La crise libanaise en trois points

La crise libanaise en trois points
Source : lesinfos.ma
20/11/2017 15:00

Le premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé qu’il serait de retour au Liban le mercredi 22 novembre prochain. En attendant les prochains développements, lesinfos.ma revient, en trois points, sur la crise qui secoue le pays du cèdre.

Saad Hariri est toujours premier ministre de la République du Liban

« J'annonce ma démission du poste de Premier ministre ». C’est ainsi que Saad Hariri a annoncé sa volonté de quitter ses fonctions de chef du gouvernement libanais, samedi 4 novembre 2017. L’annonce a été faite depuis l’Arabie Saoudite lors d’un discours retranscrit par la chaîne à capitaux saoudiens Al Arabiya, basée à Dubaï. Pour autant, peut-on affirmer que Saad Hariri n’est plus premier ministre ? La réponse est non. Pour qu’elle soit effective, cette démission doit être approuvée par Michel Aoun, président de la république libanaise. En cas de confirmation de la démission, Michel Aoun devra confier la gestion des affaires courantes au gouvernement jusqu’à la nomination d’un nouveau premier ministre. Une nomination, qui selon plusieurs observateurs, prendrait beaucoup de temps du fait des profondes divisions que connait la vie politique libanaise.

 

L’Iran et le Hezbollah ouvertement pointés du doigt par le premier ministre

« L’Iran a une mainmise sur le destin des pays de la région. (…) Le Hezbollah est le bras de l’Iran, non seulement au Liban, mais également dans les autres pays arabes, a déclaré Saad Hariri en annonçant sa démission. « Je sens que ma vie est visée ».

Soutenu par l’Iran qui a rejeté ces « accusations sans fondements », le Hezbollah chiite est le seul parti politique libanais à avoir gardé ses armes après la fin de la guerre civile. Un armement qui lui a permis de combattre l’armée de Tsahal pour la libération du Sud-Liban occupé. Le parti de Cheikh Nasrallah est aussi un allié de premier ordre du régime de Bachar Al Assad dans la guerre contre Daech. Enfin, ce parti est la bête noire de deux puissances régionales : Israël évidemment et l’Arabie Saoudite, d’où Saad Hariri a présenté sa démission… et dont il possède la citoyenneté. Si Saad Hariri accuse l’Iran, le président libanais Michel Aoun a quant à lui accusé l’Arabie Saoudite de détenir le premier ministre. Une accusation qui n’a rien de surprenant lorsqu’on sait que Michel Aoun a été élu avec le soutien du Hezbollah.

 

Le Liban est au cœur de la compétition régionale entre l’Arabie Saoudite et l’Iran

Le Liban se trouve coincé entre les deux puissances économiques et militaires régionales que sont l’Arabie Saoudite sunnite et l’Iran chiite. Deux pays qui se livrent à une compétition et utilisent plusieurs Etats de la région, dont le Liban, pour asseoir leur leadership. Une chose est sûre : après les guerres en Irak et en Syrie entraînant la perte du leadership de Bagdad puis de Damas, une place reste à prendre. Le match Téhéran-Riyad ne fait que commencer.




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