmes.

 

Quel regard portez vous sur la candidature de l'ancien premier ministre, Cellou Dalein Diallo ?

C’est une candidature qui s’inscrit dans le jeu démocratique. Tant qu’elle s’écarte de la violence, il faut s’en réjouir. Le scrutin lui permet de soumettre son projet de société au peuple de Guinée, c’est sa troisième candidature. Il ne s’agit pas simplement de s’opposer à son adversaire ou souhaiter son départ, il faut faire une offre politique conséquente, sans tomber dans le chantage à la violence qui consiste à dire ; si je ne suis pas élu, je prends la rue. Ou alors, je compterai les voix moi-même, alors que l’élection est organisée et supervisée par une commission électorale nationale indépendante composée sur base paritaire entre la majorité et l’opposition.

 

L'ONU s'est inquiété d'un regain des tensions notamment confessionnelles. Y-a-t-il un risque de débordement et de violences ?

L’ONU est dans un rôle de prévention des conflits, qu’ils soient confessionnels comme vous dites, politiques, sociaux ou communautaires. Mais la vraie réponse à la violence réside dans la recherche de solutions aux problèmes de lutte contre la pauvreté, le développement de l’éducation dans la lutte contre l’obscurantisme et les fanatismes. En France, on dit que de l’instruction nait la grandeur des nations. En Guinée, il y a pas de conflits de type confessionnel, c’est à notre honneur, les religions cohabitent sans crises majeures, il faut s’en réjouir.

 

Quel est la position du président Condé quant aux évolutions dans la région ? Quel rôle peut jouer la Guinée dans ce sens ?

Le président s’investit dans les efforts de préservation de la paix dans la région à travers les mécanismes multilatéraux et bilatéraux de la paix, dans une logique de renforcement des institutions ‘régionales. N’oubliez pas que le président Condé est le premier président africain à avoir attiré au sommet de Deauville, l’attention des pays du G20 sur les conséquences de la déstabilisation de la Lybie qui serait préjudiciable à la région. La suite est connue. 

 

Quelles relations entretient-il avec les partenaires internationaux ? Comment ces relations peuvent-elles évoluer lors d'un éventuel nouveau mandat ?

Le principe fondamental du président Alpha Condé est d’entretenir ce qu’il appelle des rapports majeurs avec les partenaires internationaux dans un cadre équilibré et décomplexé. C’est le même message qu’il défendait en 2007, lorsqu’il était président en exercice de l’Union africaine, à savoir que le continent se prenne en charge lui-même pour son économie, son développement sa sécurité. Il n’est pas dans une logique d’exclusion, mais de partenariat avec les autres. Aujourd’hui, il s’agit pour lui de maintenir le cap sur la démocratie et la bonne gouvernance pour promouvoir la rigueur et l’attractivité du pays, attirer les investisseurs. A ce titre d’ailleurs, la Guinée entretient d’excellents rapports avec le royaume du Maroc qui est un partenaire de développement. Vous savez, le Maroc accueille beaucoup d’étudiants guinéens et participe même à la formation de certains de nos oulémas guinéens.

 

Propos reccueillis par Aziz Saidi

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