Au Maroc, un ex-salafiste relance le débat sur l’inégalité dans l’héritage

Au Maroc, un ex-salafiste relance le débat sur l’inégalité dans l’héritage
Source : Lemonde.fr International
18/05/2017 16:00

En cas de succession, une Marocaine reçoit moitié moins qu’un homme. Abou Hafs, islamiste repenti s’est déclaré favorable à « un débat sérieux » sur cette question.

Cela aurait pu venir de différents ­endroits. Des associations de défense des droits de l’homme, d’intellectuels ­engagés, d’hommes ou de femmes politiques. Après tout, la question de l’égalité ­entre hommes et femmes dans l’héritage – actuellement, au Maroc, une femme reçoit moitié moins qu’un homme en cas de ­succession – est récurrente au Maroc. Mais, à la surprise générale, c’est cette fois un ­ex-cheikh salafiste, Abou Hafs, qui vient de la relancer. Invité de l’émission « Confidences de presse » sur la chaîne publique 2M, mardi 16 avril, l’homme a affirmé être favorable à « l’ouverture d’un débat sérieux » sur ce sujet. Tollé garanti.

Abou Hafs n’est pas n’importe qui. De son vrai nom Mohammed Abdelwahab Rafiqi, cet ancien prédicateur radical de 43 ans a été ­condamné à trente ans de prison après les ­attentats de Casablanca en 2003 (45 morts, dont 12 kamikazes) pour lesquels la mouvance islamiste avait été pointée du doigt. Quelques années plus tard, il avait, depuis sa prison, commencé à faire son mea culpa idéologique et à revenir dans le giron des autorités. Gracié en février 2012 par le roi Mohammed VI, ­il s’affiche désormais dans la lutte contre ­l’extrémisme religieux à travers le centre de réflexion Al-Mizane, qu’il dirige. Personnage très médiatisé, il s’était présenté aux élections ­législatives de 2016 avec le Parti de l’Istiqlal (parti de l’indépendance, conservateur), sans être élu.

« Mur infranchissable »

Ses déclarations sur l’héritage ont été immédiatement condamnées par le courant ­salafiste, et notamment par certains de ses ­anciens camarades. « Comment un aliéné peut affirmer que le droit à l’héritage n’est pas une ­ligne rouge alors qu’il s’agit d’un mur infranchissable ? », a dénoncé Hassan Kettani, figure du ­salafisme marocain. Abou Hafs s’est même vu ­exclure par une organisation des oulémas du Maghreb, basée à Genève. Lui a expliqué avoir reçu des menaces de mort, mais aussi de nombreux messages de soutien sur les ­réseaux sociaux. ...

 

 




Recherche

En bref Voir plus



Les articles les plus lus

Buzz

Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

Météo

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale