Vidéo du patient filmé et exposé à son insu : L’incohérence de Mustapha Ramid

Vidéo du patient filmé et exposé à son insu : L’incohérence de Mustapha Ramid
Source : LesInfos.ma
07/02/2018 14:25

Depuis samedi dernier, une vidéo-polémique montrant l’extraction d’une canette de soda du rectum d’un patient sous anesthésie, agite la toile. Ce déballage, sans l’accord de la victime, indigne l’opinion publique. Mustapha Ramid, tout en promettant des sanctions aux fauteurs, brille quant à lui par son incohérence.

Depuis samedi dernier, une vidéo agite la toile et indigne l’opinion publique. Une opinion publique unanime dans la condamnation de ce film amateur, d’une minute, qui relaye l’opération délicate (dans tous les sens du terme) d’un patient à qui l’on retire une cannette de soda du rectum… avec pour bruit de fond, les commentaires cruels et l’hilarité du corps médical présent au moment de l’intervention.

Que le lecteur se rassure, il ne s’agit pas là de se demander comment et pourquoi cette cannette s’est malencontreusement insérée dans un espace qui ne lui est définitivement pas destiné. Non. Il est plutôt question de se demander si le voyeurisme 2.0 prend le pas sur les principes – inébranlables dans une norme qui se veut universelle – de la médecine tenue au secret professionnel strict.

Cette équipe médicale, censée donc faire son travail – celui-là même qui consiste à guérir, sauver sans distinction aucune tout en faisant fi de la vie privée de ses patients – a violé, pour le sacro-saint buzz, les fondements mêmes de sa profession en un temps record tout en provoquant la colère d’un Mustapha Ramid totalement… incohérent. Une prouesse.

Bien entendu, vous vous doutez bien que les commentaires scandalisés sur la toile ne sont pas étrangers aux réactions rapides et parfois même insolites de certains concernés ! L’histoire nous a même prouvé, à plusieurs reprises, l’efficacité d’une colère unanime et loquace dans le monde virtuel et ses conséquences rapides dans la vie réelle. Et c’est ainsi donc que nous apprenons que l’impact est tel que Mustapha Ramid, ministre d’État chargé des droits de l’Homme, est monté au créneau pour défendre la dignité humaine du patient publiquement humilié.

Bon, en temps normal, la sortie médiatique dudit ministre aurait été légitime et grandement bienvenue même. Mais quand cette dénonciation – certes louable - vient de la bouche de ce même ministre qui ne se gêne pas pour humilier publiquement ses compatriotes aux tendances sexuelles « autres » que les siennes en les traitant de « déchets » tout en enfonçant le clou dans des publications tendancieuses sur les réseaux sociaux, j’avoue ne plus savoir sur quel pied danser… j’en perds même mon dialecte ! Je ne comprends pas la logique de notre vénérable ministre mais suis contrainte de la respecter, certainement consciente que le politiquement correct est de mise même quand l’incohérence est flagrante. Toutefois, l’hypothèse que Monsieur Ramid aurait enfin compris que l’humiliation publique est une faute grave, n’est pas à exclure, soyons optimistes. Auquel cas, il devrait tout de même songer à s’excuser de ses nombreux dérapages où une frange de notre société a été copieusement et ouvertement insultée. Pourquoi pas. Soyons rêveurs.

La bonne nouvelle, étant donné qu’il y a tout de même une suite logique à ce fait-divers, c’est que Mustapha Ramid est jusqu’au-boutiste sur ce coup. Tout en sommant le président de l’Ordre des médecins de se saisir de l’affaire pour sanctionner les coupables de cette nouvelle forme de viol collectif, il promet que des mesures exemplaires seront prises une fois les fauteurs démasqués. Nous n’en attendions pas moins de lui et de tous ceux qui sont concernés de près ou de loin par ce désastre.

Cette affaire, accrochant le Maroc à son habituel côté insolite, témoigne de l’inconscience certaine des auteurs de cette vidéo. Ces médecins et infirmiers qui, pour assouvir une envie malsaine de buzz, n’ont pas hésité à offrir aux Marocains une intrusion « exclusive » dans l’intimité d’un patient. Un patient à qui il n’a pas été aisé à la base, j’imagine, de se présenter aux urgences pour demander de l’aide dans une situation aussi dangereuse que délicate. La colère légitime de ceux qui ont subi ce spectacle indescriptible tant il est d’une violence inouïe, est au final positive, puisqu’elle a conduit les responsables à sortir de leur mutisme et à prendre leurs responsabilités… quitte à ce qu’un ministre coupable d’humiliation publique d’une catégorie de ses compatriotes, brille par sa contradiction.

Quant au corps médical, l’inconscience de cette poignée de confrères lui porte un coup dur supplémentaire surtout dans un moment où il est accablé par moult accusations (dont je n’émettrai aucun commentaire quant à leur véracité, le sujet étant autre) portées par les médias. Au-delà de la gravité de cette histoire, ne tombons tout de même pas dans la généralisation. Cette exception malsaine, d’extrême violence et rareté, ne méritant même pas l’honneur de confirmer la règle prédominante.




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