Le climat se tend dans les universités publiques. À l’initiative du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESup), les enseignants-chercheurs entament une grève nationale de deux jours, les 3 et 4 mars. Ce mouvement s’inscrit dans un calendrier de protestation prévu tout au long du mois et traduit une exaspération grandissante au sein du corps académique.
La mobilisation ne se limite pas à l’arrêt des cours. Les enseignants-chercheurs sont appelés à suspendre l’ensemble de leurs missions : activités pédagogiques, travaux de recherche, réunions administratives et fonctionnement des structures académiques, notamment les filières et parcours de formation. En élargissant ainsi le champ du boycott, le syndicat entend souligner la profondeur du malaise et envoyer un message clair aux autorités.
À l’origine de cette contestation figure le projet de loi n°59.24 relatif à l’enseignement supérieur. Pour le SNESup, ce texte symbolise une rupture. Le syndicat reproche aux pouvoirs publics d’avoir mené la réforme sans réelle concertation avec les représentants des enseignants-chercheurs. Il dénonce une démarche unilatérale et rejette toute mise en application qu’il considère comme imposée. Au-delà des dispositions du projet, c’est surtout la méthode de réforme qui est pointée du doigt, les enseignants estimant que leurs propositions n’ont pas été prises en compte.
Face à ce qu’ils perçoivent comme une politique d’attente et de flou, les organisateurs du mouvement réclament désormais des engagements fermes et datés. Parmi leurs principales revendications figurent la généralisation des neuf années d’ancienneté fictive et l’exonération fiscale de la recherche scientifique. Pour le syndicat, le temps des promesses est révolu : place à des mesures concrètes inscrites dans un calendrier précis.


