Le dossier des inondations du Gharb et du Loukkos franchit une nouvelle étape. Dans une décision publiée au Bulletin officiel du 27 avril 2026, le gouvernement a officiellement qualifié les crues ayant touché plusieurs provinces du Royaume d’« événement catastrophique », conformément au cadre légal encadrant l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles.
Signé par le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, le texte s’appuie sur les dispositions de la loi relative à la couverture des conséquences des événements catastrophiques ainsi que sur son décret d’application adopté en 2019. Cette décision intervient après consultation de la Commission de suivi des événements catastrophiques.
Le décret fixe le début officiel de la catastrophe au 28 janvier 2026 à 1 heure du matin, pour une durée totale de 455 heures. Une précision technique loin d’être anodine. Elle répond aux standards internationaux de la réassurance et permet d’encadrer le transfert des risques pris en charge par les compagnies d’assurance et les fonds d’indemnisation.
Cette reconnaissance officielle constitue désormais une étape clé pour les habitants, agriculteurs et acteurs économiques touchés par les inondations. Elle leur permettra d’entamer les démarches administratives nécessaires afin d’obtenir réparation des dommages subis.
Le texte intervient dans un contexte marqué par de nombreuses interrogations autour des critères retenus pour définir les zones sinistrées après les fortes intempéries qui ont frappé plusieurs régions du pays au début de l’année.
Au total, 54 communes ont été classées parmi les territoires sinistrés. La province de Larache concentre 16 communes concernées, dont Ksar El Kébir, Larache, Zouwada, Sahel et Bni Arous.
Même constat du côté de la province de Kénitra, où 16 communes figurent sur la liste officielle, notamment Ameur Seflia, Sidi Allal Tazi, Moulay Bousselham, Souk El Arbaa et Arbaoua.
La province de Sidi Kacem recense pour sa part 19 communes touchées, parmi lesquelles Mechraâ Bel Ksiri, Khnichet, Dar El Aslouji, Zirara et Sidi El Kamel. Trois communes de la province de Sidi Slimane ont également été intégrées au périmètre retenu : Ouled Hcine, Ameur Chamalia et M’saada.
Cette publication relance également les discussions autour des mécanismes d’activation du régime d’indemnisation. Plusieurs zones affectées par les intempéries au début de l’année n’avaient pas été retenues dans les premiers périmètres définis par les autorités, alimentant les critiques et les interrogations des habitants concernés.
Selon les explications avancées autour de ce dispositif, la reconnaissance d’un « événement catastrophique » repose sur plusieurs critères précis, notamment l’étendue géographique des dégâts, la durée de l’événement et son impact matériel et humain.


