Nos hauts fonctionnaires sont-ils trop payés ?

Nos hauts fonctionnaires sont-ils trop payés ?
Source : LesInfos.ma
09/01/2018 20:00

La majorité semble déterminée à fixer un plafond aux rémunérations et autres avantages perçus par les hauts fonctionnaires de l’État, jugés excessifs et coûteux pour les caisses du pays.

Un projet de loi proposant de plafonner les salaires et indemnités des hauts fonctionnaires de l’État à 100.000 dirhams par mois est examiné ce mardi 9 janvier. Cette proposition initiée par la totalité des élus de la majorité, et datant du 17 novembre, a pour vocation « l’allègement du poids des salaires [des hauts fonctionnaires, ndlr], de leurs indemnités – y compris forfaitaires – ainsi que les différents avantages dont ils jouissent afin de limiter leur impact sur le budget de l’État et ainsi garantir une équité et une justice sociale ».

Des salaires largement supérieurs à la moyenne

Mohamed Boussaïd, Ministre de l’Économie et des Finances de son état, a longtemps pointé du doigt l’irrationalité de certains salaires de hauts fonctionnaires des établissements publics allant jusqu’à tirer la sonnette d’alarme sur leur aspect « illégal » avant de nuancer en rappelant que, concurrence oblige entre les secteurs privé et public, certains revenus, qualifiés de concurrentiels, restent justifiés.

Rappelons que près de 4% de ces hauts fonctionnaires touchent un salaire mensuel dépassant les 130.000 dirhams par mois, 5% touchent entre 80.000 et 100.000 dirhams, 6% touchent entre 65.000 et 80.000 dirhams, 30% touchent entre 45.000 et 65.000 dirhams et 51% touchent entre 25.000 et 45.000 dirhams, ce qui rend ces rémunérations beaucoup trop élevées en comparaison avec la moyenne nationale qui est d’environ 7.700 dirhams. Ce salaire moyen de la fonction publique, bien que plus élevé que celui du secteur privé, reste très éloigné des rémunérations et autres avantages perçus par les plus hauts fonctionnaires de l’État.

L’Égypte, la Grèce et la France : des modèles à suivre

Cette proposition de loi souligne l’efficacité observée desdits plafonnements en Égypte, en Grèce ou encore chez nos voisins de l’Hexagone. D’ailleurs en France, à titre d’exemple, l’ancien Président – François Hollande – avait plafonné la rémunération des patrons des groupes détenus majoritairement par l’État à 450.000 euros par an, et ce, peu importe leur performance. C’est le cas notamment des patrons de La Poste, la SNCF ou encore EDF. A contrario, pour les entreprises dans lesquelles l’Etat est minoritaire, c’est une toute autre affaire. En effet, les salaires explosent ledit plafond et le dépassent largement. Prenons le cas du patron d’une entreprise comme Orange. Le PDG touche en moyenne plus d’1,3 million d’euros dont 418.000 de part variable, par an, soit près de trois fois le salaire des grands patrons d’établissements publics.

Toutefois, nombre de polémiques n’épargnent pas non plus nos voisins Français. La plus récente étant celle des salaires des hauts fonctionnaires des finances publiques jugés « sur-rémunérés » par la Cour des comptes qui pointe du doigt le décalage significatif entre les revenus des mis en cause et ceux d’autres hauts fonctionnaires.

Les élus locaux quant à eux perçoivent des salaires variant entre 1.520 euros pour un conseiller général d’une petite localité à plus de 8.600 euros pour le Maire de Paris (salaire le plus élevé, ndlr), leurs indemnités - non incluses - sont calculées en fonction de la taille des collectivités et leurs frais de représentation et ne dépassent pas les 2.000 euros par mois.

Dans le cas où le projet de loi est validé, le plafonnement sera effectif dans l’immédiat. Néanmoins, certains hauts fonctionnaires à la tête de postes stratégiques seront épargnés, certainement pour éviter – grâce à des salaires compétitifs – de les voir « migrer » vers le secteur privé. Si certains membres de la majorité se disent sceptiques face à de telles mesures, les auteurs du plan semblent déterminés à faire entendre leurs voix et… à sauver les caisses de l’État.   




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