Hicham Lasri : "Chaque copie de mon nouveau roman graphique est différente de l'autre" (ENTRETIEN)

Hicham Lasri :
Source : Huffpost Maghreb
09/05/2017 17:00

Le réalisateur et bédéiste Hicham Lasri a présenté, lundi au Goethe Institut, son nouveau roman graphique Fawda (Chaos). L’histoire d’un personnage errant dans la médina de Casablanca, qui passe par différents états d’âme en se déplaçant d’un paysage à l’autre.

Après "Vaudou", l’auteur remet en question dans cette deuxième œuvre graphique les méthodes d’écriture conventionnelles. Il abandonne la narration classique pour proposer son regard sur Casablanca. Le lecteur est transporté dans un voyage autour de cette ville à qui l'auteur veut rendre hommage. Chaque planche du roman graphique se suffit à elle-même. L’absence de bulles marque le détachement des normes de la BD et souligne aussi la rupture de l'auteur avec sa précédente œuvre, où le personnage principal finissait par se tuer à l’aide d’une bulle. Pour en savoir plus sur Fawda, HuffPost Maroc est allé à la rencontre du prolifique artiste.

HuffPost Maroc: Comment est née Fawda?

Hicham Lasri : C’est parti d’une envie de raconter des moments, des bribes de Casablanca autour de la mosquée comme lieu emblématique ou point d’ancrage pour dessiner une vision de la ville. Progressivement et pendant 3 mois, j’ai commencé à dessiner tous les jours et à donner vie à un récit. Je ne cherchais pas à construire un scénario comme à mon habitude pour les films. Pour un travail graphique, il ne faut pas s’enfermer dans des schémas complexes. Je voulais vivre un moment d’errance dans ce roman graphique.

De quoi parle ce roman graphique ? L'histoire transcrit le point de vue d’un enfant qui traverse la ville et commence à développer et à ressentir des émotions. C’est peut-être la puberté, ou le fait qu’il tombe amoureux... En tout cas, quelque chose se passe en lui et modifie sa vision du monde. En errant, il regarde à travers une serrure et découvre un autre monde dont il ignore l'existence. C’est une métaphore indiquant le passage à l’âge adulte. Vous avez décidé d'utiliser la méthode d’impression de la risographie (une technique d'impression mécanique).

Apporte-t-elle quelque chose de plus au roman? La risographie traduit le mieux l'effet que je recherche. Grâce cette technique, les couleurs se font en deux couches sur une même page, et s’il y a un décalage de quelques millimètres, l’encre ne tombe pas au même endroit. Rien n’est donc sûr pendant l’impression et c’est un peu ce que j’essaie toujours de raconter, que les choses ne sont pas toujours très claires. Et mon roman reflète quelque part cette philosophie-là. Je voulais créer un livre expérimental, en dehors des sentiers battus, loin du premier degré d’impression. Le télescopage avec une machine (d’impression, ndlr) qui peut être capricieuse, c'est un peu comme lorsqu’on tourne. On ne peut pas contrôler la lumière du soleil. La risographie permet d’obtenir des résultats exceptionnels et de prolonger ainsi le plaisir de la création. Chaque copie sera donc différente de l’autre et on en a bien besoin dans le monde du conformisme.  ...




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