Saâd Eddine El Othmani réagit (enfin) au boycott

Saâd Eddine El Othmani réagit (enfin) au boycott
Source : Lesinfos.ma
16/05/2018 11:20

Tout en demandant aux Marocains de tourner la page, le Chef du gouvernement a invité les entreprises à prendre des initiatives visant à alléger le coût du panier de la ménagère. Il a par ailleurs annoncé la mise en place d’une Task Force pour analyser les prix des produits de grande consommation.

Presqu’un mois après le lancement du mouvement de boycott visant plusieurs marques nationales, le Chef du gouvernement réagit enfin, lors de la séance mensuelle de politique générale, dédiée à la politique relative à la protection du consommateur à la Chambre des conseillers. Dans son intervention, Saâd Eddine El Othmani a appelé « toutes les entreprises produisant les produits à forte consommation, les professionnels de la distribution et les consommateurs, à prendre des initiatives visant à alléger le coût du panier de la ménagère ». Tout assurant avoir été attentif, depuis le début, aux revendications des Marocains, il a lancé un appel à tous – à l’occasion du mois de Ramadan – à se tourner vers l’avenir « pour un départ positif et une action collective, visant la protection du consommateur, le renforcement de son pouvoir d’achat, l’amélioration des revenus des ouvriers et agriculteurs et la préservation des intérêts de l’économie nationale ».

 

Mise en place d’une Task Force pour analyser les prix


Le Chef du gouvernement a annoncé la mise en place, sous sa supervision, d’une Task Force qui planchera sur l’analyse des prix des produits les plus consommés par les citoyens, pour veiller à leur disponibilité, à leur bonne qualité et à des prix à la portée de tous. Saâd Eddine El Othmani a rappelé la mission du gouvernement pour consolider un climat de confiance mutuelle, veiller à la paix sociale, contrôler le niveau de qualité, lutter contre le monopole et veiller à la concurrence saine et transparente.
« Le gouvernement a également le devoir de s’assurer de l’approvisionnement des marchés en produits de première nécessité en quantités suffisantes, de leur qualité et de leur salubrité, et d’être à l’écoute des réactions du marché via les moyens garantis par la loi, alors que l’offre et la demande, restent les facteurs qui déterminent les niveaux de prix dans une économie de marché libre et transparent », a-t-il assuré. « Le gouvernement poursuit son action, en collaboration avec l’ensemble des départements concernés, afin de renforcer les interventions des services de contrôle en vue de garantir l’approvisionnement régulier des marchés et lutter contre les pratiques illégales, de manière à protéger le consommateur et préserver sa santé et son pouvoir d’achat ».

 

Le Chef du gouvernement regrette certains dépassements


Depuis le lancement de la campagne de boycott, plusieurs hauts responsables ont tenu des propos insultants à l’encontre des partisans de ce mouvement, les qualifiant tantôt « d’étourdis », de « troupeau », de « traîtres » ou encore en les menaçant d’emprisonnement. Ces sorties n’étaient pas sans envenimer la situation et exaspérer les tensions. Le Chef du gouvernement semble regretter ces agissements. « Le gouvernement n’a jamais été et ne saurait se ranger contre les citoyens, comme cela a pu être véhiculé par certains, mais reste à jamais attaché à la défense des intérêts de l’ensemble des citoyens, toutes catégories confondues, mais également de ceux de l’économie nationale, en tant que gouvernement responsable et émanant de la volonté populaire », a-t-il notamment déclaré tout en réitérant l’attachement de son gouvernement à ses responsabilités en matière de protection du consommateur.

Concernant le mois de Ramadan, où les prix des produits de consommation flambent, le Chef du gouvernement s’est montré rassurant « ces pratiques sont désormais révolues grâce à la vigilance des citoyens, à l’engagement des autorités publiques et à l’implication des entreprises citoyennes ».

La campagne du boycott, lancée le 20 avril dernier, et dont les instigateurs restent jusqu’à présent inconnus, est toujours en cours. Si aucun chiffre n’est disponible pour en mesurer l’impact sur les entreprises nationales ciblées, plusieurs observateurs parlent d’une crise qui pourrait – si le mouvement ne s’arrête pas – impacter plusieurs ménages et coûter leurs emplois à plus de 100.000 agriculteurs.  

 




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