Trois cadres de Lafarge mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste".

Trois cadres de Lafarge mis en examen pour
Source : Lesinfos.ma
01/12/2017 18:25

Trois responsables du groupe Lafarge viennent d’être mis en examen notamment pour « financement d’une entreprise terroriste ». L'enquête en cours vise entre autres à définir la responsabilité du groupe.

Lafarge, le leader français du matériel de construction, est dans une position pour le moins délicate. Trois cadres de l’entreprise française ont été mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste", vendredi 1er décembre. Il s'agit de Frédéric Jolibois, directeur de l’usine syrienne du groupe à partir de 2014, Bruno Pescheux, son prédécesseur entre 2008 et 2014, et Jean-Claude Veillard, directeur central de la sécurité au siège de Lafarge.

La justice leur reproche entre autres d’avoir versé des fonds aux factions militaires de Daech ayant contrôlé la zone où est implantée la cimenterie dans le nord de la Syrie.

« Mise en danger de la vie d’autrui »

Créée en 2008, en période de paix, la cimenterie avait maintenu ses activités, espérant ainsi pouvoir participer à la reconstruction du pays une fois la guerre terminée. Les dirigeants de Lafarge avaient dénoncé une «économie de racket» dont ils auraient été victimes. Il s’agissait de verser environ 100 000 dollars par mois – dont «seulement» 20 000 pour Daech, selon eux – pour garantir le maintien de la cimenterie. Des faits qui ont poussé l’ONG française Sherpa de défense des victimes de crimes économiques à déposer plainte, mardi 15 novembre dernier, auprès du doyen des juges d’instruction de Paris pour « financement du terrorisme », « complicité de crimes contre l’humanité », « complicité de crimes de guerre », « mise en danger de la vie d’autrui » et d’autres infractions connexes. La plainte a été déposée conjointement avec le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme de Berlin. Une plainte complémentaire a été introduite par le ministère français de l’Economie et des finances. Mais, celle-ci ne concerne que la violation de l’embargo économique sur la Syrie décrété en 2012.

Lafarge s’était maintenue, au risque de mettre en péril ses employés Syriens. Il s’agit de l’objet principal de la plainte de Sherpa. En effet, lorsque la direction française et les cadres expatriés de la cimenterie s’étaient exilés en Egypte, ils avaient laissé en première ligne des employés Syriens, dans une zone contrôlée par les troupes d’EI…

 

L’enquête en cours aura pour objectif de définir la responsabilité du siège parisien du groupe Lafarge… voire même celle du Quai d’Orsay. En effet, le ministère des Affaires étrangère français  était parfaitement au courant du maintien de la cimenterie Lafarge en Syrie, mais n’a jamais sommé le groupe de quitter le pays en guerre. 




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