Qu’est-ce que la littérature ? Des écrivains marocains répondent

Qu’est-ce que la littérature ? Des écrivains marocains répondent
Source : Lesiteinfo.com
23/01/2017 14:30

A l’initiative du Centre de Littérature Contemporaine, créé par Abdellah Baïda, Mamoun Lahbabi et Jean Zaganiaris, les éditions Marsam ont demandé à une trentaine d’écrivains marocains et résidents au Maroc leur définition de la littérature. Un florilège édifiant !

On s’en doute, les auteurs sont de savants et passionnés lecteurs. Lamia Berrada-Berca, auteure de Kant et la petite robe rouge, rappelle la distinction établie en son temps par le critique littéraire Roland Barthes opposant les « écrivants » utilisant la littérature à des fins communicationnelles et les « écrivains » accomplissant un travail sur la langue. Façon de regretter une publication de romans répondant davantage à des critères commerciaux que purement littéraires. Le psychanalyste Lacan parlait de « poubellication » pour désigner cet accaparement par la marchandise de ce qui n’a ni valeur ni prix. Mokhtar Chaoui, auteur du recueil de nouvelles Les Chrysanthèmes du désert, emboîte le pas à la romancière pour fustiger une anarchie éditoriale recherchant le profit avant toute qualité artistique. Il regrette ainsi que certaines plumes marocaines aient « succombé aux pires valeurs qui soient en matière d’art, celles de la précipitation, de l’impatience et de l’immodestie. Ils cherchent à être vite consacrés, vite célébrés, vite portés au panthéon ; sans passer par l’apprentissage, par l’exercice, par les affres de l’écriture ». Est-il besoin de citer des noms ? Le lecteur, amateur d’énigmes, se fera sa propre idée.Liberté j’écris ton nomDans sa contribution, Rita El Khayat, psychanalyste et anthropologue spécialiste du monde arabe,  analyse quelle peut être la force subversive d’une œuvre littéraire. Après avoir évoqué le retentissement qu’eut au XXe siècle la traduction en arabe du célèbre roman de Victor Hugo, Les Misérables, qu’elle rapproche du non moins célèbre recueil de Nagib Mahfûz, Awlâd Hâratinâ (Les Enfants de notre quartier), l’écrivaine rappelle que la littérature a souvent eu affaire à la censure. Si ces œuvres sont aujourd’hui devenues incontournables et unanimement célébrées, il n’est pas inutile de se souvenir que l’Egypte censura en 1979 la traduction arabe des Mille et une nuits ou que Le Passé simple de Driss Chraïbi et Le Pain nu de Mohamed Choukri ont eux aussi connu les affres de l’interdiction.Mais il est une forme plus sournoise de censure, celle qui décrète comme ne devant pas accéder au statut littéraire des sujets ou des motifs tabous. Auteure de Femme je suis et Contes d’une tête tranchée, Rachida Madani revendique une « écriture délinquante et subversive », qui ne plie pas devant les exactions et les crimes. ...




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