Le dernier roman d’Abdellah Taïa sous le signe du désenchantement et du combat

Le dernier roman d’Abdellah Taïa sous le signe du désenchantement et du combat
Source : Lesiteinfo.com
17/01/2017 22:45

Dans son dernier roman épistolaire, Celui qui est digne d’être aimé, l’écrivain et cinéaste marocain aborde de nouveau la question de l’homosexualité masculine et des rapports de domination.

Passionné de cinéma, Abdellah Taïa construit son roman autour de différents flash-back. Quatre lettres fictives permettent d’évoquer la vie d’un jeune marocain prénommé Ahmed, originaire comme l’écrivain de Salé, découvrant à quinze ans son homosexualité et partant s’installer à Paris, avant que ne le rattrapent les souvenirs d’un passé indélébile. La première lettre est adressée à la mère du protagoniste. Datée de 2015, elle s’attarde sur le désarroi produit par la disparition du père, des années auparavant. Le ton est vindicatif. Ahmed retrouve en lui les traits honnis de sa mère qu’il rend responsable d’avoir inoculé en lui une forme de perversité narcissique ayant broyé toutes ses relations amoureuses. La narration épistolaire remonte alors le temps, des années 2015 aux années 1990. A la lettre initiale succède une lettre rédigée par Vincent, un jeune homme rencontré par hasard à Paris, avec lequel Ahmed vivra une aventure sans lendemain. Des années plus tard, Vincent écrit à son amant comme on jette une bouteille à la mer pour essayer de renouer un lien n’ayant pas eu le temps de se construire. De la même façon, Ahmed écrivit cinq ans plus tôt à son amant d’alors, rencontré alors qu’il était encore adolescent, sur la plage de Salé. Lettre de rupture dans laquelle il lui reproche d’avoir cherché à coloniser sa langue et son esprit, en l’ayant obligé à rompre tout lien avec sa culture d’origine.

Un exil de soi et de son pays natal

Ces lettres analysent, parfois crûment, le sentiment de dépossession qui s’empare de personnages coupés souvent de leurs émotions et parfois de leurs origines. Vincent n’a pas eu le temps de raconter à Ahmed son voyage effectué à Meknès, sur les traces d’un père lui ayant révélé, à la fin de ses jours, son identité de juif marocain. Ahmed découvre, révolté, la soumission dans laquelle le plonge la relation entretenue avec son amant Emmanuel, lui corrigeant avec un certain paternalisme ses fautes de français et l’incitant à transformer son prénom pour mieux s’intégrer à une société parisienne à l’esprit encore colonialiste. ...




Recherche

En bref Voir plus



Les articles les plus lus

Buzz

Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

Météo

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale