Le baiser de la honte : Le monde se soulève pour le droit aux libertés individuelles en Tunisie

Le baiser de la honte : Le monde se soulève pour le droit aux libertés individuelles en Tunisie
Source : Lesinfos.ma
18/10/2017 18:00

Nessim Ouadi, âgé de 33 ans et son amie ont été incarcérés en Tunisie à cause d’un baiser consenti, échangé dans sa voiture. Suite à un « procès-express » le 4 Octobre dernier, il a écopé 4 mois et demi de prison, alors que son amie 3 mois, pour « atteinte à la pudeur » entre autres. Aujourd’hui se tient le deuxième procès de l’affaire, suite à l’appel fait par son avocat. L’occasion pour nous de revenir sur les détails de cette histoire insolite, qui a su choquer la toile et soulever grande polémique partout dans le monde, autour d’une cause de taille…

Disney a beau « faire bercer » le monde d’illusions quant au fameux « baiser romantique » qui clôt en beauté toute grande histoire d’amour, ce n’est clairement pas le cas de l’affaire de Nessim Ouadi en Tunisie. Censé nous arracher une petite larme d’émoi, l’affaire du « baiser interdit » de Nessim Ouadi, de nationalité franco-algérienne, a su au contraire soulever colère et indignement partout dans le monde, tuant par la même occasion le peu de rêves d’enfants qu’on gardait.

Mobilisation au niveau international…

Incrédules, grand nombre de personnes ont exprimé leur choc du fait que la plus simple et pure manifestation d’amour entre adultes, est passible de peine de prison ferme en Tunisie. Une pétition a été soulevée pour cette cause sur « Change.org », appelant à la libération du dit-couple, tout en dénonçant le manque de libertés individuelles dont sont privés nombre de citoyens en Tunisie, comme dans plusieurs autres pays arabo-musulmans. Le grand nombre de signatures s’élevant à plus de 50.000, a permis de médiatiser l’affaire et en faire une affaire publique d’envergure internationale. D’ailleurs, grand nombre de médias internationaux ainsi que d’associations de protection des droits de l’Homme ont dénoncé le manque de libertés individuelles en Tunisie, appelant à la dépénalisation du baiser dans les lieux publics, ainsi qu’à la libération des deux tourtereaux.

Dans ce cadre, plusieurs personnalités publiques ont partagé des photos de baisers publics, pour dénoncer l’incarcération du couple, dont le député tunisien Raouf El May, qui a commenté sa photo en déclarant : « Je me soustrais de la protection parlementaire dont je jouis dans ce cas-là... Voilà un bisou affiché en public ! Dans quel commissariat dois-je me rendre, afin d’être arrêté ! ».

De son côté, l’ambassadeur de France en Tunisie a déclaré faire totalement confiance dans la justice tunisienne pour trouver une fin heureuse à cette affaire, mais qu’il ne peut apporter que soutien à Nessim et à sa famille. »

Des effets psychologiques destructeurs pour les jeunes détenus…

De son côté Nessim, qui était en voyage d’affaires en Tunisie, affirme ne rien regretter, puisqu’il a été respectueux et n’a commis aucune faute morale. Ses proches affirment qu’il paraît très fatigué, même s’il est traité de façon « convenable » en prison. De son côté, Nessim dénonce l’injustice qu’il subit, et déclare se sentir très mal pour son amie, puisqu’elle est une femme très respectable, et ne mérite pas du tout son sort. Des rumeurs courent autour d’une potentielle tentative de suicide que la jeune femme aurait tentée pour mettre fin à ses jours. Des propos niés par l’avocat de cette dernière, dans sa dernière apparition. Toutefois, il affirme que sa cliente traverse une crise psychologique et une dépression intense, suite à son emprisonnement.

Des lois archaïques, et un débat sociétal type :

Les internautes ainsi que les associations et acteurs de la société civile ont, dans leur majorité, exprimé leur regret du fait que des lois archaïques sont toujours appliquées dans des pays en pleine mutation démocratique, comme la Tunisie. Un débat qui vient intéresser aussi nombre de marocains, qui n’ont pas hésité à partager à leur tour des photos de « baisers » en guise de soutien à la cause de Nessim et son amie. D’ailleurs, en parallèle à cette histoire, le débat fait rage au Maroc quant aux bavures linguistiques commis par le ministre des droits de l’Homme Hassad, et ses idées ultras conservatrices.

Jusqu’à quand les marocains, tunisiens et autres citoyens de pays maghrébins verront-ils leurs droits et libertés bafoués ? Là est la question…  




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