Jim Yong Kim, un président reconduit mais controversé à la tête de la Banque mondiale

Jim Yong Kim, un président reconduit mais controversé à la tête de la Banque mondiale
Source : Lemonde.fr International
03/10/2016 08:30

Lors de l’assemblée générale de l’institution, à Washington, l’Américain devrait réaffirmer son ambition de mettre fin à l’extrême pauvreté.

Garder le cap, coûte que coûte. Pour Jim Yong Kim, le président tout juste reconduit de la Banque mondiale (BM), le mastodonte du développement économique qu’il dirige depuis 2012 doit devenir encore « plus audacieux et souple », au service d’un objectif phare : « l’éradication de l’extrême pauvreté ».

Ce message, il le réaffirmera devant le gratin de la finance mondiale, réuni du 4 au 9 octobre à Washington, pour les assemblées générales de son institution et du Fonds monétaire international (FMI). Il l’avait déjà martelé, en recevant, le 27 septembre, la confirmation du renouvellement de son mandat.

Ambitieux. Mais l’impeccable slogan masque mal l’agitation qui règne au sein de l’organisation. Et que n’a pas arrangée la reconduction expresse de « doctor Kim ». Fin août, cet Américain de 56 ans, né en Corée ​du Sud, se déclare candidat à sa succession en juillet 2017. Le Trésor américain lui offre instantanément son soutien. Un mois plus tard, l’affaire est conclue. Ainsi se perpétue la tradition immuable qui voit les Etats-Unis se réserver la direction de la BM, tandis que les Européens conservent celle du FMI, les deux institutions sœurs des accords de Bretton Woods de 1944.

Pourtant, parmi les 15 000 agents du groupe, un vent de contestation souffle depuis des mois. Début août, l’association du personnel dénonce « une crise de leadership ». Une quarantaine d’anciens responsables réitèrent les critiques mi-septembre, fustigeant dans le Financial Times l’absence d’une « direction stratégique claire » et une sélection « précipitée ». « On ne peut pas en appeler à la bonne gouvernance dans les pays où on intervient et organiser chez soi un processus opaque, à la va-vite, à dix mois de l’échéance », résume un cadre.

400 millions de dollars d’économies

Ce désenchantement contraste avec l’accueil enthousiaste à la nomination inattendue de M. Kim en 2012. Ancien médecin de brousse, cet anthropologue était le premier président de la BM à n’être issu ni de la finance ni du monde politique. A peine arrivé, il passe des heures en visioconférence avec les salariés. Et décrète la mobilisation contre la bureaucratie, les baronnies et l’envolée des dépenses.

Las. Mené à la hussarde, le grand remue-ménage suscite l’émoi. « Il a pensé qu’il fallait tout faire ensemble et rapidement. C’était beaucoup pour les équipes, même s’il posait les bonnes questions », souligne un haut fonctionnaire de la banque. Le recours aux consultants de McKinsey et à des conseillers de luxe, comme le professeur d’Harvard Michael Porter, fait grincer des dents, alors que se profile un plan d’économies de 400 millions de dollars (356 millions d’euros) sur trois ans. En 2015 et en 2016, dans les enquêtes internes, seul un tiers des employés dit comprendre où la direction veut les mener.

Même aux plus hauts étages, l’humeur n’est pas au beau fixe. Les départs, contraints ou volontaires, s’y sont enchaînés depuis quatre ans. La faute, semble-t-il, à la personnalité de Jim Yong Kim et à son style de gestion. « C’est quelqu’un d’extraordinairement séduisant, mais doté d’un ego démesuré et qui déteste la critique, grince un jeune ancien. Il a fait le vide autour de lui. » ...

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