En Allemagne, l’accueil triomphal des réfugiés… au cinéma

En Allemagne, l’accueil triomphal des réfugiés… au cinéma
Source : Lemonde.fr International
03/02/2017 14:15

Gros succès outre-Rhin, le film « Willkommen bei den Hartmanns » est une comédie qui évoque avec subtilité la crise des migrants.

Près de 500 000 spectateurs la semaine du 3 novembre 2016 : cela faisait plus d’un an qu’un film allemand n’avait aussi bien démarré dans son pays. Deux mois et demi plus tard, on talonne les 4 millions d’entrées. Si le box-office est un baromètre de la société, le succès de Willkommen bei den Hartmanns (« Bienvenue chez les Hartmann »), comédie sur les réfugiés, est en phase avec la principale préoccupation outre-Rhin.

Selon un sondage réalisé pour le groupe public ARD et publié début janvier, 40 % des Allemands estiment en effet que la question des réfugiés est le dossier dont le gouvernement doit s’occuper en priorité cette année. Qu’ils soient prêts à en rire, alors que le débat dans le pays s’intensifie, est plus surprenant.

Les Hartmann, donc. Un couple de bourgeois bavarois à la vie un peu trop facile pour être trépidante. Elle, professeure d’allemand à la retraite qui se noie dans le vin blanc pour tuer l’ennui. Lui, chirurgien qui se fait botoxer le visage en cachette dans l’espoir de séduire des femmes plus jeunes que sa fille.

Un soir, alors que leurs deux enfants sont venus dîner à la maison, madame a une annonce à faire : « J’ai décidé d’accueillir un réfugié. » Pour monsieur, c’est évidemment hors de question. « Il n’y aura pas de réfugié dans cette maison. »

Le fils, golden boy au bord du burn-out, est d’accord : « Avec tous ces réfugiés, l’Allemagne a perdu le contrôle de la situation. » La chancelière allemande Angela Merkel s’invite dans la conversation. En deux minutes, le repas de famille vire au pugilat, les femmes quittent la table, tandis que les hommes vont se calmer à coups de vodka.

Ode à l’accueil des réfugiés

On ne dévoilera pas trop la suite, ou alors seulement pour dire qu’il y aura bien un réfugié dans la maison. Il s’appelle Diallo, vient du Nigeria, où sa famille a été tuée par la secte Boko Haram. Et, parce qu’il est musulman, la voisine a décrété qu’il ne pouvait être qu’un dangereux terroriste…

Raconté ainsi, tout cela peut paraître peu subtil. Certes, le réalisateur Simon Verhoeven, qui tourne ici son cinquième long-métrage, a encore un peu de chemin à faire pour être l’égal d’un Billy Wilder. Certes, la dénonciation du racisme à travers le motif de l’homme noir qui débarque dans une famille de Blancs n’est pas d’une grande nouveauté ; et, malgré leur talent, Senta Berger, qui joue le rôle de la mère, et Eric Kabongo, qui incarne le jeune Diallo, ne sont pas tout à fait du même calibre que Katharine Hepburn et Sidney Poitier dans Devine qui vient dîner ? (1967), de Stanley Kramer.

Mais, au fil de l’histoire, les personnages prennent une épaisseur inattendue. A commencer par Mme Hartmann, dont le grand cœur devient quelque peu embarrassant quand il la pousse, pour bien faire, à coller des Post-it sur chaque objet de la maison pour que celui qu’elle appelle « mon petit réfugié » apprenne l’allemand le plus châtié. ...

 

 




Recherche

En bref Voir plus



Les articles les plus lus

Buzz

Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

Météo

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale