Lundi, la Chambre des représentants s’apprêtait à dérouler une séance classique, marquée jusque-là par des interventions calmes et structurées. Le ton général bascule lorsque le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, intervient pour répondre à une question liée au projet de loi encadrant la profession des adouls.
Une députée du Parti de la justice et du développement critique vivement le texte, qu’elle considère contraire aux avancées constitutionnelles et aux garanties offertes par la parité. La remarque reste dans le cadre du débat parlementaire, mais la réponse du ministre crée un choc immédiat. Ouahbi accuse la députée de réciter « un communiqué du Conseil de la révolution » au lieu de commenter la loi, une sortie interprétée comme insultante par les élus du PJD.
La tension grimpe d’un cran lorsque le député Abdelssamad Haiker réclame un point d’ordre pour demander le retrait de la phrase. Le président de séance refuse, ce qui provoque une salve de protestations. Plusieurs élus se lèvent, les voix se croisent, et un échange direct s’engage entre Ouahbi et les députés du PJD. Les gestes se font plus brusques, les décibels montent, et l’atmosphère devient incontrôlable.
Face au tumulte, le président Driss Chtibi décide de suspendre la séance et ordonne l’expulsion de Haiker, ce qui attise davantage la colère des élus de son groupe.
Des vidéos filmées après la suspension montrent que le calme ne revient pas immédiatement. Les cris et les accusations continuent de fuser entre le ministre et plusieurs députés. Le face-à-face paraît, par moments, sur le point de quitter le terrain verbal pour glisser vers une confrontation physique.
Cet épisode, inhabituel par son intensité, restera comme l’un des moments les plus houleux de la session parlementaire, révélant un climat de tension rarement atteint sous la coupole.


