Le 8 mars : La femme au faîte de l'agacement !

Le 8 mars : La femme au faîte de l'agacement !
Source : Lesinfos.ma
08/03/2018 17:30

Voici une autre semaine bien ordinaire au Maroc...  

Dans notre cher pays dont la maladie, bien que chronique, reste méconnue du grand public et des plus grands psychanalystes contemporains. Ils doivent d’ailleurs se retourner dans leurs tombes ou les creuser pour s’y retourner, Msaken, je compatis. Je vous préviens d’emblée, avant de commencer à m’acharner sur mon clavier, que chaque parcelle de cette chronique est écrite avec un débordement émotionnel que même ma pauvre mère ne me connaissait pas. D’ailleurs, je profite de l’occasion pour la saluer bien cordialement et la remercier de m’avoir inculqué les notions de féminité et de respect tant chères à son cœur. Bon, elle s’est royalement plantée sur mon cas mais ne dit-on pas que c’est l’intention qui compte ! Merci l’walida !
Aujourd’hui, c’est la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes. Oui, chers lecteurs, imprimez-le une bonne fois pour toute. Il n’est question ni de « la journée de la femme » ni de « la fête de la femme » mais de « lutte pour les droits des femmes ». Intégré ? Parfait. Passons.
Aujourd’hui donc, on ne fête rien du tout. On revendique ou on se tait. Alors prière de ranger les verres à thé, les flûtes de champagne et de déprogrammer illico et même presto vos soirées dans ces établissements qui vous arnaquent avec leurs infects « ladies night ». Prière aussi de demander à vos patrons d’introduire leurs fleurs en plastique dans... le tiroir qui leur sied. Restons polis.
Je fulmine chers lecteurs, je suis au bout de ma vie ! Tous ces vautours qui profitent de cette date pour vendre leur daube à coups de publicités aux couleurs douteuses et de messages plus pathétiques les uns que les autres! Non mais !
Oui, le 8 mars est devenu une sorte de fête commerciale où on vend de l’épilation, de l’amincissement et des serviettes hygiéniques pour « célébrer » les femmes. On nous envoie des messages promotionnels pour nous dire « 30% sur les fringues de vos enfants pour vous rendre hommage, les mamans ». Hommage ? Mais foutez-nous la paix avec vos fringues, votre lingerie fine, vos forfaits accompagnés de vos téléphones « roses et mignons », vos coffrets de maquillage et vos cures d’amincissement ! Je revendique le droit d’être en surpoids et poilue, d’être joignable sur un téléphone noir tout en portant ma culotte de grand-mère et de ne pas me maquiller pour ressembler aux standards de beauté imaginaires que vous voulez nous imposer. Non mais ! Foutez-nous la paix ! Il n’y a strictement rien à fêter ! Et vous là, avec vos crédits light à 0% et vos coupe-brushing-coloration à mille dirhams, on en parle ? Non mais, Oh ! Ça suffit maintenant !

Tous ces pros du marketing, tous les ans, nous remettent violemment à nos places « naturelles » : Sois belle, mince, habille tes mioches, tiens prends un verre ou deux pour te détendre, mets de la lingerie pour être sexuellement attrayante et surtout passe à la caisse et ferme-la. Voilà. Quoi ? Tu voudrais t'exprimer ? Tiens, voilà un téléphone rose, tout petit et pas intelligent, appelle tes copines et plaignez-vous entre vous. Merci, au revoir.
Qu'on se le dise, je me contrefous de cet optimisme débordant, de ces « Ouais, mais c’est une journée pour qu’on nous mette à l’honneur et qu’on rappelle que derrière chaque grand homme il y a une femme ». Je ne veux être derrière le postérieur de personne moi ! Je ne suis la loupe de personne et si quelqu’un a un travail, un caractère de cochon et une carrière, c’est à lui qu’il le doit, pas à moi ! Le mien, d’homme, je l’ai trouvé comme ça ! Lui, il m’aide et moi je l’aide. Point. Ceci s’appelle une relation de couple messieurs, dames. Personne n’est derrière personne qu’on l’imprime une bonne fois pour toutes !
Ah ! Et aujourd’hui, comme si ce n’était pas assez compliqué, c’est le début du « procès du siècle » dit-on. Le choix de la date de l’ouverture de ce sketch n’est pas anodin. On veut juste nous faire croire qu’on en a quelque chose à carrer de nous. Permettez-moi d’en douter. Si les plaignantes dans l’affaire de Taoufik Bouachrine semblent trouver des oreilles attentives et empathiques chez nos fins limiers (une première d'ailleurs), pas plus tard que la semaine dernière, la victime d’un viol collectif - une illustre inconnue âgée de treize ans - a vu trois de ses violeurs (tout aussi inconnus au bataillon) bénéficier d’un non-lieu et deux autres écoper respectivement d’un et deux ans de prison ferme. En d’autres termes, même pas le minimum que la loi prévoit dans ce genre de cas. Alors bon, la théâtralisation qui sert à redorer le blason du Maroc à l’international, trop peu pour moi. Si on pouvait juste éviter d’utiliser cette foutue date pour ces âneries et nous épargner, ne serait-ce qu’une journée, ces histoires d’agressions sexuelles, ça serait bien ! Merci par avance.
Et l’autre là – Monsieur l’enfant prodige et accessoirement gendre idéal - qui arrive au Maroc pour lancer son album sous les applaudissements de mes compatriotes du sexe (très) faible… Osez me dire qu’il n’est pas en train de se fiche de nous ouvertement ! Et cet excès d’œstrogènes de ces demoiselles aux pulsions sexuelles converties en commentaires abscons et mielleux, et qui sautent au plafond en sus ! Mon Dieu ! Au secours ! Et je vois les hommes, les pauvres, s’acharner sur leurs claviers pour expliquer à ces gentes dames que ce n’est pas comme ça, en supportant l’insupportable, qu’elles auront de la valeur ! Nos hommes sont limite en train de péter une durite pour nous ! C’est rassurant mais bon, comme on dit chez nous « ils versent de l’eau dans le sable ». Que le tout puissant leur vienne en aide, ils ont tout mon soutien.
Ce 8 mars, mes chers, tout comme celui de l’année dernière et des trente-deux autres années précédentes (oui, j’ai trente-quatre ans), me sort par tous les trous dont le bon Dieu m’a dotée. Ces panneaux publicitaires, ces discours politiquement corrects et ces « porcs » qui peuplent mère partie! Ya ilahi ! Basta ! Sortons dehors demander ne serait-ce que l’égalité dans le droit de porter des shorts, quand il fait chaud, puissent-ils être aussi courts que les idées de ces marketeurs opportunistes et sexistes.

Allez, bonne journée, quand même.

 




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