A Agadir, un atelier pour que le Sud produise mieux ses documentaires et les fasse connaître au Nord

A Agadir, un atelier pour que le Sud produise mieux ses documentaires et les fasse connaître au Nord
Source : Lemonde.fr Afrique
23/05/2017 16:00

Au Maroc, le Fidadoc a réuni auteurs, réalisateurs et producteurs africains pour les former à maîtriser toute la chaîne de fabrication des films.

 

L’Afrique regorge de documentaristes de talent. Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur la sélection du Festival international du film documentaire d’Agadir (Fidadoc), dont la neuvième édition s’est déroulée du 8 au 13 mai au Maroc. Parmi les réalisateurs présents, le Malien Ousmane Samassekou, lauréat du grand prix Nouzha-Drissi pour son film Les Héritiers de la colline, qui raconte les dérives de l’Association des élèves et étudiants du Mali, véritable école du pouvoir pour apprentis politiciens.
Citons aussi la Nigérienne Amina Weira, auteure de La Colère dans le vent, qui décrit à travers les yeux de son père, mineur retraité, sa ville d’origine, Arlit, où l’entreprise française Areva exploite l’uranium depuis 1971. Un troisième exemple : le Burkinabé Simplice Ganou, qui, dans son film Le Koro du Bakoro, naufragés du Faso, fait le portrait de Polo, 29 ans, qui vit dans la rue depuis l’âge de 12 ans.

« Que le film n’échappe pas au producteur africain »

« Ces films que nous aidons à développer commencent à voyager et ces réalisateurs à se faire connaître, se réjouit Hicham Falah, délégué général du Fidadoc. Mais souvent, les producteurs africains ne sont pas à la hauteur des exigences. Ils sont peu nombreux à comprendre l’enjeu de la création documentaire : l’accompagnement dans l’écriture du film, la recherche de fonds, le déploiement d’une stratégie à l’international… Tout ça est lié à un manque de formation. »

C’est pour relever ce défi de la production que le Fidadoc a accueilli un atelier « Produire au Sud », en partenariat avec le Festival des 3 Continents de Nantes (France). Six projets portés par des producteurs africains ont été retenus. Pendant six jours, ils ont pu échanger avec d’autres producteurs forts de plusieurs années d’expérience, mais aussi avec un scénariste et un juriste. Tous se sont entendus sur un point : ils manquent de formation.

Le Sénégalais Mamadou Sellou Diallo est enseignant chercheur en cinéma à l’université Gaston-Berger, à Saint-Louis – où un master « documentaire de création » a vu le jour en 2007 –, mais aussi cinéaste et producteur, via la société Les Films de l’atelier. Il porte le projet du réalisateur sénégalais Mamadou Khouma Gueye, Les Musiciens du vendredi, qui raconte l’inventivité des habitants d’un bidonville de Dakar qui, chaque jeudi soir, se transforme en véritable scène musicale. « Je suis devenu producteur par accident, explique Mamadou Sellou Diallo. Il n’y a pas de producteurs de documentaires au Sénégal, alors pour faire exister des œuvres, il faut parfois sacrifier son propre désir de cinéma. » ...


 




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