Pourquoi l'activité touristique au Maroc ne décolle pas (INTERVIEW)

Pourquoi l'activité touristique au Maroc ne décolle pas (INTERVIEW)
Source : Huffpost Maghreb
14/08/2016 09:15

Comment expliquer la morosité du secteur touristique au Maroc? Comment les pôles touristiques du royaume pourraient-ils remédier à cela ? En quoi le marketing territorial est-il important ? Éléments de réponse avec Hassan Faouzi, géographe, sociologue et enseignant à l'Université de Lorraine.

HuffPost Maroc: On évoque souvent le contexte international tendu pour expliquer la morosité du secteur touristique au Maroc. Mais quelles pourraient être les autres causes?

Hassan Faouzi: Avec la conjoncture internationale actuelle très difficile, nous assistons à une baisse voire une dégringolade du chiffre de touristes se rendant au Maroc. La crise du tourisme est évidente. Les attentats de Nice, Paris, Allemagne, Bruxelles et Istanbul aggravent encore plus la situation entravant ainsi la relance de la destination. Suite à ses événements l’image des pays du Maghreb est maculée par la réouverture du cycle des amalgames. Le Maroc est bien entendu la première destination à être touchée par cette crise. Mais, il faut bien le dire, il n’y a pas que la menace terroriste dont pâtit le Maroc. En fait, la chute du tourisme s’est opérée avant même les événements internationaux par suite de plusieurs facteurs, tels que la crise dans la zone Euro (crises économiques et politiques, chômage) et baisse des clientèles étrangères, l'émergence de nouveaux pays touristiques et culturels, la forte concurrence de destinations de tourisme de nature, etc. Le Maroc en tant que destination touristique ne fait plus rêver. Tout cela nous fait dire que la destination Maroc est face à un problème structurel et non conjoncturel. Dans un contexte marqué par l'explosion de l'offre et la décroissance de la courbe de demande, notre promotion s’inspire toujours des clichés habituels (le soleil, la mer et la détente), notre offre touristique est concentrée sur l’axe Agadir-Marrakech, nos régions touristiques sont mal identifiées, notre offre patrimoniale peu lisible. Pareil pour l'offre touristique autour de l’art de vivre, de gastronomie et de bien-être qui est très peu développée.

D'autres facteurs interviennent et font que la crise est structurelle, parmi lesquels l'on peut citer : le faible développement du tourisme de nature, la saisonnalité de certaines destinations marocaines, promotion insuffisante du tourisme intérieur, problèmes structurels du transport aérien et dysfonctionnements au niveau des dessertes régionales. À tout cela s'ajoute le déficit de la communication autour de l’image du Maroc à l’international (publicité dans les médias occidentaux), le vieillissement d’une partie de la capacité litière et du parc hôtelier, l'inadaptation des normes de classement des hôtels à l’évolution des mentalités des nouveaux voyageurs et à leurs besoins, la rareté des hébergements thématiques ou écolabellisés, etc. J'ajouterai aussi que, de mon point de vue, nous devrions opter pour un tourisme qui ne soit pas dépendant de l’immobilier et se contenter d'élaborer des stratégies ambitieuses mais réalisables. Et là je rejoins quelques professionnels du tourisme, en disant qui il est très difficile d’atteindre les 20 millions de touristes car on ne remplit pas encore les conditions précitées. ...

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