Coup de projecteur sur l’édition marocaine

Coup de projecteur sur l’édition marocaine
Source : Le360.ma
17/02/2017 12:15

Sur fonds d" envolées lyriques au 23ème Salon international de l’édition et du livre (SIEL) de Casablanca, notre chroniqueur a tendu l’oreille vers d’autres échos, plus diversifiés.

Il y a d’abord eu cet article de notre inflexible mais méticuleuse consœur casablancaise Kenza Sefrioui, dans "Qantara", magazine de l’Institut du monde arabe à Paris , où elle déclare «le livre au Maroc, secteur sinistré» et rappelle  cruellement que seuls 2% des Marocains lisent des livres en arabe, en français ou en d’autres idiomes.

Un rapport scientifique

Et puis, surtout est venue la présentation à la presse, par Mohamed-Seghir Janjar de son rapport sur Edition et livre au Maroc en 2016. La réputation de sérieux de cet esprit scientifique dénué  de tout «àpeupreïsme» n’est plus à faire quand on connaît son travail en anthropologie sociale et culturelle et sur la mystique musulmane. De son poste à la fondation Roi-Abdelaziz-le Séoudite, à Casablanca, M. Janjar a su faire de cette institution, dont certains intellectuels se méfiaient lors de son ouverture en 1985, un véritable pôle de travail ouvert sur tous les mondes, dont celui de l’édition dans le Royaume du Maroc.

Une caravane inédite


La notion de «service de presse» n’ayant guère cours au Maroc, la Fondation a lancé à travers le pays une «caravane du livre», chargée d’identifier tous les acteurs, jusqu’aux plus  modestes, de l’édition, et d’acheter tous les livres récemment parus. Une collecte inédite  et parlante: dans une vingtaine de lieux, et donc pas seulement à Casablanca et à Rabat, la «caravane » a identifié 308 «producteurs de livres» professionnels ou institutionnels, en 2016.

Aussitôt, un éditeur marocain connu s’est levé pour dire que, selon lui, «il n’y a qu’une trentaine d’éditeurs dignes de ce nom au Maroc». M. Janjar a volontiers reconnu que «seuls 13% des 308 éditeurs marocains recensés par la Fondation sont en mesure d’éditer plus de dix titres par an».

Tout est là… Et encore sur les quarante principaux éditeurs cités dans le rapport 2016 de la Fondation, dix sont des émanations étatiques (ministères, instituts, hauts-commissariats, etc.), ce qui coïncide, pour les «vrais» éditeurs, avec le chiffre donné par l’éditeur contestataire  précité.

Baisse de l’édition en français

Une autre constatation de l’équipe d’enquêteurs suscitée par M. Janjar est que les titres publiés en français, au Maroc, l’an passé, ne représentent plus que 15% de l’ensemble des titres sortis des presses marocaines, contre 42% en 1985. ...

 

 




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