Une Saint Valentin sous l’emblème de Tarik Ramadan

Une Saint Valentin sous l’emblème de Tarik Ramadan
Source : LesInfos.ma
14/02/2018 12:25

« Voilà, qu’encore une fois, un collectif d’associations marocaines, se mobilise pour défendre et soutenir un homme accusé de viols et de violences. Une honte ».

Je me suis réveillée ce matin avec la volonté ferme de passer une bonne journée. Il fait beau, les oiseaux gazouillent et on m’a même laissée traverser sur un passage piéton sans insultes ni klaxons énervés. Tous les ingrédients étaient donc rassemblés pour que moi, Marocaine libre et un chouïa stressée, passe une excellente journée dans la quiétude et la bonne humeur. Et c’était bien parti chers lecteurs, très bien parti même. Même les publications diffusées sur mes réseaux sociaux étaient ornées de messages d’amour - Saint Valentin oblige - de citations niaises mais poétiques et de déclarations enflammées de quelques couples adeptes de l’étalage public. Tout allait bien donc !

Puis soudain, entre la photo d’une boîte de chocolats et le statut d’un célibataire désespéré, je suis tombée sur une publication pour le moins surréaliste. J’apprends, dans un Flyer jeté sur la toile, que dans le cadre de « l’initiative nationale (carrément !) de soutien à Tarik Ramadan », un collectif d’associations marocaines invite le grand public marocain ce samedi 17 février à Casablanca, à assister à une rencontre ouverte en soutien au professeur et islamologue. Rien que ça. Pendant une minute, où je suis restée complètement immobile tout en essayant de définir mon sentiment, j’ai eu cette mauvaise sensation de déjà-vu. Ce sentiment de désarroi où je réalise, qu’encore une fois, des compatriotes – qui s’octroient une légitimité à coups d’associations – osent défendre un homme accusé de viols et de violences tout en prétendant défendre une justice indépendante. Il est à signaler tout de même que cette même justice ne s’est toujours pas prononcée sur le sort de l’accusé.

Nous l’avions déjà vécu en 2016. Oui rappelez-vous, chers lecteurs et compatriotes, quand un autre collectif - de personnalités publiques et de concitoyens lambda - s’était rassemblé devant le consulat français à Casablanca pour soutenir Saad Lamjarred, un autre accusé de viol et de violences. Rappelez-vous la honte ressentie quand notre Marocanité sacrée et notre honneur avaient été jetés en pâture et salis par les nôtres.

Figurez-vous qu’aujourd’hui le même schéma se reproduit et que cette mobilisation entachera davantage la réputation de notre pays. Le Maroc, qui souffre de l’image d’un pays clément envers les violeurs et surtout quand ceux-ci sont connus, riches et – ou beaux, a-t-il vraiment besoin de ces illuminés qui tentent de défendre, très mal, l’honneur de leur gourou ?

Tarik Ramadan, l’un des musulmans les plus influents du monde, est aujourd’hui accusé – dans le sillage du mouvement mondial « #MeToo » - de viols et de violences. Tarik Ramadan, aujourd’hui écroué et objet d’une enquête approfondie de la part des autorités françaises, est un accusé qui, en cas de faits avérés, payera sa dette envers la société ou, a contrario, sera relâché et blanchi. Malheureusement, nous assistons aujourd’hui à un inversement de procédure et de rôles. L’accusé est innocenté avant son procès et les victimes présumées sont élevées au rang de bourrelles opportunistes, probablement amoureuses éconduites et certainement à la solde d’un ennemi occulte et complotiste. Vous voilà prévenus. L’histoire se répète et ce refrain malsain et entêtant sera l’unique réponse des adeptes de Tarik Ramadan pour lui laver son honneur, coûte que coûte. Un honneur qui, aujourd’hui, s’est transformé en l’honneur de toute une religion parce que l’islamologue serait en plus notre nouveau prophète, intelligent et bel orateur qu’il est.
Les initiateurs de cette catastrophe monumentale sont les associations « Al Massar, Anwaar, Espace Cadres, Arri’aya, l’Association Marocaine de défense de l’indépendance de la justice ». Je ne sais pas si vous connaissez ces associations, moi en tout cas c’est la première fois que j’en entends parler. Je profite d’ailleurs de mon billet pour inviter ces personnes à respecter la justice, les présumées victimes et à cesser de nous salir, nous, Marocains, respectueux des procédures et des souffrances d’autrui.







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