La professionnalisation du métier de chiffonnier : Le défi de l’association « Bahri » [Vidéo]

La professionnalisation du métier de chiffonnier : Le défi de l’association « Bahri » [Vidéo]
Source : LesInfos.ma
26/01/2018 12:00

C’est via un tutoriel que l’association « Bahri » explique aux Casablancais la marche à suivre pour trier leurs déchets. À travers son action, rare au Maroc, l’association incite ainsi les citoyens à penser au recyclage tout en amorçant une professionnalisation du métier de chiffonnier, qui en a réellement besoin. 

D’une pierre deux coups. Depuis trois ans, l’association « Bahri » - initialement fondée pour protéger le littoral et l'environnement grâce à des opérations de nettoyage des plages – s’est lancée dans le tri des détritus. L’idée est ingénieuse : tout en incitant le citoyen à adopter un comportement responsable, Bahri engage des chiffonniers qui exercent leur métier de manière plus professionnelle, efficace et hygiénique. Ce qui est révolutionnaire pour ce gagne-pain rongé par la précarité et les hauts risques pour la santé de ceux qui s’y aventurent.

Ainsi, les chiffonniers qui collaborent avec l’association jouissent de plusieurs avantages qui leurs facilitent grandement la tâche. En plus d’être complètement indépendants et d’encaisser donc leurs bénéfices dans leur totalité, ils disposent de plannings précis pour effectuer leurs collectes. Leurs tournées se font à bord de triporteurs gracieusement offerts par les partenaires de l’organisation et ils travaillent désormais dans un cadre plus « propre » vêtus d’uniformes qui les rendent plus facilement repérables. « Ils sont totalement indépendants. De notre côté, nous nous occupons de leur promotion tout en leur offrant les conditions de travail dignes. Ils sont facilement joignables et les aidons à gérer leur temps en établissant leurs plannings, affichés sur leurs pages Facebook, pour que les intéressés les contactent directement en se référant à leurs emplois du temps», nous informe Nadia Jacquot, chargée de projet chez Bahri. Les chiffonniers sont d’ailleurs sollicités par les citoyens lambda tout autant que par de grandes entreprises comme Danone.

Une fois qu’ils récupèrent les déchets, ils les revendent aux détaillants classiques, aux vendeurs de produits ménagers ou encore aux sociétés de production de nourriture pour les animaux. « Ce qui est important à savoir c’est qu’ils sont passés de la précarité à la stabilité. Financés grâce à nos partenaires, ils sont parvenus à quadrupler leurs revenus et l’un d’entre eux, sans domicile fixe, a même réussi à obtenir un logement. Ils travaillent dans la propreté et ne sont plus réduits à fouiller dans les poubelles de la ville ! ». Nous confie la chargée de projet.

À quand une prise de conscience de l’Etat ?

Les « récupérateurs informels » - qui se comptent par milliers sur le territoire marocain et que l’on reconnaît grâce à leurs charrettes surchargées qu’ils poussent à travers nos rues - souffrent d’une précarité dramatique. Pourtant, le Maroc gagnerait beaucoup en « officialisant » leur métier. En effet, l’emploi légal et digne de ces pros du recyclage permettrait au pays d’accélérer la réalisation de ses objectifs écolos, notamment dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre fixée à -13% d’ici 2020. Ainsi, dans un rapport gagnant-gagnant, cette frange pauvre de notre société gagnerait un salaire fixe mensuellement tout en jouissant d’avantages sociaux dignes en contrepartie d’une main-d’œuvre qui serait bénéfique pour le Royaume qui dépenserait moins en termes d’importation de matières premières, entre autres avantages.

Malheureusement, encore aujourd’hui, ces chineurs de fortune – ceux qui n’ont pas la chance de croiser des associations conscientes de leur détresse – sont toujours réduits à travailler dans l’informel tout en traînant une mauvaise réputation, liée au manque d’hygiène de leur métier, et qui leur colle à la peau dans l’indifférence quasi-générale.







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