Les femmes « Adouls » au Maroc, quid de la question de la « Chahada » ?

Les femmes « Adouls » au Maroc, quid de la question de la « Chahada » ?
Source : LesInfos.ma
23/01/2018 11:35

La rumeur allait bon train depuis plusieurs mois dans les couloirs du ministère de la Justice sans pour autant être confirmée. Aujourd’hui c’est chose faite, les femmes pourront (enfin) exercer la profession de notariat traditionnel, jusqu’ici monopolisée par les hommes. Si cette décision peut être perçue comme une avancée en matière des droits des femmes, qu’en est-il de la question épineuse de la « Chahada », qui voudrait – selon l’islam – que le témoignage d’une femme ne vaille que la moitié de celui d’un homme ?

C’est ce lundi 22 janvier, pendant le conseil des ministres présidé par le Roi Mohammed VI, que cela a été décidé. Les Marocaines pourront dorénavant exercer la profession de « Adoul » jusqu’ici exclusivement réservée aux hommes, une fois les textes de loi proposés et approuvés. Le Roi a en effet chargé le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar, de prendre les mesures nécessaires dans la réalisation de cet objectif.
Cette décision a été examinée conjointement par le ministre de la Justice et le conseil des Oulémas qui a tranché positivement « dans le respect des dispositions de la « Chariâ » relatives au témoignage, les constantes religieuses du Maroc et en premier lieu les principes malékites », comme le rapporte la MAP.
Cette avancée arrive à point nommé et « en considération du haut niveau de formation et de culture scientifique acquis par la femme et de la qualification, la compétence et la capacité dont elle a fait preuve dans les différentes hautes fonctions qu’elle a assumées », continue le communiqué.

La « Chahada », point épineux

Ce changement, qui viendrait donc légitimer la place des femmes dans une profession jusqu’ici exclusivement masculine, interroge notamment sur l’aspect de la « Chahada » telle qu’appliquée dans la religion musulmane. En effet, en islam, le témoignage d’une femme vaut la moitié de celui d’un homme comme en atteste le verset coranique de Surat Al Baqara : « Demandez le témoignage de deux témoins parmi vos hommes, si vous ne trouvez pas deux hommes, choisissez un homme et deux femmes parmi ceux que vous agréez pour témoins, afin que si l'une des deux femmes se trompe, l'autre lui rappelle ce qu'elle aura oublié ». Partant de ce postulat, quel compromis ont trouvé les partis concernés ? Dans une communication avec le ministère de la Justice, notre interlocuteur nous informe que « à ce stade et avant la proposition d’un projet de loi, rien n’a été décidé mais les textes veilleront certainement au respect des principes de la religion. Encore au stade de projet donc, il faudra attendre pour enfin avoir des réponses concrètes ».

En effet, dans le cas où les fondements religieux seraient appliqués à la lettre, le nombre de femmes « Adouls » sera doublé. À titre d’exemple, pour la célébration d’un mariage, il faudra compter quatre femmes « Adouls » au lieu des deux habituels quand il s’agit des hommes. Ces questions, encore en suspens, auront des réponses définitives une fois les textes proposés et validés.  







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